L'intouchable
Métropole Films Distribution

Réalisateur: Benoît Jacquot
Année: 2006
Classification: 18A
Durée: 82 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
8 juillet 2007

Le voyage est un des meilleurs moyens de changer de peau et de faire le point pour mieux repartir. Il s'avère même parfois essentiel pour retrouver ses racines et les solidifier au passage. C'est une de ces quêtes intrinsèques que doit vivre l'héroïne de "L'intouchable", un petit film poussiéreux plus âpre que réellement nécessaire.

Jeanne (Isild Le Besco) est une actrice qui ne manque pas de travail. Un jour, sa mère lui apprend que son père est Indien. Soudainement mal dans sa peau, la jeune fille décide de tourner un contrat lucratif et de partir à sa recherche. Peut-être retrouvera-t-elle son paternel, un homme dont elle ignore tout, seulement qu'il est un "intouchable".

Le thème de ce long-métrage est universel. Partir pour mieux se retrouver. Parfois, des aspects nébuleux plongent le spectateur dans la pénombre et l'incompréhension la plus totale, comme le récent Nocturne Indien. C'est n'est pas le cas ici. Le périple du protagoniste est annoncé d'emblée et il ne déviera jamais réellement. Ce schématisme ne laisse aucune surprise et, contrairement à un récit supérieur comme Le Voyage en Arménie, peu de nouveaux éléments d'une culture et d'un pays différents sont amenés.

Benoît Jacquot, un réalisateur nettement plus intéressant lorsqu'il s'attaquait à Sade, a peu à dire. Il renoue avec sa muse Islid Le Besco et lui demande de porter le film sur ses épaules. Si cette comédienne possède plus de talent pour le jeu que sa sœur Maïwenn, elle ne convainc pas totalement. Comme le reste de la production, d'ailleurs. La première partie montre une femme se démener comme le diable dans l'eau bénite. Elle doit tourner une scène explicite et le cœur n'y est pas. Son métier d'actrice amènera quelques mises en abyme attendues qui seront reprises dans une seconde moitié plus muette basée sur la découverte et l'exploration. Après avoir retrouvé facilement son père (c'est étrange pour un endroit qui comporte plus d'un milliard de personnes), l'odyssée de Jeanne se termine, tout simplement. Un périple qui est loin d'en avoir valu la peine.

La photographie intéressante et les beaux paysages sont parasités par une image souvent sombre et la présence de grain. Les couleurs sont absorbées vers le néant et les contrastes manquent de tonus. Le travail au niveau des ombres est cependant recherché. La piste sonore distille quelques éléments (vent qui souffle, bruits du métro, chants d'oiseaux) superficiels qui n'arrivent jamais à envahir les voix. Les sous-titres francophones et anglophones blancs sont visibles et même très utiles. Dommage qu'ils ne suivent pas toujours les gens qui parlent. Pour sa part, la musique déjà entendue évoque des clichés associés à l'Inde.

La jolie pochette montre une Isild Le Besco qui se retourne pour mieux regarder le spectateur. Le menu principal du DVD est statique et il reprend exactement le même plan. Une mélodie se fait entendre et elle ressemble énormément à la pièce titre du film Water de Deepa Mehta. Autre bémol. Une fois le visionnement achevé, aucun supplément ne viendra expliquer les enjeux ou étayer les propos du cinéaste.

"L'intouchable" n'est pas un mauvais projet. La distribution est très professionnelle et Benoît Jacquot a prouvé par le passé qu'il pouvait être un excellent metteur en scène. Il n'étire pas inutilement son histoire et les conventions du genre sont utilisées avec savoir-faire. C'est seulement que le traitement peu distrayant risque d'en endormir plus d'un. Si au moins ces scènes "où il ne se passe rien" s'inscrivaient dans un tout cohérent. Ce n'est malheureusement pas le cas.


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments-
Vidéo6
Audio7