Il n'y a décidément rien de transcendant dans J'ai oublié de te dire... puisque tout ce qui est présent dans le film a déjà été fait et vu des millions de fois auparavant. Pourtant, malgré une deuxième moitié qui s'éloigne un peu, par sa belle exécution et des caractéristiques propres qu'il maîtrise bien, il reste quand même un long-métrage du genre satisfaisant et majoritairement réconfortant.
L'amitié inattendue de deux êtres libres qui défient le monde à leur façon, pas besoin de préciser que c'est du déjà vu même si je suis en train de le faire. Par contre, quand on fait virer la sauce avec une Emilie Dequenne et le grand Omar Sharif pour les défendre, avouons que la donne change un peu. On trouve alors une charmante spontanéité qui séduit dès son premier détour et cette variation sur la belle et le grincheux où est prédominé une indémodable amitié au lieu d'une histoire d'amour, pouvant du coup passer à travers l'âge, les époques et j'en passe, vaut dès lors son pesant d'or. Avec une lumineuse Dequenne qui rayonne par sa fraîcheur face à un Sharif attachant, mais encombré de la part un peu moins reluisante du gâteau de par son personnage affaibli par la fatalité, le film, fort simpliste de tout son être, se veut donc plus lisse qu'un certain La dernière fugue de Léa Pool.
Malgré tout, s'essoufflant dans son dernier tiers et perdant légèrement de son efficacité en cours de route alors que le ton sombre toujours un peu plus dans le drame et du coup dans les conventions, le film demeure le mieux quand il fait preuve de sa non-naïveté. Les passages cherchant à servir de baume pour le coeur plutôt que d'essayer de nous toucher, se montrant mieux accueillis. On regrettera sommes toutes les trop nombreux personnages secondaires avec lesquels on ne sait jamais trop quelle part d'importance leur donner, ralentissant un peu l'ensemble. Mais bon, cet appel à la vie trouvera de beaux échos à défaut de n'approfondir qu'une petite partie de ceux qu'il aura perpétrés. Ce sentiment d'espoir se montrera donc récompensant.
Pour ce qui est de l'image, elle jouit d'un joli naturel plutôt terne, mais d'où les couleurs pimentent bien le visuel qui tire toutefois bien profit des éclairages. Ceux-ci, ressortent bien à l'écran et parviennent à entourer les personnages autant dans les scènes intérieures que extérieures, qu'elles se déroulent dans la lumière du jour ensoleillé, ou de la nuit. Le son, quant à lui, rend justice à l'invitante nature qui est démontré, dans ces bruits du vent, des bruissements et autres, tout en ne faisant jamais ombrage aux dialogues, très clairs et aux bruits plus subtils comme ceux des pinceaux ou des vélos par exemple. Mentionnons également que l'inégale trame sonore, lorsqu'elle ne s'enfuit par vers des essais plus musicalement cartoonesques accordant au long-métrage un aspect plus téléfilmesque, accompagne bien le film dans les sentiers de la chaleureuse et légère séduction.
Si le film se suffit de lui-même, on ne peut cacher que la présentation se montre plus paresseuse et ne rend pas justice à son contenu. Le menu animé du DVD fait succéder en fondu plusieurs scènes du film en ne permettant qu'une seule option: le film. Mais sa teinte plutôt terne n'est que peu invitante et le contraste avec la police jaunâtre agresse tout comme elle le fait sur le montage relativement ordinaire dont fait preuve la pochette. Les deux têtes flottantes sur le dessus, ne montre pas la complicité, ni la chaleurosité qu'on peut ressentir à l'écoute du film et les deux slogans trouvent difficilement leur place, surtout qu'on comprend mal pourquoi c'est "une belle histoire d'amour!".
Enfin, il faudra tenter le long-métrage et oublier sa présentation ordinaire puisque simplement pour profiter de la présence du gigantesque Omar Sharif qui est toujours en vie et toujours en forme et de Emilie Dequenne qui porte judicieusement le film sur ses épaules, le film vaut la curiosité.
| Film | 6 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |