Contrairement au cinéma américain, le cinéma français actuel ne produit que peu de comédies par rapport au nombre de drames et de films policier. C'est pourquoi on attend toujours les nouvelles comédies avec impatience. Avec "Jean-Philippe", le nouveau film de Laurent Tuel (Un jeu d'enfants), l'attente en valait la peine. Le scénario est simple, mais vraiment original. Il utilise un thème déjà bien connu du monde la science-fiction - les mondes ou réalités parallèles -, mais le place dans un contexte nouveau, le film humoristique.
C'est l'histoire d'un homme ordinaire, Fabrice Luchini, ayant une passion démesurée pour le chanteur français Johnny Halliday. Ses manies de collectionneur le poussent même à vouloir prendre des vacances dans une villa voisine d'une villa voisine de celle où Johnny a déjà pris les siennes! Sa femme, n'en pouvant plus, lui lance un ultimatum : il devra choisir entre Johnny ou elle. Déprimé, il se soûle la gueule puis perd connaissance lors d'une bagarre à la sortie du bar.
À son réveil, tout semble pareil sauf que soudainement sa fille Laura s'appelle Marion et que personne n'a jamais entendu parler de Johnny Halliday. Mystifié par la situation, il décide de partir à la recherche de Jean-Philippe (le vrai prénom de Johnny dont le rôle est incidemment tenu par nul autre que Johnny Halliday en personne!) et le retrouve, propriétaire d'une salle de bowling. Il semble que ce dernier avait bien tenté jadis une carrière musicale sous le pseudonyme de Johnny Halliday, mais il avait dû tout arrêter à la suite d'un accident de scooter. Qu'à cela ne tienne, Fabrice le convaincra de reprendre sa carrière avortée et d'essayer de corriger cette erreur historique. Et, étant le fan numéro un de Johnny, il connaît toutes les paroles par cœur et peut donc lui fournir ces hits à retardement...
Chouette comédie sans prétention, ce film se laisse regarder en souriant. Peu de gros gags, mais surtout une ambiance loufoque soutenue, particulièrement grâce au jeu naïf et survolté de Luchini. Même si au Québec on connaît peu Johnny Halliday dont l'importance pourrait être comparée à celle de Céline Dion, mais avec quarante ans de succès dans sa besace, on comprend vite l'importance du personnage et on peut ainsi se délecter des déboires de nos héros.
Au niveau audio, une bonne prise de son (ce qui est plutôt rare pour les films français), un bon mixage et un transfert bien fait nous donnent un résultat global d'excellente qualité où toutes les gammes de fréquences sont bien reproduites ce qui nous permet de jouir autant des nombreuses chansons de Johnny que de savourer les dialogues sympathiques. Pour la vidéo, encore là un bon transfert DVD à partir d'une belle copie originale nous donne aussi des résultats intéressants. Une belle uniformité de traitement dans les tons et les teintes autant dans les extérieurs de jour et de nuit que dans les décors intérieurs sont les résultats d'un étalonnage impeccable. Une netteté de l'image d'ensemble et des détails dans les couleurs ajoutent un plus à la qualité globale de l'aspect vidéo du DVD.
Pour les suppléments, le traditionnel documentaire sur la production, plus un petit montage d'entrevues de Johnny, de Laurent Tuel, du scénariste et du compositeur de la musique du film. Aussi quelques scènes retranchées sans grand intérêt et une bande-annonce.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |