Il y a des formules qui sont vieilles comme le monde... et qui fonctionnent presque à tous les coups. C'est ce qui arrive lorsque deux stars glamours tournent ensemble et qu'ils finiront, bien entendu, dans les bras l'un de l'autre. C'est l'hameçon principal de "Je crois que je l'aime", un met romantique extrêmement prévisible qui se visionne avec plaisir, et ce, grâce au talent des interprètes.
Lucas (Vincent Lindon) est un riche industriel qui possède une boîte huppée. Contre toute attente, il a le béguin pour Elsa (Sandrine Bonnaire), une céramiste qui ne s'en laisse pas imposer. Pour être certain de son coup, il engage le détective privé Roland (François Berléand) afin de l'espionner et d'en savoir davantage sur elle. Lorsque les deux âmes se rapprochent et que l'amour est dans l'air, la jeune femme tombe des nues en apprenant les stratagèmes de son amant...
C'est la première fois que Pierre Jolivet touche à la comédie romantique. Au lieu de réinventer la roue, le réalisateur de Ma petite entreprise a préféré la suivre à la lettre. Il y aura donc tous les clichés du genre, que ça soit les engueulades multiples, les amis qui vont jouer des rôles salvateurs et ces rapprochements tardifs pour réconforter les petits cœurs sensibles. En s'attardant à la peur de s'engager, monsieur Simple mortel ne prêche pas par originalité. Au moins, il accumule les dialogues mordants et incisifs pour surprendre et faire rire au passage.
La formule, aussi éprouvée soit-elle, finit toutefois par fonctionner, car les personnages sont attendrissants et les acteurs prennent un joyeux plaisir à les incarner. Dans un Paris plastique assez superficiel où les cellulaires sont rois, il y a une distribution formidable qui se vautre dans le stéréotype avec délectation. Autour du noyau amoureux errent un François Berléand délectable avec ses mimiques, un Kad Merad qui fait sourire avec quelques répliques irrésistibles et une Liliane Foly qui tente de maîtriser l'accent québécois... Ces touches de plaisir permettent au film de s'élever, parce que la chimie entre Vincent Lindon et Sandrine Bonnaire n'est pas impeccable. Le premier est parfait en homme dépassé par les évènements, mais la deuxième est loin d'habiter autant son personnage, la rendant rarement charismatique ou même très aimable.
La jolie photographie amène beaucoup de féerie à l'ensemble. Les couleurs sont souvent étincelantes, principalement le vert, le jaune et bleu qui sortent rapidement de l'ordinaire. La dichotomie entre le noir et le blanc est parfois importante et heureusement, les contrastes sont à la hauteur. Tout comme la définition des contours et les teintes aux détails plus qu'intéressants. La musique est variée, empruntant l'autoroute du rock et de la pop, jonglant avec le jazz et l'électronique, pour finalement revenir au classique qui est dominé par la superbe mélodie de Gonzales. Dans tous les cas, les voix s'entendent sans aucun problème et afin de toucher un plus large public, il y a d'assez visibles sous-titres blancs en anglais qui sont au rendez-vous. Contrairement à ce qui est mentionné derrière le boîtier, il n'y a aucune piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1. Il faut plutôt se contenter de la banale piste Dolby Digital 2.0 qui n'exploite pas convenablement les différentes enceintes.
La pochette attendue montre les deux principaux protagonistes, regards coquins et sourires aux lèvres. Le menu principal du DVD reprend cette pose sans y rajouter le moindre mouvement. Il y a néanmoins un air au piano pour agrémenter la navigation entre le film, les options et les scènes. Le seul supplément qui se retrouve sur cette édition est un documentaire de 50 minutes sur le tournage. Dans ce long segment, il est possible de voir le réalisateur à l'épreuve. Il rigole, prépare ses scènes, fait du repérage, dirige ses acteurs, leur explique ce qu'ils doivent faire, etc. Une belle façon d'en savoir davantage sur l'art de la mise en scène et la construction de la céramique. Et en prime, il y a un disjoncté Berléand qui provoque des fous rires en imitant un chien!
Très au chaud dans ses fils blancs, "Je crois que je l'aime" n'avait pas l'intention de développer outre mesure sa prémisse du "viol" de l'intimité, un sujet qui était également à l'honneur dans le mordant La totale. Au contraire, Pierre Jolivet ne voulait que distraire et divertir avec un sympathique long-métrage, ce qui lui permet de renouer avec ses excellents acteurs fétiches (Vincent Lindon, François Berléand). Le résultat, s'il s'oublie assez rapidement, s'avère pourtant parfait pour une certaine soirée du 14 février...
| Film | 6 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |