The Killer
Dragon Dynasty
Alliance Vivafilm

Réalisateur: John Woo
Année: 1989
Classification: R
Durée: 106 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20), Cantonnais (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935810872

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
27 mars 2010

"The Killer" est facilement le long-métrage le plus connu du cinéaste John Woo. C'est également son meilleur. Pour son 21e anniversaire, une énième édition est présentée à une nouvelle génération de personnes. Place à un des meilleurs films d'action du cinéma contemporain.

Jeff (Chow Yun-Fat) est un tueur qui possède un code d'honneur. Après avoir malencontreusement blessé une jolie chanteuse (Sally Yeh), il décide d'assurer sa sécurité. Son métier dangereux lui pousse à prendre des risques et à tuer plusieurs personnes. Rapidement, un policier obstiné (Danny Lee) cherche à le démasquer. Il y a même la triade qui lui coure après! Afin d'avoir la conscience tranquille, l'élégant bandit décide de prendre les armes et d'éliminer les gens qui le méritent.

Payant un homme senti et sincère au chef-d'œuvre Le samouraï de Jean-Pierre Melville, "The Killer" est l'apogée du septième art de John Woo. Tout ce qui a fait sa marque de commerce y retrouve, notamment les confrontations à deux pistolets, les ralentis et les colombes. Cet essai, qui a influencé à peu près tout le monde (de Quentin Tarantino à Robert Rodriguez en passant par Michael Mann), n'a pas presque pris de rides. Il se présente toujours comme un des récits les plus explosifs des dernières décennies.

L'histoire, classique et intelligente, confronte les idéaux d'hier à la violence d'aujourd'hui, présentant des personnages clairement définis campés par de très crédibles interprètes. Mélangeant séquences musclées, amitiés viriles, poursuites infernales, mélo de circonstance et romantisme exacerbé, l'effort impressionne autant pendant ses phases de tension que de résolution, tenant en haleine sans sacrifier son scénario, qui peut compter sur un fin humour noir et quelques invraisemblances assez savoureuses.

Dommage que le traitement ne soit pas à la hauteur. Les images ont toujours été stylisées et le résultat aurait pu être meilleur. Le grain et le blocage prennent beaucoup d'espace, empiétant un peu sur cette superbe photographie. Néanmoins, les couleurs demeurent dans le ton, les teintes développent l'atmosphère voulue et les contrastes suffisamment homogènes font rapidement effet.

Contrairement à ce qui est inscrit au dos de la pochette, les pistes sonores anglophones et cantonaises ne sont pas en mono, mais bien en Dolby Digital 2.0. Mais pourquoi elles ne sont toujours pas en Dolby Digital 5.1? Mystère. En plus des très visibles sous-titres blancs en anglais, il y en a en espagnol, une autre précision qui faisait défaut au descriptif. Bien que les dialogues soient généralement audibles, la traduction dans la langue de Shakespeare est tellement médiocre que les oreilles voudront se contenter de la version originale. La musique omniprésente, mouvementée et kitch de Lowell Lowe représente bien la démesure de l'époque... et de son metteur en scène.

La photo figurant sur le boîtier montre Chow Yun-Fat qui utilise son arme pour mettre du rouge sang sur un fond blanc. Le menu principal du DVD fait défiler quelques scènes sur une mélodie dramatique. Plusieurs bonus sont présents sur le second disque. Il y a tout d'abord près de cinq minutes de scènes inédites qui ajoutent une dimension supplémentaire à l'ensemble, quelques bandes-annonces variées et un segment en anglais qui parle des lieux de tournages. Le tout est complété par trois savoureuses, mais parfois répétitives entrevues. Les deux premières sont des questions réponses avec le réalisateur qui explique le processus de création de cet opus, ainsi que de Hard Boiled qui a vu le jour quelques années plus tard. La dernière - et la plus longue - amène le créateur du décevant Mission: Impossible II à parler de ses thèmes de prédilection, de ses influences et de sa façon de mener un projet à terme.

S'il n'y a qu'un seul titre de John Woo à voir ou à posséder, c'est "The Killer" qu'il faut choisir. À côté de cela, son excellent Face Off avec John Travolta et Nicolas Cage ne ressemble qu'à une pâle imitation. Les qualités techniques de cette édition sont peut-être loin d'êtres satisfaisantes, sauf que suppléments ne sont pas négligeables (et ce, même s'il manque une ou deux pistes de commentaires), et il y a le produit final, mythique pour les amateurs du genre, qui s'avère être une référence en la matière. Décoiffant.


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments6
Vidéo5
Audio6