Kombi Nation
Lifesize Entertainment

Réalisateur: Grant Lahood
Année: 2003
Classification:
Durée: 83 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 15
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 décembre 2005

Ce n'est pas parce que c'est filmé et possède un cachet indépendant que c'est bon. Ces qualificatifs décrivent parfaitement le long-métrage à faible budget "Kombi Nation" qui cherche à voguer sur la vague mainte fois arpentée de la télé-réalité. Un petit flop qui laissera totalement indifférent.

Un groupe de jeunes adultes australiens décide de visiter l'Europe. Afin de pouvoir payer ce périple, ils décident de se faire filmer 24 heures sur 24 (ou presque) pendant leur voyage. Ces filles téméraires sont composées de Maggie, de sa sœur Sal et de l'amie Liz. Au tout début de leur excursion, elles rencontrent le sympathique et charismatique Scott. Celui-ci adore fêter, prendre un verre et parler avec les étrangers. La zizanie apparaîtra rapidement lorsque des larcins auront lieu et que de la drogue sera trouvée à des endroits étranges. Le mystérieux Scott ne serait pas étranger à ces évènements particuliers. Surtout qu'il cherche, par différents moyens, à coucher avec les trois filles.

Contrairement à The Blair Witch Project ou Cannibal Holocaust, il est difficile de se demander très longtemps si "Kombi Nation" est fiction ou réalité. La caméra est stable, les comédiens n'ont pas le même nom que leurs personnages et un quelconque scénario semble de la partie. Ce choix d'épouser la réalité n'est pas très nouveau et il est loin d'être à l'avantage de cette odyssée assez banale du réalisateur Grant Lahood. Il ne s'y passe absolument rien et les dialogues sont d'une banalité extrême. Utiliser une caméra voyeuse pour entrer dans le quotidien d'inconnus peut être intéressant, mais lorsque le cinéma se veut encore plus ennuyant que les Loft Story et Star Académie de ce monde, il y a un gros problème. Si les propos sont d'une nullité absolue et que la plus grosse action comique est de se faire passer pour un acteur à Cannes (original!), les scènes plus osées auraient pu réveiller pendant un court instant. Pourtant, le montage offre des séquences prudes à l'excès, alors qu'il devait y avoir une caméra braquée en permanence sur les protagonistes. Au lieu de ça, c'est un road-trip rempli de clichés (manger près de la Tour Eiffel, quelle joie!) où les 83 minutes semblent être une éternité. Surtout que les acteurs apparaissant devant la caméra (Genevieve McClean, Loren Horsley, Gentiane Lupi et Jason Whyte) sont tout sauf talentueux.

Pour ne pas les entendre trop souvent, le réalisateur a eu l'idée de faire une immense publicité au groupe musical Plan 9. Du début à la fin, des chansons de cet ersatz de Nada Surf de l'époque High/Low saturent le film à un tel point qu'elles nuisent grandement à la compréhension du récit. Déjà que les comédiens s'expriment avec des accents épouvantables et qu'il n'y a pas de sous-titres (sauf à une occasion, lorsqu'une fille s'exprime dans la langue de Molière, les sous-titres blancs sont presque impossibles à lire), ce n'est pas aisé de comprendre les raisons qui expliquent ce choix douteux. Empêcher le spectateur de sombrer trop longtemps dans les bras de Morphée et permettre à la distribution de ne pas parler plus de quatre phrases complètes, mais les chansons ne sont même pas pertinentes! Presque aussi pire: cet aspect audio prédominant ne fait qu'utiliser très discrètement les différents canaux des haut-parleurs. Sur le plan visuel, les desseins sont beaucoup plus évidents. En singeant la caméra amateur, les images pourront paraître par moment ternes, sombres, floues et imprécises, mais c'est voulu ainsi. Sinon, le rendu sur DVD est plutôt réussi et les imperfections "non désirées" ne sont pas très nombreuses.

Avec sa camionnette qui roule sur une route et plusieurs photos d'attractions touristiques en arrière-plan, la pochette est parfaitement dans le ton. Le menu principal emprunte cette même thématique. Si tout est pas mal statique, il y a quelques effets de mouvements dans le titre et une grosse musique rock à défoncer les tympans. Les icônes sont rares: regarder le film, choisir une scène en particulier ou visionner un documentaire sur le long-métrage. Ce dernier aspect se déroule pendant un peu plus de vingt minutes. Les acteurs parlent de leurs rôles, alors que le réalisateur soutient comment l'improvisation était utilisée. Il n'était pas obligé de le dire, c'était très facile de le deviner. À part de ça, peu de choses passionnantes à se mettre sous la dent avant le début de l'hiver. De la publicité déguisée demeure de la publicité. Quant à ces trois minutes de rien à la toute fin, il y a de quoi rester perplexe.

Dans de meilleures mains, "Kombi Nation" n'aurait peut-être pas été un échec aussi ronflant. Presque n'importe qui aurait anéanti cette improvisation pour écrire un scénario, il y aurait eu de vrais comédiens et, surtout, une trame sonore légitime, qui ne parasite par les voix. Mais ce n'est pas le cas. Il ne serait pas une mauvaise idée de revoir le très intrigant Morven Callar.


Cotes

Film3
Présentation5
Suppléments2
Vidéo6
Audio4