Après son premier long métrage À bout de souffle, il y avait beaucoup d'attente envers le deuxième film de Jean-Luc Godard. À l'époque, on ne savait trop à quoi s'attendre, car son premier film était si peu conventionnel. « Le petit soldat » a été tourné en 1960, un an après son premier film. Ayant comme toile de fond, la guerre d'Algérie, ce film a été banni en France à sa sortie, car il faisait référence aux actes de tortures qui était utilisée à l'époque. Il fût accessible au public seulement à la fin de la guerre, soit en 1963.
Pour ceux qui ne le savent pas, la guerre d'Algérie est une guerre entre la France et l'Algérie qui a eu lieu entre 1954 et 1962. À cette époque, l'Algérie appartenait à la France, et cette guerre s'est terminé par l'indépendance de l'Algérie. Je préfère vous avertir, il est peut-être bon de se renseigner quelque peu sur ce conflit avant de voir le film, histoire de se mettre dans le bain.
Bruno Forestier (Michel Subor) est un déserteur de l'armée française qui décide de s'impliquer dans un mouvement nationaliste français basé à Genève. Il reçoit comme mission de tuer un journaliste suisse qui a des liens très proches avec les Algériens et leur groupe nationaliste, le FLN. Hésitant à le tuer par conviction, il se fait remarquer par les Algériens. À ce moment, ses confrères français pensent qu'il est un agent double. Il tente alors de se sauver pour le Brésil, mais c'est les Algériens qui l'ont retrouvé en premier, et il subira une torture assez violente. C'est cette fameuse scène qui provoqua la censure vis-à-vis ce film. Pour l'époque, je dois dire que cette séquence est assez dure. Mais c'est assez spécial comme scène. Il n'y a aucune émotion, aucun cris… mais on sait que ça fait mal. Avant d'avoir été capturé, Bruno était tombé amoureuse avec Veronica (Anna Karina). Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'elle était un agent à la solde du FLN.
"Le petit soldat" est beaucoup plus conventionnel que À bout de souffle. Le montage de scènes est beaucoup plus fluide, et l'histoire, dans l'ensemble se tient mieux. L'absence de bruit d'ambiance est difficile à endurer. Comment apprécier une scène de poursuite en voiture sans le bruit des moteurs ? On s'habitue peu à peu...
Le film a été originalement filmé en noir et blanc sur une pellicule 16mm en 1960. En 2000, la BBC a entrepris une restauration du film pour ensuite effectuer le transfert sur casette vidéo. Les producteurs du DVD ont alors transposé ce matériel vidéo dans un processus de restauration digitale appelée "Revival" pour enlever la majorité des imperfections restantes dans l'image. Il en reste un peu, mais, l'image est très bonne pour un film aussi vieux. Côté son, je trouve que la musique était légèrement trop forte vis-à-vis les voix.
Côté extra, il est possible d'avoir un index des chapitres, des filmographies (Michel Subor, Anna Karina et Godard), une brève section "À propos du DVD" qui traite du procédé "Revival" et une section "WEBLINKS" qui permet de savoir les meilleurs liens sur la période Nouvelle vague et de Godard lui-même. Il est également possible d'entendre une piste de commentaire de David Sterrit, auteur d'un livre sur Godard et critique de cinéma. Les menus sont très simples et très statiques.
Portant sur un sujet que je ne connaissais pas (la guerre d'Algérie), le film est assez difficile à suivre. C'est très politique, et peut-être pas accessible à tous. Je me serais bien passé de la pseudo histoire amoureuse entre Bruno et Veronica, pour concentrer le film un peu plus sur les cellules terroristes.
| Film | 5 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 6.5 |
| Audio | 5 |