Comédie terriblement ordinaire qui met en scène plusieurs excellents comédiens, "Le siffleur" est le genre de production qui s'oublie pendant le visionnement. Du coup le spectateur se retrouve à la fin du film avec le sentiment d'avoir perdu son temps.
Armand (François Berléand) est toujours du genre à baisser la tête au lieu de s'affirmer. Lorsque des gangsters s'en prennent à son restaurant préféré, il s'invente un frère jumeau à la langue bien pendue pour leur régler leur compte.
Le comédien Philippe Lefebvre se lance à la réalisation avec "Le siffleur", un long-métrage anonyme... qui risque malheureusement de le demeurer. Malgré sa distribution impressionnante (qui comprend outre Berléand Thierry Lhermitte, Sami Bouajila et Alain Chabat), le récit peine à captiver, recyclant un peu maladroitement le style des premiers efforts de Guy Ritchie. Alors qu'un soin évident est apporté au montage (pour qu'il paraisse aéré et dans le vent), le scénario ne remplit pas son objectif de faire rire. Les dialogues manquent de tonus, tout comme les situations. Du coup, le cinéphile attend que le tout lève... jusqu'à l'arrivée du générique! À quoi bon proposer autant d'interprètes de talent si c'est pour leur réserver des personnages plats et sans intérêt?
La musique rythmée, mais anonyme a une fonction principalement descriptive. La piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 fait ressortir des différentes enceintes des bruits de vagues et d'automobiles, en se concentrant sur les canaux avant. Les voix claires et audibles s'entendent correctement, et il y a de visibles sous-titres blancs anglophones afin de rejoindre un public encore plus large. Les images un peu vieillottes bénéficient de teintes intéressantes et de contrastes soignés, mais également de couleurs qui manquent d'éclat et de blocage.
La pochette jaune n'a aucune personnalité. Il y a une femme qui se fait bronzer au soleil et dans le ciel apparaît le visage de quelques comédiens. Après une entrée en matière de quelques bandes-annonces, place au menu principal du DVD. Ce dernier est statique, étant accompagné d'une mélodie décontractée. Aucun supplément n'est disponible sur ce titre qui ne fait même pas 90 minutes.
"Le siffleur" est un essai terriblement ordinaire qui manque singulièrement de panache et d'attrait. Soigner sa distribution n'est pas tout s'il n'y a aucune histoire intéressante au bout de la ligne. C'est le cas de ce projet qui peut mettre de bonne humeur, mais jamais plus que quelques minutes. En multipliant les emprunts (ou les hommages) au cinéma de Ritchie et des frères Coen, le réalisateur ne parvient pas à créer quelque chose qui lui ressemble. Bien au contraire, il remâche encore et encore, pour offrir quelque chose qui manque de goût et ultimement de vision. Au moins, il y a toujours le vénérable François Berléand qui est capable d'attirer rapidement la sympathie du spectateur. Au final, c'est bien peu.
| Film | 3 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |