Les Lois de la famille
Métropole Film Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Daniel Burman
Année: 2006
Classification: G
Durée: 96 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
19 septembre 2007

Lorsqu'un réalisateur est préoccupé par quelque chose, cela lui prend parfois plusieurs films pour expurger ses démons ou, tout au moins, traiter de ce qui lui tient à cœur. C'est en actualisant de vieux thèmes que Daniel Burman offre l'escapade douce-amère "Les lois de la famille".

Les Perelman sont des avocats de père en fils qui ne travaillent pourtant pas ensemble. Ariel Jr. (Daniel Hendler) a une femme, un enfant et il enseigne le droit. Lorsque son bureau est endommagé, il ne peut que s'absenter du travail. Son temps libre, il pourra le consacrer à Ariel Sr. (Arturo Goetz). Plus il côtoie cet homme qui est son père, plus il va en apprendre sur la vie qui l'entoure. Peu à peu, le fils découvre que quelque chose ne tourne pas rond chez son paternel...

Le cinéaste Daniel Burman continue son exploration des liens filiaux, un sujet qu'il avait déjà traité dans son précédent Lost Embrace. Dans ce rapport de force, aucun gagnant ni perdant. Que des hommes qui cherchent à se comprendre, avec quelques femmes en périphérie pour relancer l'action. La balle revient donc aux messieurs, toujours charismatiques et sensibles. Arturo Goetz ne tombe jamais dans les stéréotypes du père absent et sourd. Au contraire, il est toujours présent, même si son jardin secret se veut souvent très caché. Face à lui, Daniel Hendler se devait d'être plus extraverti. Le spectateur va s'identifier à son personnage et le comédien livre une performance éclatante. Avec sa voix hors champ, il analyse son quotidien, toujours à deux doigts de tomber à l'eau. Avec ses réflexions qui ne sont pas toujours appropriées, il peut se mettre les pieds dans les plats, quoiqu'il soit très conscient de sa situation.

Derrière ces protagonistes très humains et ce ton souvent drôle, le cinéaste de Waiting for the Messiah aurait pu boucler son récit sans trop sombrer dans le secondaire. Si le film ne dure que 96 minutes, il y a plusieurs longueurs qui alourdissent le rythme. Contrairement à ses précédents opus, les charges politiques et engagées ont été généralement laissées de côté pour se consacrer à la famille. Le récit sympathique et ensoleillé propose finalement peu de nouvelle eau au moulin. Que les doutes, les inquiétudes et la peur de ne pas être présent auprès des gens aimés avant qu'il ne soit trop tard. Au moins, il ne passe pas à côté de l'essentiel.

Le réalisme dicte les images, aux détails plus que savoureux, et les couleurs, généralement soignées. Des archives en noir et blanc plus oubliables peuvent apparaître, l'espace de quelques secondes. Les contrastes manquent cependant de profondeur. Lors des scènes lumineuses, les zones blanches semblent un peu trop dominantes. Au contraire, lorsque les teintes sont plus foncées, du grain peut apparaître furtivement. Sur le plan sonore, la seule piste audio présente, en espagnol, est tout à fait audible. Les sous-titres blancs en anglais et en français ont toutefois tendance à se perdre un peu dans l'image. Les haut-parleurs situés sur les côtés sont utilisés correctement et ils laissent souvent échapper des cris, des claquements de machine à écrire et des échos de la trame sonore. Cette dernière, harmonieuse et pimpante, sait s'effacer complètement, laissant parfois tout l'espace à un tube local.

La jolie pochette dans des teintes de blancs et de verts pâles montre deux hommes sur une balance. Irrémédiablement, le poids penche d'un côté. Le menu principal du DVD reprend exactement le même plan sans y amener le moindre mouvement. Une jolie mélodie entraînante joue toutefois en arrière-fond, agrémentant une navigation plus qu'évidente. Comme c'est malheureusement trop souvent le cas pour un film étranger qui n'a pas été un énorme succès populaire, il n'y a pas de suppléments contenus dans cette édition canadienne.

Long-métrage argentin qui fait amplement sourire, "Les lois de la famille" ne cherche pas à transcender son sujet. Un fils qui est également père apprend à connaître davantage son paternel. Simplicité, douceur et interprétations vivantes sont à l'honneur pour une petite œuvre qui se laisse visionner sans aucun problème.


Cotes

Film6
Présentation5
Suppléments-
Vidéo6
Audio7