Ce film romantique peu conventionnel met en vedette Marion Cotillard (Lilly Bertineau dans la série Taxi) dans le rôle de Sophie Kowalski (jouée aussi par Joséphine Lebas-Joly à huit ans), une petite Polonaise qui souffre d'antisémitisme. Entre dans le décor Julien Janvier (Guillaume Canet - Thibault Verhaeghe à huit ans) qui vient à son secours en lui offrant son amitié et le prêt de sa boîte à bonbons en forme de manège, un cadeau de sa mère qui vient d'être diagnostiquée avec une maladie respiratoire qui va la mener à sa mort. Alors qu'il veut ravoir sa boîte, Sophie le met au défi "cap ou pas cap" de faire une folie. Déjà les folies sont tordues et ne font qu'empirer à chaque fois pour devenir cruelles et méchantes. Leur jeu ira jusqu'à mettre en péril leurs études, leur carrière, leur famille, leurs amours, leur vie. Le jeu devient une dépendance plus importante que tout le reste, mais c'est le pari muet de leur cœur qui aura peut-être le dessus.
"Love Me if You Dare", de son titre original "Jeux d'enfants", est le premier film du réalisateur Yann Samuell (qui en est aussi le co-auteur avec Jacky Cukier), qui est déjà promis à une carrière internationale. Il nous offre un conte de fée dans le style d'Amélie Poulain, mais beaucoup moins optimiste, du côté plus noir de la comédie avec une conclusion plutôt morbide. L'approche de la romance est audacieuse et bien plus originale que les films romantiques tout "cutes" dernièrement disponibles. Les acteurs jouent leur rôle jusqu'au bout sans nous rappeler leurs anciens rôles d'autres films. Je dois donner une bonne note à Gérard Watkins, le père de Julien, qui est tout à fait crédible dans le rôle de l'homme complètement à bout qui a fait des concessions toute sa vie au nom d'un fils qui se fout complètement de sa gueule. Le couple du film laisse voir la chimie passer entre eux, mais aussi l'esprit qui les renferme dans leur petit monde à eux comme si leur jeu était une drogue nécessaire à leur survie. "Cap ou pas cap" est devenu un automatisme qui leur fait pas tout à fait voir la réalité devant eux.
Cette édition DVD débute avec une très grande maladresse de Paramount qui nous offre habituellement des sous-titres désactivables, mais cette fois-ci brûlés dans l'image. Heureusement, la qualité vidéo est très belle et la compression MPEG ne souffre pas trop à cause de ces sous-titres. La palette de couleurs sursaturée que nous retrouvons dans Amélie (peut-être ce nouveau film va un peu trop loin dans la saturation) pour représenter la jeunesse des deux acteurs, les émotions fortes et leurs rêves, le reste des moments plus gris se retourne vers une palette grise et moche. La couleur de la peau n'est pas toujours naturelle, probablement à cause de la quantité de filtres utilisés dans chacune des scènes. Les possibilités de la piste sonore Dolby Digital 5.1 ne sont qu'exploitées que vers la fin dans des effets spéciaux forcés et dans quelques pièces musicales. Rien d'extraordinaire à part de découvrir des dizaines de versions de la chanson "La Vie En Rose"! J'ai cru remarquer que certains dialogues ont probablement dû être réenregistrés, car l'émotion de la situation n'est pas tout à fait là. Le menu n'est qu'une reproduction de la pochette.
À l'insertion du DVD, nous devons écouter une bonne série de bandes-annonces de plus ou moins bonne qualité (et non anamorphiques) et c'est tout pour les suppléments. C'est dommage pour un si joli film. Probablement que Paramount a reculé devant du matériel qui n'était probablement qu'en français. Peut-être pas un DVD à mettre nécessairement dans sa collection, mais une location sans détour pour une soirée appréciable.
| Film | 9 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |