Lucia, Lucia (La Hija del canibal)
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Antonio Serrano
Année: 2003
Classification: 18A
Durée: 108 minutes
Ratio: 2.35:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Raphaël Martin
6 février 2004

Lucia écrit des livres pour enfants. Elle aime raconter des histoires pour les autres et également pour elle-même. Un jour qu'elle est supposée partir en voyage avec son mari, elle constate qu'il a disparu alors qu'il devait être parti aux toilettes de l'aéroport. Dès lors, elle croit que Roman l'a quitté pour une autre femme. De retour chez elle, désemparée, Lucia apprend rapidement que son mari n'a pas disparu pour se blottir dans les bras d'une autre. Non, il a été kidnappé. Et ses ravisseurs demandent une forte rançon. Peu de temps après, Lucia fait la rencontre de Félix, son voisin sexagénaire du quatrième étage, ainsi que d'Adrián, également un voisin, mais âgé dans la vingtaine. Rapidement, les trois développeront une solide amitié et ensemble, ils collaboreront afin de découvrir les criminels qui ont enlevé Ramon.

"Lucia Lucia", de son vrai nom "La Hija del canibal" (tiré du roman du même nom écrit par Rosa Montero), s'inscrit dans la lignée des excellents films mexicains qui ont vu le jour ces dernières années. On pense entre autres à Y tu mamá también d'Alfonso Cuarón et Amores Perros (dont le réalisateur de ce dernier, Alejandro González Iñárritu, vient tout juste de sortir le remarquable 21 Grams). "Lucia Lucia" possède d'ailleurs quelques ressemblances avec le long métrage de Cuarón. En effet, on y raconte une histoire mettant en vedette un personnage féminin central flanqué de deux amis masculins. Tous trois partent sur la route avec un objectif bien précis en tête. En cours de chemin, les deux hommes ne demeurent pas indifférents aux charmes dégagés par la demoiselle. Cependant, Antonio Serrano, le réalisateur de "Lucia Lucia", ne possède pas l'expérience cinématographique de Cuarón (c'est seulement son deuxième long métrage en carrière). Ainsi, malgré quelques efforts créatifs, on en vient quelques fois à perdre le fil du récit.

Heureusement, Serrano a la chance de miser sur une excellente distribution. En tête d'affiche, on y retrouve Cecilia Roth, qui avait notamment fort ému dans l'inoubliable Todo sobre mi madre (Tout sur ma mère) de Pedro Almodovar. N'eut été de sa présence dans "Lucia Lucia", il est fort probable que le film n'aurait pas aussi bien marché. Néanmoins, il faut admettre que Roth est très bien appuyée avec Carlos Álvarez-Novoa et Kuno Becker, qui jouent respectivement Félix et Adrián. La chimie entre les trois acteurs opère.

Cette édition DVD est produite par Fox d'abord et avant tout pour permettre au public américain de découvrir cette oeuvre. Pensant sans doute qu'aucun Américain ne parlait espagnol (ce qui n'est vraiment pas le cas, avouons-le!), on a décidé d'imposer des sous-titres anglais avec cette édition. À certaines reprises, les sous-titres sont difficiles à lire, car l'écriture blanche des caractères apparaît sur un fond pâle. Également, certaines phrases passent très rapidement à l'écran, ce qui nous force à reculer le DVD pour être bien sûr de ce que l'on lit. Ainsi donc, en plus de se concentrer sur l'histoire du film, il ne faut pas perdre de vue les sous-tires. À moins bien sûr de parler parfaitement espagnol!

Le menu est assez intéressant à première vue. La page principale comprend un montage de différentes séquences du film. Une belle musique de fond accompagne le tout. Lorsqu'on passe d'une page à l'autre, on peut y voir une transition. Cependant, cette transition est la même qui revient à chaque fois que l'on change de page. La qualité visuelle est respectable, sans toutefois se démarquer. À quelques reprises, on peut noter différents flous dans l'image et dans les scènes plus claires. Mais dans l'ensemble, c'est une qualité appréciable. Même chose du côté du son. La plupart des éléments sonores se concentrent dans les caisses avant, alors que les caisses arrière ne sont que rarement utilisées pour des effets.

Le film peut être visionné en panoramique anamorphique sur un côté du disque et en plein écran sur l'autre côté (espérons que vous choisirez le bon!). Pour ce qui est des suppléments, on a malheureusement eu la mauvaise idée de séparer le documentaire de la production sur les deux côtés du disque. Malgré cela, ce vidéo est très intéressant, car on y voit plusieurs scènes en coulisse et peu de séquences tirées du film. Il contient également diverses entrevues réalisées avec les acteurs principaux du film. Après une dizaine de minutes cependant, il faut changer le disque de bord pour pouvoir visionner la seconde partie. Petit détail agaçant.

Les suppléments se complètent avec la piste de commentaires effectuée par le réalisateur Antonio Serrano. Eh non, elle n'est pas en espagnol! (ce qui, je dois l'admettre, aurait été plutôt difficile pour moi de comprendre). Le metteur en scène, qui maîtrise plutôt bien la langue de Shakespeare, a donc accepté de commenter son film en anglais. Dans cette piste, Serrano relate beaucoup d'anecdotes de tournage et on en apprend davantage sur le film. Ponctuée de quelques silences, la piste de commentaires s'écoute malgré tout très bien et est plutôt intéressante.

Les amateurs de la nouvelle vague mexicaine rafraîchissante qui frappe le monde du cinéma se doivent de jeter un coup d'oeil à ce film. Ne serait-ce que pour apprécier une fois de plus ou y découvrir la performance d'une grande actrice en Cecilia Roth.


Cotes

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