Woo-ping Yuen est avant tout connu en occident pour ses spectaculaires chorégraphies de combats de Kung-Fu dans plusieurs films à succès, notamment The Matrix et Crouching Tiger, Hidden Dragon. Reste qu'avant d'occuper ces postes bien en vue, il a réalisé plusieurs films qui ont connu un succès certes moindre, mais d'autant plus intéressant. Les plus célèbres sont sans doute les deux Drunken Master, Way of the Cat (les trois avec Jackie Chan), ainsi que le film qui fait l'objet de cette critique, "Magnificient Butcher". En plus d'être réalisé par un maître du Kung-fu, ce film a aussi la particularité de mettre en vedette Kwan Tak-Hing, dans le rôle de Fei-hong Huang. Tout au long de sa carrière, cet acteur a uniquement joué le rôle du célèbre maître, et ce, plus de 70 fois. "Magnificent Butcher" est une de ses toutes dernières performances.
"Magnificent Butcher" raconte l'histoire du boucher Wing (Sammo Hung), un doué, mais distrait élève de la célèbre école de Kung-Fu dirigée par Fei-hong Huang (Kwan Tak-Hing). Un peu par la faute de Wing, l'école est en mauvais terme avec une école rivale, dirigée par Maître Ko (Hoi San Lee). Ainsi, par un malencontreux quiproquo, Wing s'adonne à sauver la vie du fils de Ko, Tai-Hoi (Hark-On Fung), qui avait au préalable kidnappé la femme de son frère. Se rendant compte de l'erreur de son geste, il décide de libérer sa belle-soeur, avec l'aide d'un vagabond très versé en Kung-Fu ... et en alcool (Mui Sang Fan). Dans le feu de l'action, ils en profitent pour libérer aussi la filleule de Ko, qu'ils croyaient prisonnière. Pour se venger, Tai-Hoi assassine cette dernière, faisant en sorte que le blâme soit jeté sur Wing. Le frère de Wing ayant découvert la vérité, Tai-Hoi se doit de le tuer, ce qui déclenche la colère de Wing, qui le tue à son tour. S'en suivra donc un spectaculaire combat contre Maître Ko, pour venger l'honneur de son frère et prouver son innocence.
L'histoire, même si assez simple et prévisible, reste tout de même fertile en rebondissements. Les combats sont spectaculaires. Rien à voir avec ceux de Crouching Tiger, Charlie's Angels et The Matrix, où l'on sent la présence de fils soulevant les acteurs, et l'accélération des séquences. Les combattants sont authentiques, et maîtres de leur art. C'est aussi un style tout à fait différent que celui des combats de Jackie Chan: même si l'humour est tout de même présent, on ne voit pas de combats avec des armes de fortunes: des échelles, tabourets, etc. De plus, les scènes de combats sont autant fréquentes que variées, sans jamais tomber dans la facilité. On note aussi un petit clin d'oeil au film Drunken Master, avec le personnage interprété par Mui Sang Fan.
L'image présentée sur cette édition DVD est tout simplement superbe, surtout pour un film de cette époque. Les détails sont bien définis et les couleurs bénéficient d'un bon contraste. On note par contre quelques points blancs, dû à la compression. Le matériel source est à peu près exempt de toute saleté, probablement dû à une restauration exhaustive du film, étant donné son âge. Les noirs, même si rarement en abondance, sont adéquats et bien gradés, témoignant d'une attention particulière au transfert.
Dans le cas de la piste sonore, contrairement aux autres films de ce genre, le choix de la langue se fait sans trop se poser de questions. L'argument qui prône l'écoute d'un film dans sa version originale dans le but de respecter l'intégralité artistique de l'oeuvre, habituellement réfutable lors de l'écoute d'un film où les dialogues et le soin apporté à l'ambiance sonore est le dernier des soucis, n'est même pas à évoquer. En effet, la piste traduite anglaise est d'une si piètre qualité que le choix de la piste originale cantonaise est la seule option viable. Dans la traduction, la tentative de porter le son en 5.1 a pour effet de rendre l'atmosphère sonore floue et imprécise. Le bruitage et les effets sont étouffés et les dialogues ressortent d'une façon peu naturelle. De son côté, la piste originale est beaucoup plus homogène, mais les effets ambiophoniques sont, à toute fin pratique, absents. L'image stéréophonique est aussi très étrange, puisque le film était à l'origine mono. De façon générale, la piste est tout de même satisfaisante, même si le dynamisme en fréquence est très restreint, et ce, que ce soit dans les hautes ou dans les basses fréquences. Même si accessoire au film, les dialogues sont toujours clairs et audibles.
Comme suppléments, on nous offre pour commencer un segment intitulé "Sammo Hung music video"; on nous y montre un montage des scènes les plus spectaculaires ou drôles de l'acteur. On nous présente ensuite une section avec des photographies de Sammo Hung et Yuen Woo-Ping, prises lors du tournage. On peut ensuite comparer la bande-annonce américaine avec sa contrepartie de Hong Kong. Vient ensuite un segment avec des photos du matériel promotionnel du film, c'est-à-dire les affiches et des cartes à collectionner. Finalement, la section des suppléments se complète par des notes de productions. Comme sur le DVD City Hunter qui bénéficie d'une sortie simultanée, les sections de suppléments qui présentent des images sous forme de diapositives souffrent du même défaut: les quelques premières secondes de la musique sont sans cesse répétées à chaque nouvelle image.
Les menus, comme le reste de ce DVD, sont tout à fait réussis. Le menu principal est animé, et tous les sous-menus ont le thème musical principal en musique de fond. Le seul petit défaut est l'utilisation d'une police beaucoup trop petite pour le texte des boutons.
Bref, un excellent DVD pour un excellent film. Les amateurs de kung-fu et de films de Hong Kong ne pourront que se réjouir de l'excellent traitement réservé à ce classique du genre. Le seul petit reproche est le manque de supplément: des interviews de Woo-ping Yuen auraient été grandement appréciées, surtout avec sa renommée présente.
| Film | 8 |
| Menu | 6 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |