Maluala
First Run Features

Réalisateur: Sergio Giral
Année: 1979
Classification:
Durée: 80 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Non
Langue: Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 7
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
19 août 2008

Depuis plusieurs années, le distributeur américain First Run Features, en association avec Icestorm d'Allemagne, a mis la main sur une vraie mine d'or longtemps inexploitée: les archives de l'Institut Cubain des Arts et du Cinéma (ICAIC). Fondé après la révolution, cet organisme étatique supervise et encourage (et censure???) toute la production cinématographique de Cuba depuis plus de quarante ans. Tous les films cubains tournés depuis la prise du pouvoir par Castro et ses Barbudos sont financés et archivés entièrement par cet organisme. C'est donc grâce à l'ICAIC, et à leur bon vouloir, qu'on peut voir ou revoir toute l'histoire cinématographique cubaine des dernières décennies. FRF a heureusement conclu une entente avec ce département du gouvernement socialiste et sort depuis trois ans, bon an mal an, quatre ou cinq longs-métrages cubains.

Avec "Maluala", on retrouve le dernier volet de la trilogie sur l'esclavagisme du réalisateur Afro-Cubain Sergio Giral (les deux premiers, tournés en 1975, Rancheador et El Otro Francisco ne sont malheureusement pas encore disponibles en DVD). Tourné en 1979, ce film basé sur des événements réels raconte l'histoire d'un soulèvement d'esclaves noirs contre le pouvoir espagnol au XIXe siècle. Ayant fuit les plantations où ils étaient exploités, des centaines d'Africains vivent cachés dans les montagnes où ils se sont organisés en campement sous la direction de chefs. Après de nombreuses tentatives avortées de découvrir et détruire ces villages cachés et leurs habitants, le gouverneur cubain représentant du roi espagnol décide de semer la zizanie parmi les esclaves rebelles en offrant l'affranchissement à leurs chefs s'ils coopèrent avec le gouvernement et ramènent leurs ouailles travailler sur les plantations. Certains acceptent cette offre de liberté, mais d'autres y voient un subterfuge injuste de la part des autorités pour briser l‘indépendance de ces "Nègres". La discorde s'installe donc entre les habitants des villages et chacun doit choisir son camp dans la guerre qui s'en vient. Le village de Maluala et son chef "Gallo" (le coq) devront ainsi affronter leurs anciens amis et voisins qui sont maintenant accompagnés de l'armée...

Bien que parfaitement naïf et présentant la réalité d'une façon simpliste, le film de Giral réussit son objectif de démontrer l'injustice faite aux "cimarrones" (le nom qu'on donnait aux esclaves échappés) sous le pouvoir espagnol à Cuba. Les personnages sont bien typés, ne reniant jamais leurs origines africaines, mais conscients d'appartenir maintenant à une nouvelle patrie. Les coutumes et traits culturels d'origine africaine sont très présents dans "Maluala" et la lutte est clairement montrée comme une lutte de respect pour les sous citoyens que sont les esclaves noirs. On voit bien aussi d'ailleurs que le pouvoir est blanc, mais qu'il utilise des sbires métissés et latinos pour faire son sale boulot. Seul le clergé est montré comme compatissant tout en étant aussi à la solde du pouvoir.

Bref, un film intéressant qui se penche sur une période de l'histoire cubaine et celle de l'esclavage en général qu'on aurait intérêt à mieux connaître pour nous aider à comprendre les suites contemporaines de ces luttes de libération. Vivement les deux premiers pans du triptyque de Sergio Giral.

Au niveau de la qualité audiovisuelle du DVD, le tout laisse passablement à désirer. La copie à partir de laquelle on a fait le transfert est assez abîmée. Rayures persistantes, décoloration de certaines images, sauts abrupts à certains points de montage, et même l'occasionnelle poussière de projecteur qui nous rend visite et s‘attarde quelque temps. Bref, il semblerait qu'un nettoyage sommaire sans plus ait été effectué sur le négatif d'origine. Le son est un peu mieux. Les voix africaines graves sont plutôt bien rendues et le paysage sonore est en général bien mixé. Le son des mêlées, lors de fêtes ou d'escarmouches, aurait eu quant à lui besoin d'être mieux séparé. Sinon, à part les quelques accrocs et poussières qui perturbent périodiquement l'écoute, la qualité audio est généralement acceptable.

En suppléments on retrouve un court métrage en noir et blanc d'une trentaine de minutes, "El Mégano". Ce petit film de docu-fiction réalisé en 1955 par un duo de Cubains qui devaient devenir des années plus tard deux des réalisateurs les plus connus de leur pays, Tomas Guttierez Alea et Juan Garcia Espinosa, raconte l'histoire quotidienne des habitants d'un petit village de l'île qui vivent principalement du commerce du charbon.


Cotes

Film8
Présentation6
Suppléments7
Vidéo5
Audio6