Ma Mère
Mongrel Media

Réalisateur: Christophe Honoré
Année: 2004
Classification: 18A
Durée: 107 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 17
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon François Langevin
30 octobre 2005

S'il y a une chose que l'on ne pourra jamais reprocher à Isabelle Huppert, c'est bien son goût du risque et ses choix de rôles qui demandent de puiser aux quatre coins de la condition humaine, tout spécialement l'amoralité. Cette grande dame du cinéma français sillonne le grand écran depuis plus de trente ans et on ne peut qu'admirer son travail d'interprète dans les films tels La dentellière, La pianiste et La cérémonie opus qui lui ont tous valu des prix d'interprétation dans différents grands festivals. Son dernier défi s'intitule "Ma mère", film dans lequel elle interprète, eh oui, une femme débauchée qui initie son fils à certains plaisirs épicuriens.

Suite au décès de son père, Pierre n'a que sa mère sur qui se retourner. N'en pouvant plus d'assumer son rôle de tutrice et de mère, elle décide alors de se montrer sous son vrai jour aux yeux de son fils, c'est-à-dire en femme immorale qui carbure aux expériences sexuelles. Il lui demandera de l'initier aux plaisirs salaces et s'en suivra une série d'expériences charnelles de plus en plus dangereuses qui risquent de se terminer en sorte de coït interrompu.

S'inspirant de l'œuvre posthume et homonyme de Georges Bataille, Christophe Honoré nous propose une œuvre qui écorche drôlement notre intérêt par son pseudo intellectualisme. Bien sur, la radicalité du propos de l'auteur est transposée dans cette œuvre, mais l'accompagne un voyeurisme gratuit qui ne mène à rien. La distribution semble d'ailleurs complètement perdue dans cette mise en scène et on l'a l'impression que les principaux interprètes ne font que réciter leur texte. Isabelle Huppert, pour une, semble totalement désorientée et amorphe. Le spectateur a tout de même droit à la totale, côté pratique sexuelle, alors que le lesbianisme, l'homosexualité, la bisexualité, le sadomasochisme, la masturbation et j'en passe sont abordés sans trop de pudeur. Les images tournées aux îles Canaries donnent également une touche d'exotisme qui n'est pas désagréable, mais vu le caractère décadent que l'on lui attribue, nous avons plus l'impression d'être sur l'île d'Ibiza.

La qualité du transfert vidéo est de très bonne qualité. Les couleurs sont vives et naturelles et le contraste est profond. La pellicule est exempte de toute forme d'impuretés et quelques plans sombres laissent entrevoir une image granuleuse. Quelques effets de "ghosting" sont perceptibles quand on effectue des arrêts sur image, artefact sans doute causé par la transformation PAL/NTSC. Le volet audio propose la trame originale de format Dolby Digital 2.0. Elle s'acquiesce tout de même très bien de sa tâche et nous donne des dialogues très audibles et précis. Au rayon des suppléments, nous retrouvons une scène retranchée de quelques minutes, une entrevue faite avec le réalisateur Christophe Honoré, une autre entrevue faite avec la radieuse Emma de Caunes, une fin alterne et une série de bandes-annonces.

"Ma mère" est un film qui n'a pas de corps. Bien sur, on y voit beaucoup de corps de femmes et d'hommes entièrement nus s'adonnant à des jeux libidineux, mais il n'y a pas d'histoire qui cimente ces ébats érotiques. J'invite les curieux qui auront à voyager aux îles Canaries et aux fans d'isabelle Huppert de louer ce film.


Cotes

Film5
Présentation3
Suppléments4
Vidéo8
Audio7