La Massaï Blanche (Die Weisse Massai)
Métropole Films Distribution

Réalisateur: Hermine Huntgeburth
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 131 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Allemand/Swahili/Anglais (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
1er août 2007

L'amour n'a pas de frontières. Tout le contraire des conventions qui fixent les gens à leur place au sein de sphères pré-établies. C'est à ce dogme que cherche à échapper l'héroïne de "La Massaï blanche", une intéressante œuvre allemande qui n'est cependant pas sans longueur.

Carola (Nina Hoss) est en vacances au Kenya avec son petit ami. Sur place, elle fait la rencontre de Lemalian (Jacky Ido), un guerrier Massaï, et en tombe immédiatement amoureuse. Puisque ce sentiment est réciproque, la jeune femme qui habite en Suisse décide de tout larguer pour suivre son nouvel amant sur les territoires africains. En se côtoyant, ils découvrent comment leurs sentiments grandissants se heurtent perpétuellement aux mœurs et à la culture qui diffèrent largement. Est-ce que ce fossé aura le dessus sur leur union?

En jouant la carte des chocs culturels, la réalisatrice Hermine Huntgeburth ne prêche pas par originalité. Cette fois, elle se terre derrière le roman de Corinne Hofmann pour prêcher ce manque de connaissances entre l'Europe et l'Afrique. Cette idée se matérialise au sein d'un récit touchant qui n'évite cependant pas les répétitions. En acceptant d'emblée que la protagoniste décide de tout abandonner pour un béguin (l'amour ne rend-il pas aveugle?), il est plus facile d'accepter ces drôles de coups de hasard présents dans l'introduction.

Après une bucolique exploration d'une région trop souvent boudée au cinéma, l'histoire commence à se développer. L'étrangère modifie ses comportements dans ce nouveau pays et elle doit obéir à des codes stricts. Même son amoureux devra abhorrer des pantalons et une chemise pour accéder à des institutions "importantes". Dès que l'idée générale commence à s'enliser, de nouvelles situations apparaissent pour amener le couple ailleurs. Ce dernier devra donc apprendre à vivre dans un village, à gérer un magasin, à voir des filles subir l'excision, etc. La fin est peut-être convenue, mais le voyage en vaut la peine. Seulement pour l'excellente Nina Hoss qui campe un beau personnage, aussi fort que vulnérable.

Les magnifiques paysages méritent également le détour. Ils sont flamboyants, étincelants et les détails regorgent par milliers. Le blocage s'oublie aisément au côté de ces couleurs attrayantes et de ces contrastes exemplaires qui permettent de bien explorer les zones sombres. La musique est tout aussi dépaysante. Des airs traditionnels côtoient des mélodies plus envoûtantes et lyriques. Ce souffle, parfois un peu trop présent, ne peut que donner des frissons. Les pistes sonores en allemand et en français façonnent convenablement les différentes enceintes qui laissent échapper une bagatelle de bruits de pluie, de vagues et des cris d'animaux. La traduction francophone est de bonne qualité. Il ne faudra toutefois pas insérer les convenables sous-titres blancs dans la langue de Molière en même temps, car les informations sont souvent aux antipodes! Ainsi, un "trois heures" devient un "deux heures" et "un ami" équivaut à "un amant". De quoi en perdre son latin...

La pochette fait rêver. Un territoire d'eau, de terre et de lumière est surplombé par le visage angélique de Nina Hoss. Le menu principal est plus secondaire. Un arbre laisse échapper des nuages en mouvements pendant que des têtes apparaissent et disparaissent. Une fois l'insertion du DVD, il faut choisir la langue. Par la suite, quelques publicités apparaissent. Rien de très enivrant. Un qualificatif qui décrit bien l'unique supplément. Sans être catastrophique, la bande-annonce originale est loin de bien décrire le produit final.

Exotique à souhait, "La Massaï blanche" se veut également très chaud en de multiples occasions. Sans surprendre outre mesure, la trame narrative est menée avec doigté et la composition solide de Nina Hoss fait de l'ombre aux quelques largesses de l'interprétation qui apparaissent ici et là. Pour découvrir de façon un peu différente le plus vieux continent de la planète, un petit détour est loin d'être une mauvaise idée.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments1
Vidéo8
Audio8