Mesrine - Partie 1: L'instinct de Mort
Alliance Vivafilm / Remstar

Réalisateur: Jean-François Richet
Année: 2008
Classification: 18A
Durée: 116 minutes
Ratio: 2.25:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935842330

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
17 décembre 2010

Le fameux diptyque sur Mesrine débarque enfin en DVD au Québec deux années après sa sortie en France. Avec "L'instinct de mort", le réalisateur Jean-François Richet campe l'ambiance en s'attaquant avec efficacité mais sans génie à un mythe.

Après son retour de la guerre d'Algérie, Jacques Mesrine (Vincent Cassel) commence à frayer avec le crime organisé par l'entremise de son ami Paul (Gilles Lellouche) et du malfrat Guido (Gérard Depardieu). Malgré sa femme, ses enfants et la prison, le séducteur à la grande gueule continue les vols et les larcins. Venu se cacher au Québec après un coup qui a mal tourné, Mesrine et sa compagne Jeanne (Cécile de France) découvrent que les forces de l'ordre ne veulent pas rigoler.

Le monde de la distribution est parfois un endroit très étrange. Ce diptyque a remporté un franc succès commercial en 2008 avant de décrocher trois Césars (meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleur son). Ce n'est pourtant que deux ans plus tard que le public de la Belle Province peut voir "L'instinct de mort" qui sera suivi dans quelques semaines par L'ennemi public no 1.

Adapté d'un livre écrit par Mesrine lui-même en 1977, le scénario de cette première partie jongle entre l'Algérie et le Québec, de 1959 à 1972. Le traitement n'évite pas les conventions du genre, avec son classicisme d'usage et son déroulement parfois trop chronologique. Sans doute que l'équipe en place devait faire des choix pour présenter les faits marquants de ce criminel hors norme. Le résultat passe parfois trop rapidement sur des moments importants, faisant soudainement apparaître des personnages primordiaux (comme Cécile de France) sans rien expliquer en retour. Le spectateur a donc l'impression d'assister à un défilement de dates et de lieux, d'évènements qui s'agencent selon un fil conducteur un peu ténu.

Le sort réserver à l'antihéros n'est pas totalement neutre, le décrivant comme un produit du système. Encore là un Mesrine plus sympathique est généralement un plus grand gage de succès (pour que le public puisse s'identifier le moindrement à lui), quoique son évolution psychologique fait parfois défaut. Il peut être difficile de saisir totalement ce qui le dérange. Son dégoût des arabes peut s'expliquer par son passage en Algérie, mais celui des femmes? Et pour quelles raisons quelqu'un de si charismatique devient quelques secondes plus tard un assassin froid? Voilà des subtilités qui seront sans doute expliqués dans le second tome.

Il est cependant ardu de résister à ce long-métrage qui n'a sans doute aucune autre prétention que de divertir. La mise en scène de Richet est vigoureuse à souhait, débutant par un soigné montage parallèle qui découle sur un rythme alerte, presque sans temps mort, que vient dynamiter la vibrante trame sonore de Marco Beltrami. Vincent Cassel mène le bal de son jeu viscéral, devenant un fauve qui ne fait qu'une bouchée de Cécile de France (sous-exploitée) et de Gérard Depardieu (cabotin et un peu inutile). Seul Gilles Lellouche parvient à se mesurer efficacement à lui. Lors d'un détour de ce côté de l'Atlantique, quelques acteurs d'ici ne font que passer, alors que Roy Dupuis étonne par son apport très physique.

Les images colorées aux teintes développées souffrent de contrastes un peu sombres et de la légère présence de blocage. La réalisation stylisée amène cependant un peu de piquant aux aspects visuels. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 est de bonne qualité, ne lésinant pas sur les rafles de pistolets afin d'agrémenter les différents haut-parleurs. Les voix audibles peuvent être légèrement entravées l'espace de quelques secondes. D'agréables sous-titres blancs sont disponibles pour un public anglophone.

La pochette montre en grand plan le visage de Vincent Cassel et de Roy Dupuis. Le menu principal du DVD a la bande idée d'opter pour un ingénieux montage de séquences sur un air musclé. Aucun supplément ne se retrouve sur cette édition.

Aussi violent qu'haletant, "L'instinct de mort" se révèle généralement intéressant même si le format est loin d'être nouveau (c'est le même que tous les Romanzo Criminale de la planète). Espérons toutefois que L'ennemi public no1 en dise plus long sur cet homme d'exception.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments-
Vidéo7
Audio7