Millions
Widescreen Edition
20th Century Fox

Réalisateur: Danny Boyle
Année: 2004
Classification: PG
Durée: 98 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espangol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
12 novembre 2005

Danny Boyle est un réalisateur de "petits films". Les trucs pompeux à gros budget, le tape-à-l'oeil hollywoodien, non merci. Après le succès mitigé de The Beach, il s'est d'ailleurs aperçu qu'il était beaucoup plus à l'aise à tourner chez lui, au Royaume-Uni. Celui qui a lancé la carrière de Ewan McGregor avec Shallow Grave et surtout Trainspotting, préfère l'humour et la vivacité au sérieux et à la tragédie, même quand il traite de thèmes sombres. Après s'être offert une escapade réussie chez les zombies avec 28 Days Later, le cinéaste nous revient avec "Millions", un film pour toute la famille qui déborde d'inventivité et d'enthousiasme, un de ces rares films qui vous laisse avec un sourire accroché au visage longtemps après la fin du visionnement.

Au Royaume-Uni, quelques jours avant le passage de la livre sterling à l'euro, un jeune garçon de sept ans prénommé Damian reçoit un cadeau qu'il croit divin alors qu'un sac rempli d'argent tombe du ciel et s'abat sur une cabane qu'il s'était construite près de la maison familiale. Damian fait part de sa découverte à son frère aîné Anthony, mais alors que celui-ci voudrait dépenser le magot ou l'investir, Damian, qui a des visions et discute régulièrement avec les saints, est convaincu qu'il doit tout donner aux pauvres. Les choses se compliquent quand un individu louche déterminé à récupérer l'argent entre en scène.

"Millions" nous propose une charmante fable sur compassion, l'avidité et l'honnêteté vues au travers des yeux d'un étrange petit garçon de sept ans. Le film, qui dépasse largement la simple étude sur la moralité, est rempli des trouvailles visuelles typiques du réalisateur, incluant une vision très riche de l'imaginaire de l'enfant, l'utilisation de l'iconographie religieuse dont l'apparition de divers saints et saintes, ainsi que l'évocation très juste du sens de l'éthique. "Millions" est quasi lyrique dans la façon dont il nous révèle le monde selon la perspective de l'enfant, comme si Boyle essayait de nous faire vivre ses propres fantasmes face à l'argent. Le réalisateur avait déjà abordé ce thème de façon plus sombre dans Shallow Grave, mais ici le ton demeure léger et il parvient à trouver un équilibre presque parfait entre la fantaisie et les sérieux dilemmes qui s'accumulent quand vient le temps de décider quoi faire avec le fric. De plus, le scénario ne verse jamais dans le mélodrame, même si une intrigue secondaire est basée sur la mort de la mère de Damian. Par contre, le personnage du voleur qui veut récupérer son butin complique le dernier acte et introduit un élément de suspense qui nuit un peu au fascinant conflit moral qui se joue dans la tête des principaux protagonistes. La distribution d'ensemble est impeccable et le jeune Alex Etel crève littéralement l'écran pour nous offrir un Damien d'un naturel et d'une innocence saisissants.

Le transfert vidéo est superbe. L'image est claire et propre et les couleurs sont vibrantes et naturelles. Certaines techniques de tournage utilisées demandent parfois une image surexposée ou granuleuse et sursaturée, mais le résultat est toujours sublime. Le niveau des contrastes et des détails est parfait et je n'ai noté aucun problème de compression ou d'accentuation des contours. Ce transfert rend parfaitement justice à la cinématographie lumineuse d'Anthony Dod Mantle. La piste audio en Dolby Digital 5.1 est également de qualité, bien que l'activité soit concentrée dans les enceintes avant. Les effets ambiophoniques sont peu nombreux, mais supportent l'ambiance générale de façon agréable. Les dialogues et la musique sont clairs et sans distorsion apparente. La présentation est standard et le boîtier simple ne contient pas d'encart. Les menus sont joliment animés et accompagnés de musique.

Parmi les suppléments, on retrouve tout d'abord une excellente piste de commentaires avec le réalisateur et le scénariste Frank Cottrell. Sans être trop didactiques, ils nous proposent une foule d'informations et d'anecdotes sur tous les aspects de la production. Il y a très peu de temps mort et ils évitent de simplement décrire ce qui se déroule à l'écran. Par la suite, l'étrange "DVD Cutdown" nous résume le film en quatre minutes avec accompagnement musical. On se demande à quoi ça sert. Les quatre mini revuettes "Million Pounds", "Saints", "Spirit of the Film" et "Robbery" s'attardent à différents aspects du scénario et du tournage. Plusieurs des acteurs et artisans du film y sont interviewés, mais ces segments sont trop courts pour être vraiment informatifs. Pour terminer, on retrouve une dizaine de scènes retranchées, la bande-annonce originale du film et une annonce faisant la promotion de la bande sonore avec la narration du compositeur John Murphy.

Bien qu'on y traite de saints et de miracles, "Millions" n'est pas un film sur la religion, mais un film qui nous enseigne que, quels que soient nos rêves, il n'est pas facile de les réaliser et que même avec toute la bonne volonté du monde il y a toujours des choix à faire et des conséquences qui s'y rattachent. "Millions" est quelque peu passé sous le radar chez nous, mais c'est un petit bijou de film qui enchante et séduit, et qui mérite d'être découvert. Le film idéal à regarder en famille pendant le temps des fêtes.


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments6
Vidéo9
Audio8