My Brother Is An Only Child
Les Films Séville Pictures / ThinkFilms

Réalisateur: Daniele Luchetti
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 184 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Italien (DD51), Français (DD50, DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 17
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
24 août 2008

Il est rare qu'un film provenant de l'Italie ne parle pas de politique et "Mon frère est fils unique" ne fait pas exception. Sauf que ce constat historique est mis au service d'une histoire très personnelle qui aurait pratiquement pu se dérouler n'importe où.

Dans les années 1960, une famille ouvrière voit ses deux fils se déchirer. Pendant que l'aîné Manrico (Riccardo Scamarcia) embrase les actions des groupes communistes, son frère cadet Accio (Elio Germano) préfère plutôt joindre le rang des factions fascistes. Rapidement, les affrontements seront pratiquement inévitables entre ces membres comportant le même sang. Peut-être que la venue de la splendide Francesca (Diane Fleri) viendra changer la donne en s'accaparant du cœur des deux garçons...

Ce nouveau film de Danielle Luchetti, plus accessible et populaire que ses précédents, comporte différents niveaux de lecture. Il y a cette sphère publique qui voit des confrontations d'idéologies au sein d'êtres qui ne saisissent pas totalement la nature de ces concepts. Ces passages, pas trop appuyés pour être redondants, se révèlent aisément les plus drôles du long-métrage et, miracle, la dichotomie entre la gauche et la droite est sans cesse évitée.

Car la politique n'est que l'alliage de ce drame familial ni trop lourd ni trop verbeux. Ce sont les personnages qui sont au centre des bouleversements et des changements. Sans doute que l'apparition de Francesca viendra dérégler le tracé vers un récit plus traditionnel, et que le dénouement prévisible ne surprendra guère, sauf que l'interprétation demeure de premier ordre. À commencer par Elio Germano, à la fois détestable et attendrissant, qui ne fait qu'une bouchée de Riccardo Scamarcia, tout de même fort acceptable en clone de Javier Bardem.

L'œuvre ne s'embrasse pas d'une reconstitution d'époque à tout casser. Le traitement est minimaliste et discret, ce qui n'empêche pas l'apparition de symboles propres à cette décennie. L'image souffre cependant d'un grain presque permanent, de couleurs peu vivantes et de contrastes légèrement trop sombres. Quelques défauts qui sont en partis rachetés par la superbe photographie et la très jolie définition des contours.

Les pistes sonores italiennes et francophones demeurent intéressantes à défaut de tout casser. Les enceintes sont utilisées afin de recréer l'atmosphère, un pari remporté par l'apport des sons de trains, de pluie, d'éclairs, d'oiseaux et de crapauds. Même si les voix s'entendent correctement, la traduction dans la langue de Molière est loin d'être impeccable. Opter pour d'agréables sous-titres blancs en français ou en anglais n'est donc pas une mauvaise idée. L'excellente musique de Franco Piersanti se veut à la fois vivifiante et mouvementée, relevant l'émotion sans abuser des effets de la redondance.

Le boîtier se résume à montrer les trois protagonistes, dont deux qui s'embrassent au milieu d'un champ de fleurs. Ce n'est pas réellement représentatif du récit final! De son côté, le menu principal du DVD montre plutôt les deux frères regarder devant eux. Le rendu est statique, mettant à l'avant l'ample mélodie qui séduit aisément les oreilles. Les suppléments se limitent à la bande-annonce originale et à une série de publicités regroupant le délicieux Caramel et l'énervant Âge d'homme.

"Mon frère est fils unique" n'est sans doute pas l'opus le plus spectaculaire de son auteur ni même son plus significatif. Le film utilise cependant très bien ses contextes politiques et historiques pour transcender son milieu et revenir sur le destin tumultueux de quelques êtres qui, à défaut de se connaître réellement, n'hésitent pas à s'affronter pour modifier l'équilibre familial. Des fantasmes du bien qui se transforment parfois en échecs à long terme au sein d'une œuvre douce et maîtrisée.


Cotes

Film7
Présentation3
Suppléments1
Vidéo6
Audio6