Mon meilleur ami
Christal Films Distribution

Réalisateur: Patrice Leconte
Année: 2006
Classification: PG
Durée: 90 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
1er décembre 2007

Après La fille sur le pont et La veuve de Saint-Pierre, Patrice Leconte retrouve Daniel Auteuil pour une troisième collaboration. En se maintenant généralement bien sur le fil instable entre la comédie et le drame, "Mon meilleur ami" s'avère un peu plus que la dernière "saveur de la semaine".

François (Auteuil) est un antiquaire qui passe ses journées à travailler. Afin de remporter un pari stupide avec sa collaboratrice Catherine (Julie Gayet), il doit lui présenter son meilleur ami. Or, il n'en possède aucun. Pour l'aider dans ses démarches, le pauvre homme demande des conseils au charismatique chauffeur de taxi Bruno (Dany Boom). Être sociable, sympathique et sincère ne semble pas donné à tout le monde...

L'histoire tient en quelques phrases et elle est parfaitement prévisible. Deux solitudes vont se rencontrer. Il va y avoir des bas profonds, mais ce sont les hauts majestueux qui vont sauver la mise. Jusque-là, rien de très nouveau. Pourtant, une aura de sincérité ressort de la dernière production de Leconte. Les situations attendues prennent des détours agréables, alors que des dialogues sonnent juste et qu'ils touchent la cible. En reprenant un des sujets les plus vieux de la planète, le réalisateur de Ridicule touche au thème de l'amitié sans tambour ni trompette, mais également sans violon dégoulinant.

Le long métrage est bien entendu comique. De nombreux imbroglios font sourire, les non-dits en suspens peuvent facilement être interprétés de différentes façons et la finale recèle son lot de petites perles à effets. Et il y a également une émotion véhiculée en sourdine. Celle de l'être humain qui se noie dans le travail pour ne pas affronter la réalité ou ce regard si sélectif qui peut faire du mal en un seul oubli. Bien entendu, le ton léger est à la rigolade, sauf que le traitement aurait facilement pu chuter dans la farce.

Les acteurs sont la source du plaisir rencontré. Daniel Auteuil est égal à lui-même. Sourire aux lèvres, œil affilé, répliques mordantes faciles : il est d'un pathétisme tout à fait charmant et il est difficile de trouver un meilleur comédien pour un rôle aussi unique. Devant lui se tient fébrilement Dany Bloom et son personnage en or, un monsieur je-sais-tout qui possède sa part d'égratignures. Ces acteurs étaient peut-être à l'affiche de La Doublure, mais ils n'avaient pratiquement aucune scène ensemble. C'est n'est toutefois pas le cas ici. Le duo - un leitmotiv chez le cinéaste de Confidences trop intimes - fonctionne très bien et ces êtres aux antipodes vont entrer en symbiose assez rapidement.

Tout pour éclipser cette trame sonore variée et heureusement un peu trop secondaire, qui multiplie des airs typiquement parisiens à des chansons plus fantaisistes. Les pistes sonores sont de bonnes factures, faisant triompher des différentes enceintes des bruits de pluie, de tonnerre, d'une porte qui claque, d'écho de foule et d'un orgue. L'intensité des voix aurait cependant pu être un peu plus élevée. Au moins, il y a d'agréables sous-titres anglophones blancs en cas de besoin. Les images sont claires et plutôt jolies. Les solides couleurs tendent à se faire oublier et les contrastes deviennent de plus en plus réussis à mesure que le film avance. Sans doute que certaines teintes sont trop lumineuses et que du blocage peut apparaître sur des manteaux rayés, sauf que dans l'ensemble, il n'y a rien de trop désagréable qui ressort.

La pochette est d'une simplicité déconcertante. Elle montre les deux protagonistes marcher en riant. Tout aussi ordinaire est le menu principal du DVD qui reprend la photographie du boîtier en la rendant tout aussi statique. Quelle chance qu'une mélodie douce soit de la partie pour agrémenter la navigation. Mis à part le sympathique long métrage, il n'y a aucun supplément à se mettre sous la dent, ce qui est toujours dommage pour une œuvre indéniablement chaleureuse.

Suite à l'épouvantable troisième épisode des Bronzés, il était légitime de se questionner sur la façon dont Patrice Leconte traite ses sujets. Heureusement, son mignon "Mon meilleur ami" excuse quelques largesses du passé. Ce n'est sans doute pas un sommet dans sa filmographie comme L'Homme du train (trop de fils blancs, de facilité et de légèreté), quoiqu'il s'agit d'une petite vue distrayante et divertissante, supérieure à ce qui sort généralement sur les écrans et dans les clubs vidéo.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments-
Vidéo7
Audio7