Monsieur Ibrahim
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: François Dupeyron
Année: 2003
Classification: 14A
Durée: 95 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Portugais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
10 juillet 2004

"Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" est ce genre de film qui semble peu inspirant aux premiers abords, mais dès que la projection est lancée, c'est aussi le genre de film qui vous prends par la main et vous lance dans une formidable aventure où les valeurs humaines et les sentiments sont à l'avant-plan. Se faire bercer l'esprit par une histoire sur l'éthique de vie pendant plus de 90 minutes n'est pas une mince sinécure et ce film y parvient de remarquable façon.

Moïse Schmitt, alias Momo (Pierre Boulanger) est une jeune adolescent juif qui vit avec un père dépressif qui le laisse carrément à l'abandon. Il va chercher l'affection là où il peut et c'est par les prostitués du coin qu'il y arrive. Momo fait également les emplettes à l'épicerie de l'arabe qu'il chaparde de temps à autre. Son propriétaire, Ibrahim Dejeni (Omar Sharif) est en fait un Turc, musulman soufiste, qui en connaît beaucoup plus qu'il ne le laisse paraître. Un jour, Momo sera sèchement abandonné par son père et cherchera désespérément de l'aide qu'il trouvera derrière le comptoir de l'épicier du coin. Ensemble, ils retourneront à la patrie d'Ibrahim et ce voyage changera leurs vies à jamais.

Réalisé par François Dupeyron (La chambre des officiers), ce film brosse un merveilleux tableau de Paris dans les années 60. Tout y est, la musique yé-yé, les vieilles voitures, les filles de joies très sympathiques sans proxénètes et même un petit clin d'œil au cinéma de la nouvelle vague alors qu'un film est tourné dans le quartier. voulant sans doute un hommage à Jean-Luc Godard et à son film Le mépris, on assiste à une scène où la star (Isabelle Adjani) jouant Brigitte Bardot monte dans une décapotable de façon provocante.

À part pour quelques clichés et un dernier tiers de film moins savoureux et quelque peu précipité, "Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" demeure une splendide initiation à la vie et à l'amitié multiculturelle et nous fait redécouvrir les charmes du quotidien ne serait-ce que par simple sourire, un s'il vous plaît ou un merci.

Le transfert vidéo est de très bonne qualité. Aucun parasite n'est à signaler et la qualité de l'image est splendide. Les couleurs ont un degré de saturation très respectable et paraissent très naturelles. Les noirs ne sont pas trop appuyés permettant une dégradation naturelle du coloris. Il n'y a pas d'artéfacts de compression à signaler non plus.

Côté audio, seule la bande sonore française Dolby Digital 5.1 est présente. Malgré un calibrage audio qui me paraît faible, cette trame est audible et claire. Les voix et dialogues sont facilement compréhensibles et la très copieuse trame musicale toute 60's s'enchaîne proprement aux dialogues. Malgré quelques effets ambiants de propageant à tous les canaux, on a affaire à un film qui monopolise surtout les enceintes avant.

Le menu est statique et nous propose une image complice entre les deux acteurs principaux du film. La granularité de la photo propose en effet vieillot tout à fait dans le ton du film. Les sous-menus sont construits de la même manière. La navigation entre les différentes sections du menu s'effectue sans heurt.

Le corps de la section des suppléments se compose de la trame de commentaires d'Omar Sharif. Quoiqu'il y ait de longs silences ici et là, il est rafraîchissant d'entendre ce grand du cinéma. Il nous parle du nombre de scénarios insipides qui sont passés entre ses mains avant qu'aboutisse "Monsieur Ibrahim". Il nous donne son point de vue sur la distribution du film et de son admiration pour le réalisateur lequel ne se gênait pas pour critiquer le travail de monsieur Sharif. Cette trame est un heureux complément à ce film. Une série de bandes-annonces (Good-Bye Lenin, Monster, The Company, Bon Voyage et The Triplets of Belleville) complète les suppléments.

François Dupeyron nous présente un très beau film sur la sagesse. Se voulant peut-être une réplique d'espoir au film La vie devant soi sur le conflit ‘juif/arabe', le réalisateur place en monsieur Ibrahim un prophète de bonheur dont toutes les réponses sont contenues dans son Coran. Par exemple, Ibrahim dit "ce que tu donnes Momo, c'est à toi pour toujours. Ce que tu gardes, c'est perdu pour toujours". C'est sur ce genre de sapience que s'assoie le film. François Dupeyron nous offre ce cadeau du 7e art et il reste à souhaiter que vous l'acceptiez ne serais-ce que pour quelques heures.


Cotes

Film8
Menu4
Suppléments4
Vidéo8
Audio7