Aussi bon, mauvais ou ordinaire que le précédent récit qui a fait sauter le box-office hollywoodien, "Open Water 2: Adrift" revient avec passablement la même histoire et le même résultat. Ni génial ni médiocre, seulement tiède et amer.
L'eau est rarement calme très longtemps et elle a tendance à entraîner tout sur son passage. En 2003, le réalisateur Chris Kentis ramenait de vieilles peurs enfouies avec Open Water, un mélange singulier pas toujours réussi entre Jaws et Blair Witch Project. Il n'y avait rien de très effrayant, seulement cette sensation souvent inconfortable que dans le noir, l'impossible peut survenir. Pour un budget de 130 000 dollars, le film a obtenu son lot de millions.
La recette est reprise et étirée dans une suite qui n'a jamais pris l'affiche dans les salles de cinéma. Cette fois, trois couples d'amis et un bébé s'embarquent sur un bateau pour retrouver le temps perdu. Comme il fait très chaud, les adultes décident de se lancer à l'eau. Malheureusement, personne n'a pensé à jeter l'échelle. Les six individus ne peuvent donc pas remonter à bord. La tension commence à gronder, la fatigue s'accapare des corps, il y a peut-être des requins dans les environs, le petit être laissé seul commence à pleurer et un orage défile à l'horizon. Isolé et en proie à la survie, l'être humain ne peut que mener à sa perte.
Aussi inutile que le remake de Poseidon est cette variation sur un thème connu. Pourtant, en regardant le générique, le spectateur avait droit à s'attendre à quelque chose de nouveau. Avec une équipe technique, un réalisateur et des capitaux allemands, le résultat final aurait pu ressembler à un Funny Games aquatique. Non seulement le film ressemble comme deux gouttes d'eau à une production étasunienne, mais il ne compense nullement les erreurs du premier volume. L'introduction, d'une stupidité abyssale, présente des êtres humains qui passent leur temps à copuler, à boire et à roter. Les répliques sont stupides, les blagues s'écrasent lamentablement (se moquer de Titanic est beaucoup trop facile) et un beau drapeau américain est présent presque du début à la fin.
Quelle chance que l'incident arrive, car il fouette au passage l'intrigue. Une fois dans l'eau, les protagonistes se déchirent avec beaucoup plus de passion. Les interprètes sont terriblement ordinaires et c'est ce côté si déprimant qui les rend convaincants. Quelques destins proposent des thèmes inaboutis, qui ont toutefois la pertinence d'être présents. Le passé, les amours de jeunesse et les vieilles rancunes refont surface pour créer une certaine tension. La conclusion ne surprendra pas un large public, mais elle a le mérite de détruire des couples en proposant une héroïne et digne mère de famille qui fera tout pour son enfant...
La beauté de l'océan joue pour beaucoup dans le plaisir relatif retiré par ce long-métrage. Les couleurs sont claires et précises. Le bleu détonne allègrement. Le passage du temps se fait amplement ressentir. Les teintes ensoleillées laissent rapidement la place à des passages plus sombres. Dans tous les cas, les contrastes s'avèrent très solides. La qualité sonore n'est pas aussi accentuée. Il y a bien une multitude de bruits comme des vagues, de la musique, des cigales, de la pluie et des effets marins qui s'échappent des haut-parleurs situés sur le côté. Ce n'est malheureusement jamais étouffant ou suffocant très longtemps. Cette frêle épaisseur n'enterre jamais les voix et la traduction française est écoutable. Au pire, il y a toujours les assez beaux sous-titres anglais blancs. Si les airs populaires du début détruisent les tympans par leur médiocrité, des mélodies plus subtiles remportent rapidement la bataille. Quelle chance... mais l'intensité et le mélo devaient-ils être à l'honneur?
La pochette du film créée rapidement un impact. Montrer une fille qui se noie fait immédiatement réagir. Le menu principal du DVD donne également quelques petits frissons. Il y a une musique inquiétante, de l'eau qui bouge et des extraits flous annonçant un terrible suspense. Les suppléments, en format régime minceur, ne nourriraient pas le moindre minuscule poisson rouge. Il n'y a qu'un insipide documentaire sur le tournage qui s'échelonne sur vingt minutes. Le cinéaste parle de la naissance du projet en racontant l'histoire dans le détail et les acteurs discutent de leurs personnages. Les propos sont mornes, profondément ennuyants et il est pratiquement impossible d'apprendre quelque chose de nouveau.
"Open Water 2: Adrift" est moins terrible que laissait présager sa ridicule prémisse. Il n'y a pas eu d'améliorations depuis l'original, les acteurs sont toujours aussi limités et une pléiade de ralentis fait beaucoup rire, sauf que ce n'est pas catastrophique pour autant. La deuxième partie est dans le ton, la frousse "psychologique" en amènera plus d'un vers le fond et la mention "d'après une histoire vraie" fait réfléchir. Est-ce qu'il y a des gens aussi immatures pour sauter dans l'eau, au milieu de nulle part, sans dresser la moindre petite échelle?
| Film | 5 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 2 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |