Plus de 40 ans après sa mort tragique, le légendaire Bruce Lee demeure le maître incontesté des films d'art martiaux. Personne n'a réussi à remplacer cette icône qui, en développant sa propre technique de combat ("Jeet Kune Do") axée sur de foudroyantes actions offensives, a révolutionné le genre en y insufflant un réalisme saisissant. Jackie Chan semblait un prétendant sérieux au trône, mais il n'était pas fou et, au lieu de s'attaquer à un mythe, il a sagement choisi de combiner ses habiletés physiques et sa bouille sympathique dans un style humoristique rappelant les frasques vaudevillesques de Buster Keaton. Puis vint le talentueux Jet Li. Possédant une technique solide et un charisme certain, il offre des prestations remarquables dans des films comme Once Upon a Time in China et Fist of Legend. Malheureusement, il a par la suite choisi de poursuivre une carrière hollywoodienne qui piétine depuis des années. En 2003, un nouveau candidat nommé Tony Jaa (de son vrai nom Phanum Yeerum) fait son apparition dans "Ong Bak: Le Guerrier", un film thaïlandais proposant des scènes d'action à couper le souffle qui, par l'entremise d'Internet, a rapidement gagné en popularité et accédé au rang de film culte chez les amateurs du genre.
À tous les 24 ans dans le petit village pauvre et isolé de Nong Pradu, les habitants célèbrent une fête en l'honneur du Bouddha Ong Bak sensé leur apporter la paix et la prospérité. Mais quelque temps avant la cérémonie, un escroc vole la tête d'Ong Bak dans le but de la revendre à Bangkok. Le jeune Ting (Tony Jaa) se rendra dans la grande ville, chargé de récupérer la tête de la statue. Il ira chercher de l'aide auprès de Hum Lae, le fils d'un des villageois, mais celui-ci est plus intéressé à profiter de l'expertise de Ting dans le Muay Thaï (art martial thaïlandais) en le faisant participer à des combats illégaux, qu'à l'assister dans sa quête. Ting devra affronter de nombreux adversaires et se frotter à une bande de gangsters locaux avant de pouvoir mettre la main sur le précieux objet.
Le premier mot qui nous vient à l'esprit quand on visionne Ong Bak est "ayoye!", comme dans "ça a dû faire mal!". Le Muay Thaï, qui privilégie les coups donnés avec les coudes et les genoux, est un art martial d'une violence extrême. De plus, cette violence est amplifiée par le réalisme des combats, car aucun câble, effets spéciaux ou doublures n'ont été utilisés. Toute l'action se déroule en temps réel et, même si les combats sont savamment chorégraphies et que les acteurs portent des pièces protectrices sous leurs vêtements (voir le "making of"), de vrais coups sont portés et l'hôpital du coin (Jaa s'y est retrouvé deux fois) a du être fort occupé pendant le tournage. Ce qui impressionne également chez Tony Jaa sont ses qualités athlétiques. Il court, saute, virevolte, effectue des pirouettes avant et arrière, des saltos et des grands écarts avec une facilité déconcertante. Il tient autant du gymnaste que de l'expert du Muay Thaï et il suffit de le voir s'extirper d'un cul-de-sac en sautant dans les airs et en gambadant allègrement sur les épaules des huit ou dix brutes qui lui font face pour être convaincu. Jaa n'a malheureusement pas le charisme de Jackie Chan ou la présence de Jet Li, mais puisqu'il s'agit de son premier film, on ne sera pas trop sévère sur ce point. Pour le reste? Bof, l'intrigue est jetable et les personnages sont stéréotypés puisque tout est prétexte aux scènes d'action. On en fait même un peu trop de ce côté, car plusieurs séquences clefs sont répétées à plusieurs reprises en utilisant le ralenti et des angles de caméra différents.
La présentation vidéo est correcte, sans plus. L'image est assez claire, mais comporte plusieurs taches et égratignures et un problème d'accentuation des contours apparaît à l'occasion. Les scènes bien éclairées offrent un niveau de contrastes et de détails satisfaisants, mais les scènes les plus sombres sont granuleuses et les couleurs paraissent délavées. La bande sonore originale thaïlandaise en Dolby Digital 5.1 manque de dynamisme. L'impact des scènes d'actions est souligné par de nombreux effets ambiophoniques, mais ceux-ci manquent de punch et de variété. La piste en français m'a semblé un peu plus agressive, mais le doublage est atroce, comme c'est souvent le cas dans ce genre de film. Les sous-titres français sont faciles à lire et exempts d'erreurs typographiques. La présentation est standard et le boîtier simple ne contient pas d'encart. Les menus sont animés d'extraits du film et accompagnés de musique. Quelques suppléments sont offerts sur cette édition, le principal étant une revuette sur la production qui s'attarde essentiellement au tournage des scènes d'action et qui nous donne quelques autres occasions de dire "ayoye!". Un vidéoclip, une courte revuette intitulée "Leçon de Muay Thai", qui nous montre les différents mouvements de base du Muay Thaï, et la bande-annonce du film complètent les suppléments.
Difficile de coter un film comme Ong Bak. Les amateurs de films d'action vont crier au génie et les autres vont trouver ça complètement nul. Alors, mettez votre cerveau à "off" et répétez après moi: "ayoye!" Veuillez noter que cette version d'Ong Bak est celle connue sous le nom de "version Luc Besson" (qui avait acheté les droits du film), plus courte de sept ou huit minutes et qui remplace la musique originale par de la musique techno et du rap... Pour les maniaques qui tiennent à posséder les deux versions, vous devrez vous rabattre sur l'édition australienne (zone 4).
| Film | 7 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |