Je n'ai pas pu résister à la bande-annonce du film "OSS 117" représentant un Jean Dujardin, le "héros de Brice de Nice", dans l'accoutrement d'un espion des années 50, charmant, stylé, capable de maîtriser les langues et les arts martiaux en un clin d'oeil, dieu au lit, mais sans aucune intuition et ethnocentrique par-dessus le marché, sans méchanceté. Mais dans ce type de film, les meilleurs moments sont souvent annoncés dans la bande-annonce... mais pas ici. Hubert Bonisseur de la Bath (Jean Dujardin) vous surprendra au détour.
"Comment est votre blanquette?" C'est sur ces mots que l'espion rencontre son supérieur pour recevoir sa mission: retrouver le meurtrier de son ami de toujours, Jack Jefferson (Philippe Lefebvre). Il se retrouve donc au Caire où il rencontre son contact, Larmina El Akmar Betouche (Bérénice Bejo) qui le mènera entre autres vers le canal de Suez, le hammam et les pyramides. Ajoutez-y une femme fatale du nom de princesse Al Tarouk (Aure Atika), une usine à poulets et des patrons de la compétition (autres viandes!), un muezzin matinal, une version arable de Bambino et bien sûr des photos du résident René Coty (la suprême récompense) ainsi que tous les clichés possibles des films d'espionnage, et vous obtenez une comédie tout à fait délicieuse, extrêmement soignée, politiquement incorrecte si prise au premier degré. Mais tout est là pour nous faire rire du principal personnage.
Le film tire son origine des romans OSS 117 de Jean Bruce, redécouvert par le producteur Nicolas Altmeyer dans la bibliothèque de ses parents. Les couvertures stylisées de ces romans cachaient tout ce qu'était l'expression de la France des années cinquante, autant dans les rapports avec les colonies que ceux avec les femmes. Le scénariste Jean-François Halin a su adapter à un second degré de cet historique pour plaire à l'auditoire du cinéma qui veut des héros, mais pas des caricatures. Jean Dujardin habille parfaitement chaque plan de la réalisation. On sent que la chimie était autant sur le plateau que parmi les personnages. Nous regrettons amèrement que le tout dure moins de deux heures.
On a choisi chez Christal Films de nous offrir ce film et ses suppléments sur deux disques séparés, mais le total de quelque six gigaoctets aurait eu suffisamment de place sur un seul disque double couche. La seule raison qui me vient à l'esprit est que deux DVD sont plus "marketing" qu'un seul! Reste que cela ne change en rien la qualité audiovisuelle du produit qui est tout simplement géniale. La piste sonore est ambiophonique de façon intéressante et l'image très saturée rend hommage aux films technicolor. Très peu d'artefacts de compression. Les deux DVD sont offerts dans un type d'emballage que je n'avais jamais vu auparavant, soit un plateau de plastique qui tient deux disques dos à dos, le tout dans un joli boîtier de carton très kitch. Ce style est repris dans les menus des DVD qui sont pour leur part très dynamiques, même dans les sous menus. Un gros bravo aux producteurs du DVD pour l'effort qui inclut même une sélection de chapitres animée!
Comme suppléments, vous aurez compris sur le second disque, nous avons d'abord une longue revuette sur la production, offerte en panoramique non anamorphique, qui nous donne des détails sur l'origine du personnage, la composition des plans à la façon des années 50 (un mélange de Dr. No et des films d'Hitchcock de l'époque), les expressions et la gesticule des acteurs, les cascades et bien d'autres sujets. Cela est suivi par une interview avec Jean Dujardin (celle-ci anamorphique) où il nous parle de son inspiration pour le personnage d'OSS 117, du succès de Brice de Nice et passablement tout ce qui a été dit dans la revuette précédente. Il conclut que la prochaine mission d'OSS 117 sera peut-être de domestiquer un orignal à Montréal. La prochaine revuette se passe justement à Montréal, le 17 juillet dernier, pour la première québécoise du film où Dujardin vient présenter le film et faire quelques mouvements à la Brice de Nice! Le tout est complété par les bandes-annonces du film. Une feuille d'autocollants à l'effigie de l'espion est insérée dans chaque ensemble.
Jean Dujardin n'est par le premier à jouer le fameux espion. Il y a eu Ivan Desny en 1956 ("OSS 117 n'est pas mort"), Kerwin Mathews en 1963-64 ("OSS 117 se déchaîne" et "Banco à Bangkok pour OSS 117"), Frederick Stafford en 1965-66 ("Furia à Bahia pour OSS 117" et "Atout coeur à Tokyo pour OSS 117"), John Gavin en 1966 ("Pas de roses pour OSS 117") et Luc Merenda en 1970 ("OSS 117 prend des vacances"). Je me demande maintenant à quel point, vu la popularité du personnage, que ces films trouvent place sur DVD. Dans tous les cas, le OSS 117 de Jean Dujardin prévoit un retour en 2008! Comme dirait OSS 117, "Vivement un autre cocktail détonnant avec une peu de Sean et beaucoup de conneries"!
| Film | 10 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |