Je ne sais pourquoi mais j'ai toujours eu un faible pour les histoires de suspense se déroulant dans les milieux des collectionneurs d'art. Que ce soit les livres de Arturo Perez-Reverte (dont le Club Dumas fut mis en scène par Roman Polanski sous le titre La Neuvième Porte), quelques intrigues d'Agatha Christie, de Sherlock Holmes ou de la Panthère Rose, cet univers de bourgeois souvent décadents et sans principes se cachant derrière leur vernis de bonne société forme un terreau parfait pour des crimes splendides et de haute voltige. L'exemple parfait en étant peut-être le The Thomas Crown Affair dans la version originale de Norman Jewison avec Steve McQueen et Faye Dunaway ou son excellent remake avec Renee Russo et Pierce Brosnan.
ITV, la télévision britannique privée, avait sûrement eu la même réflexion il y a quelques années lorsqu‘elle créa en association avec PBS, "Painted Lady" une minisérie de deux épisodes d'une heure trente minutes mettant en vedette Helen Mirren. Ayant pour toile de fond (ha ha ha!) le milieu de la peinture londonien avec ses faussaires, restaurateurs, marchands, collectionneurs et ...voleurs, cette série prend rapidement de l'ampleur jusqu'à devenir une histoire complexe mêlant habilement et de façon parfois tordue, vol de tableau, meurtre, héritage, deuxième guerre mondiale, héroïnomanes, homosexuels, amour et trahison! Ce qui s'annonce d'abord comme une traditionnelle histoire de vol de tableau devient ainsi au fil du temps un drame humain aux multiples ramifications.
Maggie Sheridan (Helen Mirren) est une chanteuse rock à la gloire passée vivant de ses souvenirs et de vin rouge dans un petit cottage prêté par son voisin et ami, Sir Charles, un châtelain au grand cœur. Lorsque la villa de ce dernier est cambriolée et qu'il est assassiné, Maggie et Sebastian, le fils de Charles, sont entraînés malgré eux dans une affaire dangereuse où leurs vies ne tiennent qu'à un fil. Quand une des toiles volées au château refera surface sur le marché noir, les deux amis devront s'insinuer incognito dans le milieu des collectionneurs s'ils veulent trouver la vérité sur le meurtrier de Charles. Or à chaque étape de leur enquête, et à chaque nouvelle bribe d'information découverte, le voile du passé se soulève peu à peu et ils entrent dans un monde de maîtres chanteurs et de tueurs. Et puis quel est le secret que Sebastian lui-même n'ose avouer à Maggie ...?
Bien que débutant de façon assez classique, cette minisérie ne cesse de surprendre avec chaque nouveau développement dans l'intrigue. Nous tirant dans toutes les directions possibles, il faudra attendre les dernières minutes du deuxième épisode pour finalement comprendre les ramifications complètes de l'histoire. Mélangeant habilement suspense et drame, cette co-production (on se promène dans les ventes de tableaux de Londres à New York) plaira certainement aux amateurs de suspenses plus littéraires que physiques. Bien qu'ayant sa part d'assassinats et de fusils, le gros de l'intrigue est surtout une affaire de découverte d'information, de dépoussiérage d'archives et de vieux fantômes dans le placard.
La qualité de l'image et du son est très bonne. Une chaleur des tons, une forte présence des couleurs se mariant bien avec l'émotion du récit, ainsi qu'une piste audio vivante et complexe (quoique le choix des pièce supposément interprétées par Maggie soit un peu douteux), nous permettent de nous régaler lors du visionnement. En suppléments on retrouve une biographie écrite de l'actrice principale Helen Mirren.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |