"Paris Texas" est considéré à juste titre comme un des grands films américains des années 1980, même si sa production est germano-française. C'est en se basant sur un scénario coécrit par l'acteur Sam Shepard, qui joui également d'une excellente réputation de dramaturge et metteur en scène dans le monde du théâtre, et par L.M. Kit Carson que le réalisateur allemand Wim Wenders mit cette simple histoire en images pour créer un "Road Movie" archi minimaliste d'une sensibilité déconcertante.
Un homme (Harry Dean Stanton) sans souvenirs, sans nom et sans passé erre dans l'immensité texane près de la frontière mexicaine. Il sera intercepté par les autorités locales et examiné par un médecin refusant d'émettre le moindre son pendant son examen. Il sera finalement identifié et son frère Walt (Dean Stockwell) qui viendra le chercher et le ramener chez lui. Là, il retrouvera son jeune fils Hunter, qui est élevé par Walt et sa femme, et cette rencontre redonnera vie à Travis. Accompagné de son fils, il partira à la recherche de Jane (Nastassja Kinki), son ex-femme. Cette quête vers l'inconnu sera le chapitre final d'un amour insensé que vécurent deux êtres tourmentés.
Ce film s'évertue beaucoup plus à faire ressortir les sentiments que de faire avancer l'histoire ce qui en fait un film au rythme hyper lent. Mettant les conventions modernes du cinéma de côté, Wim Wenders nous sert un chef-d'œuvre de sensibilité surtout animé par l'éveil à la vie qui s'exerce chez Travis. Harry Dean Stanton y va d'une magistrale performance de comédien permettant au spectateur de sentir la souffrance et la peine qui habite son personnage. Wim Wenders réussit à donner âme à ce film extrêmement dépouillé en lui greffant une musique minimaliste d'enfer signée par Ry Cooder. D'ailleurs, les deux hommes travailleront ensemble à quelques reprises et Wenders signera le surprenant Buena Vista Social Club qui met en vedette le guitariste spécialisé de la "Slide Guitar". L'autre force silencieuse de ce film réside dans la très belle cinématographie de Robby Muller, proche collaborateur de Wim Wenders qui avait déjà signé les images d'un triptyque sur l'errance qu'avait fait le réalisateur au milieu des années 1970 (Alice in the Cities, The Wrong Movement, Kings of the Road)
"Christal Films" nous propose une édition DVD qui ressemble étrangement au film par son minimalisme. En fait, nous avons l'impression d'avoir affaire à une copie VHS, car il n'y a aucune section de suppléments et une seule trame sonore est à l'index. Quoi qu'il en soit, le transfert vidéo est de qualité plus que convenable. Les premières images du film montrent cependant quelques égratignures à la pellicule. Les couleurs sont bien saturées et les contrastes sont étonnamment profonds donnant vie aux nombreux plans sombres. Seule, la trame sonore doublée en français est présentée. Les dialogues sont clairs et la musique de Ry Cooder résonne également très bien. Tout le débit sonore passe par les canaux avant.
"Paris, Texas" est un film unique, touchant qui est aux antipodes du cinéma moderne. Son minimalisme et sa lenteur en feront démissionner plus qu'un lors de son visionnement, mais ceux qui surmonteront cette rigueur se féliciteront d'avoir accompagné Travis dans sa quête.
| Film | 9 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |