Partition
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Vic Sarin
Année: 2007
Classification: 14A / NR
Durée: 116 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
30 juin 2007

Événement connu principalement en Inde dans les années 40, la Partition est une séparation drastique qui fut opérée par l'occupation anglaise, coupant deux peuples. Les Musulmans et les Sikhs se retrouvent alors plongés dans une dichotomie interne qui aura raison de près d'un million de vies. Les affrontements se poursuivent et voilent alors le jugement des individus impliqués au point inéluctable de coûter davantage de pleurs et ainsi creuser plus profondément le fossé entre leurs existences.

L'Inde est sous le joug britannique à cette époque et Gian (Jimi Mistry) doit aller combattre pour défendre ses "intérêts". Accompagné du frère d'une jeune anglaise (Neve Campbell), il se rendra au front. Des années plus tard, alors que le conflit armé s'est achevé, Gian perçoit que la bataille psychologique ne fait que commencer. Se retirant de tout ce qui se nomme violence ou écart de conduite, il mène sa vie tranquillement jusqu'au jour où il tombe sur une jeune Musulmane en fuite (Kristin Kreuk). Gian lui offre le gîte pour qu'elle recouvre ses forces, mais la présence de cette "ennemie" est vite connue du village qui demande son départ ou son sang. Par un habile stratagème digne des sociétés séculaires, Gian gagnera le droit de la "garder" (en bref, il achète sa liberté). Dès lors, la jeune femme reprend un train de vie plus normal. Un lien se tisse entre Gian et elle, plus fort que les barrières séparant les Musulmans et les Sikhs. C'est après un mariage bien entamé que la Musulmane reçoit des nouvelles prenantes: sa famille est encore en vie et réclame sa présence.

Plus qu'une histoire d'amour, vécue ou épique, "Partition" représente le témoignage touchant d'un homme envers une anecdote qui lui a été racontée par son père. S'inspirant librement des faits entendus, Vic Sarin centre son récit autour de deux jeunes amoureux, à la façon Roméo et Juliette de Shakespeare. Là où son idée se distance est dans le traitement de son histoire. Sans réellement vouloir raconter seulement un amour, Sarin lance un message de tolérance en réussissant à ne pas blâmer les Sikhs ou les Musulmans pour la rage qui sévit dans cette époque chaotique. Les interprètes Jimi Mistry, Kristin Kreuk et Neve Campbell livrent une performance attachante dans leurs rôles respectifs. Le tour de force du réalisateur reste dans son choix inusité de l'interprète de Lana Lang dans la série Smallville pour interpréter la jeune Musulman tombant amoureuse de Gian. Kristin Kreuk est crédible, sensible et émouvante. Une actrice qui promet un bel avenir, si elle poursuit de tels choix de rôles. Les quelques longueurs minant un peu la trame narrative du récit prouvent que le réalisateur en est à faire ses premières armes avec la caméra. Se donnant à la fois le rôle de réalisateur, scénariste et directeur de la photographie, il s'en tire néanmoins avec les honneurs pour avoir représenté l'Inde sous un angle plus rococo que baroque. Il est difficile de croire (mais c'est vrai) que pas moins de 75% du métrage a été tourné ici même au Canada, dans la province de la Colombie-Britannique et que seulement le reste fut filmé en Inde. Une belle preuve de débrouillardise de la part de l'équipe technique. La musique de Brian Tyler offre quant à elle des élans de Hans Zimmer, ce qui n'est pas inapproprié et offre au métrage une dimension musicale plus nuancée, porteuse du message de tolérance de Vic Sarin.

Côté suppléments, nous retrouvons une piste de commentaires par Vic Sarin et Kristin Kreuk, offrant dans le premier cas un beau survol de son film commenté d'anecdotes et de souvenirs. Dans le second, l'actrice montre une belle retenue de s'exprimer, mais aurait eu avantage à exposer beaucoup plus ses propos. Un documentaire sur le tournage de la production (faisant 50 minutes) s'attarde aux défis relevés par l'équipe technique et des acteurs dans les conditions et le temps qui leur a été alloué pour compléter le tout. Très intéressant, mine de rien. Une galerie d'images de production et une bande-annonce tant en anglais qu'en français vient compléter la galette numérique avec suffisamment d'extras pour ne pas regretter une édition plus fournie.

Le transfert est honnête. Les couleurs sont éclatantes quand elles le doivent et les scènes tournées dans la pénombre offrent une bonne définition. Lorsqu'une source de lumière intervient avec une scène sombre telle une fenêtre dans une prison, les défauts commencent à se voir et gâchent un peu le plaisir d'une scène bien jouée et mise en scène. La bande sonore utilise les enceintes judicieusement, créant un environnement sonore souhaitable pour l'écoute d'un tel film.

Sans être un classique, "Partition" n'est pas un film à ignorer. Les messages véhiculés par Vic Sarin sont importants et jettent un coup d'œil pertinent sur une situation que tout peuple a vécue ou est appelé à vivre. Gérant avec ingéniosité les moments de silence, le réalisateur parvient à créer une ambiance propre à son contexte. Pourvu de suppléments jetant une lumière véritable (comprendre ici: pas d'auto publicité à la Tom Cruise) sur les efforts mis en œuvre pour la création de ce métrage, l'édition proposée par le studio comble les attentes et saura respecter la vision du scénariste-metteur en scène-directeur de la photographie. L'intention principale du film "Partition" ne réside pas seulement en sa dénonciation de l'intolérance raciale et religieuse, mais également sur notre pouvoir d'y changer quelque chose.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments8
Vidéo7
Audio8