Histoire vraie qui questionne intelligemment l'apport au monde et ce que l'on laisse sur Terre, "Le père de mes enfants" s'éloigne du mélodrame d'usage pour proposer des thèmes et des personnages riches de sens.
Un producteur de cinéma (Louis-Do de Lencquesaing) a des problèmes de liquidité, cherchant inlassablement des solutions pour terminer ses films en cours. Cela ne l'empêche pas de bien s'occuper de sa femme (Chiara Caselli) et de ses trois filles. Malgré les temps qui ne sont pas évidents et cette épée de Damoclès qui risque de s'abattre à chaque instant, des solutions apparaîtront peut-être au détour.
Pour son deuxième long-métrage, l'ancienne actrice Mia Hansen-Love qui a été vue dans quelques essais d'Olivier Assayas décide d'adapter la vie du producteur français Humbert Balsan. Ce qui aurait pu chuter dans l'exploitation de bas étage d'un fait simple fait divers se transforme en un regard lucide et touchant sur l'existence, la dévotion face à la famille et la difficulté de combiner emploi gratifiant et solvabilité économique.
En plus d'explorer les rouages du septième art, la cinéaste développe de beaux personnages complexes qui sont campés par d'excellents comédiens malheureusement trop peu connus. Le tout se fait par une économie de moyens à partir d'une histoire qui se développe en deux temps, lumineuse dans sa première partie et plus dramatique par la suite, proposant des quêtes féminines d'une épouse face à son mari, et d'une fille face à son père, avec une conclusion qui donne les larmes aux yeux, une émotion qui ne se veut jamais moussée superficiellement dans le simple but de manipuler le spectateur.
La musique rythmée tend à être plus mélodique au fil des situations. La piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 utilise peu les différentes enceintes (des bruits de voitures, d'eau, de cris et de sonneries de téléphone y ressortent toutefois), se concentrant sur les canaux avant. Les voix sont claires et compréhensibles, pouvant être accompagnées de visibles sous-titres blancs en anglais. Sans payer de mine, l'image affiche une intéressante palette de couleurs et une judicieuse définition des contours. Dommage que les contrastes demeurent un peu trop foncés, et que du blocage puisse apparaître à quelques endroits.
La pochette propose une famille heureuse qui marche dans un lieu entouré d'arbres. Le menu principal du DVD reprend cette pose statique en y insufflant une mélodie active. Hormis la bande-annonce du mignon Soul Kitchen qui apparaît une fois l'insertion du disque, aucun supplément ne se retrouve sur cette édition.
"Le père de mes enfants" parle de cinéma et de famille avec beaucoup d'humanité, interrogeant ce que l'être humain laisse comme traces lors de son passage. Un beau testament, libre et séduisant, qui est malheureusement passé un peu inaperçu lors de son passage en salles. Au moins, il sera possible de réparer cette erreur.
| Film | 7 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |