Purple Butterfly
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Lou Ye
Année: 2003
Classification:
Durée: 127 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Mandarin / Japonais / Vietnamien (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
26 février 2005

Les cinéastes chinois de la 5e génération, tels Zhang Yimou, Chen Kaige et Wong Kar-Wai nous ont apporté une filmographie riche et presque uniformément excellente. Cependant, bien qu'ils aient souvent abordé des thèmes innovateurs, la structure narrative de leurs films demeurait franche et linéaire. Alors que l'on entrait dans le nouveau millénaire, le jeune réalisateur Lou Ye se démarqua de ses prédécesseurs avec Suzhou River, un film complexe et moderne, acclamé par la critique, où la forme, le style, l'ambiance, les couleurs, les acteurs et la musique se fusionnaient pour offrir une expérience cinématographique totale. Il poursuivit dans la même veine en 2003 avec "Purple Butterfly".

Mandchourie (nord de la Chine), 1928. Une jeune Chinoise du nom de Xin Xian (Zhang Ziyi), voit son amoureux japonais Itami (Toru Nakamura) la quitter pour retourner à Tokyo. Alors qu'elle retourne chez elle, son frère est assassiné sous ses yeux par un extrémiste japonais. Trois ans plus tard, Shanghai est non officiellement occupée par le Japon et la tension monte dans la ville. Xin Xian est devenue Ding Hui et a joint les rangs du Purple Butterfly, un mouvement de résistance qui planifie l'assassinat de Yamamoto, le chef des services secrets japonais. Itami est également à Shanghai et travaille comme agent, directement sous les ordres de Yamamoto. Les choses se compliquent à la gare quand des membres du Purple Butterfly confondent Szeto (Ye Liu), un Chinois venu retrouver sa fiancée à Shanghai, avec l'assassin qu'ils ont engagé pour tuer Yamamoto.

Lou Ye utilise ici la même démarche artistique que dans son film précédent. Il y a très peu de dialogues et il laisse les personnages s'exprimer au travers de longs plans rapprochés sur leur visage. Mais lors des scènes d'action, les coupures sont rapides, l'image devient granuleuse et même parfois floue, et la caméra à l'épaule s'agite dans tous les sens pour souligner l'urgence et le chaos dans un style qui s'apparente au réalisme documentaire. L'ambiance du film est lourde et morose. Il pleut tout le temps et tout paraît gris, sale, et usé. L'intrigue n'est pas linéaire et utilise une structure elliptique qui incorpore, sans avertissement, de nombreux retours en arrière. Il faut être attentif parce qu'il est très facile de s'y perdre, surtout que les dialogues sont non seulement rares, mais ils offrent très peu de points de repère quant au déroulement de l'histoire. Le film est long, dense, difficile à suivre et les longs temps morts viendront taxer la patience du spectateur qui éprouvera de la difficulté à s'identifier et à s'attacher aux personnages. Les dernières minutes du film, faites d'extraits de documents d'archives montrant les atrocités subies par les Chinois aux mains des Japonais, sont superflues et ne font que diluer encore un peu plus l'impact émotionnel du film. Cela dit, il fait bon de voir Zhang Ziyi jouer autre chose que les héroïnes de films d'action. Sa prestation rappelle d'ailleurs ses débuts dans The Road Home de Zhang Yimou, où son visage expressif parvenait à transmettre toute une gamme d'émotions malgré un minimum de texte. Impossible de la quitter des yeux tellement elle crève l'écran. Le reste de la distribution est également impeccable.

Il m'est assez difficile de juger de la qualité vidéo de cette édition puisque le réalisateur, comme je le mentionnais plus haut, utilise des choix stylistiques qui rendent parfois l'image granuleuse, floue ou hors focus, et que la palette de couleurs choisie enfonce le film dans la grisaille. L'image, dans les longs plans fixes et les plans rapprochés, m'est donc apparue assez claire et le niveau des contrastes et des détails adéquats. Les visages sont parfois si près que l'on peut presque compter les pores de la peau. Un léger problème de fourmillement de l'image apparaît à l'occasion ainsi qu'une certaine accentuation des contours. La piste sonore manque de dynamisme et l'activité est essentiellement concentrée dans les enceintes avant. Comme il y a peu de dialogues et de musique, l'ajout d'effets ambiophoniques aurait grandement contribué à supporter l'ambiance générale du film. Par ailleurs, les dialogues sont clairs et les sous-titres faciles à lire. Les menus sont simples, accompagnés de musique et joliment animés par des extraits du film apparaissant au travers des ailes d'un papillon. Comme seul supplément, on retrouve la bande-annonce du film ainsi que celles de Chinese Box, In the Mood for Love et Zatiochi.

Malgré le style intéressant de Lou Ye et la qualité de l'interprétation d'ensemble, il m'est difficile de recommander "Purple Butterfly", sauf aux cinéphiles purs et durs qui carburent au cinéma d'auteur. Et même là, leur patience sera rudement mise à l'épreuve. Les amateurs de blockbusters eux, font mieux de s'abstenir puisqu'ils vont s'endormir après dix minutes.


Cotes

Film6
Menu7
Suppléments2
Vidéo7
Audio7