Les secrets de famille sont révélés au grand jour dans "Quelque chose à te dire", une pétillante comédie dramatique provenant de l'Hexagone. Un peu surfait et tiré par les bords, mais extrêmement mordant et divertissant.
Les Celliers ne sont pas au bout de leurs peines. Papa (Patrick Chesnais) est à la retraite et maman (Charlotte Rampling) n'arrête pas de chialer pour des riens. Pendant que le fils aîné (Pascal Elbé) a des problèmes de liquidité, sa jeune sœur et artiste peintre (Mathilde Seigner) tire le diable par la queue. Leur univers volera en éclat lorsqu'un policier (Olivier Marchal) entrera dans leur existence.
Fignolant son style développé dans son précédent Tout pour plaire, la cinéaste Cécile Telerman offre une chronique familiale qui n'est pas sans rappeler Un conte de Noël. Bien que la mise en scène et le résultat ne soient pas aussi éclatants que le chef-d'œuvre d'Arnaud Desplechin, le récit demeure intéressant, présentant une multitude de personnages froids et désagréables qui s'engueulent constamment, se lançant continuellement des propos ironiques et sarcastiques.
Dessinant le tout comme une multitude de poupées russes qui s'emboîtent en traitant de thèmes tels la rédemption, la quête d'amour, la fraternité, la difficulté d'élever ses enfants et de ne pas décevoir ses parents, la réalisatrice complexifie une intrigue qui aurait pu être plus simple, faisant répéter les trames dramaturgiques afin de créer un effet d'entraînement. Vers la fin, ce procédé peut sembler artificiel, mais d'ici là, il n'est pas difficile de mordre à l'hameçon et de suivre avec plaisir ces drôles de destin. Surtout que l'interprétation d'ensemble demeure de qualité, et ce, même si les comédiens réunis campent souvent des rôles qu'ils connaissent par cœur (Rampling la vieille mégère, Chesnais le bourru, Seigner la fatigante, Elbé l'être froid, Marchal le flic, etc.).
L'agréable musique au délicat piano cherche parfois un peu trop à faire surgir des émotions, ce qui peut être lassant à la longue. La piste sonore francophone se concentre sur les enceintes situées à l'avant, ne négligeant jamais les dialogues, qui peuvent être soutenus par de très visibles sous-titres blancs en anglais. La solide photographie n'est pas toujours bien rendue par cette image à peine potable aux couleurs un peu ternes. Quelle chance que les contrastes sauvent la mise en demeurant tout à fait appréciables.
L'ordinaire pochette montre simplement les cinq protagonistes. Quelques bandes-annonces apparaissent une fois l'insertion du disque. Le menu principal du DVD ressemble à une statique photo de famille qui est accompagnée d'une inspirante mélodie. Même en cherchant pendant longtemps, il faut se rendre à l'évidence et accepter qu'aucun supplément ne soit disponible.
"Quelque chose à te dire" est une belle petite surprise, forte en bouche et cruelle par moments. Personne n'aimerait avoir des proches comme les Celliers et le sort réservé aux individus évite généralement le mélo ou les leçons moralisatrices. De quoi vouloir suivre sa créatrice Cécile Telerman qui a récemment travaillé sur le scénario de Le pitch de Radu Mihaileanu, en plus de fignoler son dernier essai qui s'intitule La cigale et la fourmi.
| Film | 7 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |