Si on vous demande de nommer un film qui résume le cinéma de science fiction américain des trente dernières années, cessez de scruter les archives de l'American Film Institute et lorgnez vers l'orient plus précisément au Japon, car le film "Returner" remplit ce mandat haut la main. En effet, cette production fait maintes références aux Independance Day, The Matrix, E.T., Close Encounters of the Third Kind, Terminator et j'en passe. En fait, les analogies sont parfois si fortes qu'on se demande si ce n'est pas un hommage qu'il rend au cinéma américain.
"Returner" raconte l'histoire de Milly (Ann Suzuki), jeune aventurière provenant du futur qui essaie, dans un ultime effort, de sauver la planète d'une totale annihilation. En effet, en 2084, le dernier nid d'humains est sur le bord de tomber face à l'ennemi extraterrestre, les Daggras (mot tibétain signifiant ennemi). Milly sera blessée et recueillie par Miyamoto (Takeshi Kaneshiro), guerrier solitaire qui cherche à venger la mort de son meilleur ami en éliminant son bourreau, Mizoguchi (Goro Kisihitani), mercenaire sanguinaire au service des triades. Miyamoto acceptera, bien malgré lui, d'aider Milly dans sa quête et ils disposeront de 48 heures pour tenter d'exterminer la première présence extraterrestre connue et ainsi tuer dans l'œuf, toute propagation des Daggras.
Takashi Yamazaki signe la réalisation et l'écriture de "Returner" (il a même fait les effets spéciaux). Seulement à son deuxième film (Juvenile est l'autre), il dispose d'un budget surprenant pour un film japonais et il le rend bien, car l'esthétique est vraiment soignée et les effets spéciaux sont bien réussis. Mais, si soigner son apparence est une chose, avoir de la personnalité en est une autre, et c'est là que "Returner" échoue. À faire tant de clins d'œil à différents films, "Returner" oublie une chose essentielle, celle d'avoir sa propre âme. La distribution en souffre et certains dialogues puérils entre les deux acteurs principaux n'arrangent rien. Bref, le réalisateur sait donner dans l'abondance, mais pas dans le raffinement.
Le visuel de ce film est vraiment bien. L'image anamorphosée ne semble pas souffrir d'artéfacts de compression. Ceci est peut-être dû au fait l'image est filtrée donnant au fini une teinte brunâtre sans doute pour accentuer l'aspect de désolation. Le vif des couleurs est par ce fait amoindri et le contraste en souffre quelque peu, spécialement quand on s'approche des noirs. Tous les canaux du volet audio sont largement mis à contribution offrant ainsi un large spectre auditif dans les trois langues disponibles. Le menu est quant à lui statique sur fond vert et bleu et sans appui auditif.
Côté suppléments, on est passablement gâté. Trois minis documentaires (effets spéciaux, direction artistique et les cascades) nous ouvrent des fenêtres sur l'arrière-scène de ce film. Un autre documentaire, sous forme de notes de direction, d'une durée de 55 minutes nous montre le tournage du film et est agrémenté des commentaires du réalisateur et des deux vedettes principales. Il est bon de noter que tous les documentaires proposent des sous-titres en anglais. Quelques bandes-annonces viennent clore ce segment du DVD.
Si on a reproché au cinéma américain de puiser ses idées de scénario à travers le cinéma japonais surtout dans l'œuvre de d'Akira Kurosawa (Seven Samourai, Yojimbo), et bien laissez-moi vous dire que Takashi Yamazaki, avec son film, a décidé de remettre les pendules à l'heure. Hormis les nombreuses références, "Returner" demeure un film de science fiction avec de bons moments, de bonnes scènes d'action et garni d'effets spéciaux parfois surprenants, mais malheureusement entrecoupés de moments ternes. On peut finalement dire, et veuillez excuser le jeu de mots, que "Returner" est ‘nippon' ni mauvais. L'enrobage DVD qu'en fait Columbia Tristar est toutefois digne de mention, car on retrouve de multiples trames sonores, de nombreux choix de sous-titrage et les suppléments y sont nombreux et intéressants.
| Film | 6 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |