Les studios des Saw Brothers ont longtemps été la plus importante société de production de films d'Hong Kong. Leur période d'âge d'or remonte aux années 1960 et 1970 où ils se spécialisaient dans les longs-métrages de kung-fu. Après le triomphe de 36th Chamber of the Shaolin en 1978, une suite a rapidement vu le jour deux années plus tard. Simplement intitulé "Return to the 36th Chamber", ce récit est un des plus célèbres titres de baston du genre. Pour souligner son 30e anniversaire, une nouvelle édition DVD vient tout juste de voir le jour.
D'honnêtes travailleurs subissent les contrecoups d'employeurs cruels. Pour les aider à améliorer leur sort, ils font appel à Chu (Chia Hui Lui qui est plus connu sous le nom de Gordon Liu). Ce dernier prétend être un maître Shaolin, mais lorsque la réalité le rattrape, il n'a aucun autre choix que de trouver un moyen pour recevoir le vrai enseignement de réels maîtres Shaolin. Un exploit qui est plus facile à dire qu'à faire.
Sorte de parodie du premier tome, "Return to the 36th Chamber" du même réalisateur Liu Chia-Liang (aussi appelé Lau Kar-Leung) suit deux courbes dramatiques. La première campe rapidement les motivations des personnages qui se font abuser par les autorités en place, alors que la seconde s'intéresse à l'entraînement fastidieux du héros. Rien n'est traité sérieusement dans ce délire souvent absurde qui rappelle la pertinence de faire quotidiennement des efforts plutôt que de trouver des subterfuges pour arriver rapidement à ses fins. Bien que l'ouvrage ait vieilli et qu'il répond à des codes propres de la Saw Brothers (tout est kitch et exagéré, l'esthétisme rappelle celui de la bande dessinée avec ces êtres en une seule dimension), l'ensemble se regarde avec un gros sourire aux lèvres. La performance de Gordon Liu est savoureuse et les morceaux de bravoure se succèdent à un rythme effarant. Il s'agissait surtout d'une époque bénie où toutes les confrontations n'étaient pas envahies par des effets spéciaux sans âme. Au contraire, la véridicité des cascades donne un charmant cachet au spectacle.
Les images riches et détaillées sont ponctuées de couleurs savoureuses qui n'ont jamais été aussi flamboyantes. Il y a bien quelques séquences plus problématiques où les égratignures prennent beaucoup d'espace, mais dans l'ensemble, le tout demeure très agréable à regarder, surtout ces teintes éclatantes et ces contrastes toujours homogènes. Les mélodies cocasses rappellent que la comédie n'est jamais très loin. Les pistes sonores limitées au Dolby Digital 2.0 négligent les enceintes se situant sur les côtés pour se concentrer à l'avant. Mieux vaut éviter le catastrophique doublage anglais et opter pour des voix en cantonnais ou en mandarin tout en y insérant de très visibles sous-titres blancs anglophones ou espagnols.
La pochette tout à fait dans le ton montre le protagoniste qui est en train de donner une leçon à quelques personnes. Le menu principal du DVD s'ouvre sur un rapide montage de scènes et une musique particulièrement trépidante. Dommage qu'après trois décennies d'existence, aucun supplément ne vient compléter le résultat final.
"Return to the 36th Chamber" est un divertissement exemplaire qui n'a pas besoin d'effets spéciaux ou de grosse technologie pour faire passer un bon moment. Le charme suranné fait plaisir à voir, tout comme la simplicité du scénario qui rappelle que des fois, toutes les raisons sont bonnes de s'entraîner pour pouvoir donner une raclée aux méchants. Un bonheur certain en attendant la prochaine édition de Fantasia.
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 6 |