Originalement titré "Cauldron of Death" (Le Chaudron de la Mort), "Ricco" est ici restauré dans une copie non-censurée. Bien que le scénario morde à belles dents dans ces deux derniers films sans vergogne, force est de constater qu'il y a là matière à s'étendre sur les racines du cinéma à Tarantino puisqu'on retrouve ici beaucoup d'éléments chers à l'auteur de Pulp Fiction.
Ricco (Christopher Mitchum, le fils de Robert Mitchum!) sort tout juste de prison après y avoir passé deux années. Il reprend contact avec ceux et celles qu'il aime, notamment sa sœur et son amant ainsi que sa mère. Son père ayant récemment été abattu, toute sa famille lui réclame vengeance, qu'il justifie cet affront. Ricco étant de nature à ne pas réellement savoir ce qu'il veut (ce qui amène plusieurs longueurs et beaucoup de phrases comme : "I don't know"), il pèse donc ce que l'on demande de lui et en vient à se faire justice lui-même. Lorsque la menace plane à nouveau sur sa famille, Ricco tâche de reprendre contact avec Rosa, son ancienne amie de cœur (Malisa Longo, vue dans Black Emanuelle). Mal lui en prend puisque Don Vito (Arthur Kennedy) envoie des tueurs pour liquider ce qui lui reste d'appartenance.
Hybride de Godfather et Summertime Killer, le dernier mettant également en vedette Christopher Mitchum et présentant une trame narrative très similaire, ce "Ricco" ne possède toutefois aucune des qualités de ses prédécesseurs. Se vautrant dans une boucherie et un acting d'une nullité qui ferait passer Uwe Boll pour Peter Jackson, le film est toutefois intéressant à regarder par ce qu'il propose des prises de racines possible pour l'un des plus grands de notre génération : Quentin Tarantino, ayant lui-même pigé énormément dans le cinéma des années 70 et 80. Puisqu'il s'agit d'un film d'exploitation, on n'échappe pas à la règle de l'horreur gratuite, l'érotisme généreux et des scènes de chorégraphie réalisées à la dernière minute. Le tout est d'une hilarité telle que l'on en pouffe de rire, ce qui est bien puisque si on prend le film au sérieux, on est mal barré. Bien peu d'éléments sont d'ailleurs ragoûtants dans ce portrait tracé grossièrement de la mafia, surtout cette scène de castration (Hostel II n'a rien inventé) non-censurée juste avant de plonger la victime dans une cuve pleine d'acide. Même les acteurs sont minables, à commencer par Christopher Mitchum qui livre ici un Ricco monocorde et insensible, et lorsque ce dernier est touché par balle, il ne meure pas immédiatement... en fait il n'a même pas l'air dérangé par le nouvel orifice. Il reste néanmoins les silhouettes admirables de Barbara Bouchet et Malisa Longo à reluquer, qui offrent le véritable clou du film. Respectivement, l'une dans un numéro d'effeuillage impliquant une voiture (c'est donc de là que vient ce fantasme de la femme et de la mécanique?), l'autre dans une nuisette ne laissant que peu de place à l'imagination.
En guise de suppléments, nous avons une entrevue avec Christopher Mitchum qui parle en rétrospective de son expérience sur le film et comment il en est venu à être acteur alors qu'il voulait étudier la littérature. Une galerie d'images et la bande-annonce originale du film sont incluses et complètent ainsi le lot. Comme pour Tragic Ceremony, c'est peu, mais mieux que rien.
L'image est bien nettoyée. Les couleurs demeurent au beau fixe et la saturation, un peu plus haute qu'à la normale, ne dépasse toutefois pas le cadre. Le grain subsistant ne gâche pas la définition du film ni les actions des scènes. La profondeur de champ est très respectable et permet de voir le film dans une copie qui n'a pas due être vue ainsi depuis son arrivée en salle. Le son, disponible uniquement en doublage anglais, est d'une pitrerie qui complète l'ensemble. Le doubleur du personnage principal achève toute crédibilité de l'acteur avec un discours encore plus monocorde que son acting et les autres doubleurs ne font qu'augmenter le ridicule et la caricature du milieu de la mafia. En somme, du plaisir hurler de rire. La page principale est musicale et fixe tandis que le reste demeure fixe et muet.
On peut reprocher bien des choses au cinéma italien de ce type, entre autres de profiter d'une vague reprenant les succès d'ailleurs, mais la jubilation de ne pas voir un réalisateur reculer devant un scénario aussi gore est telle qu'on lui pardonnerait presque ces écarts et manques d'imagination.
| Film | 5 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |