Œuvre verbeuse et parfois maladroite mélangeant politique et romance, "Rive droite, rive gauche", qui est originellement sorti en 1984, revit une deuxième fois pour une seule et bonne raison: la présence au générique de Gérard Depardieu et de Nathalie Baye, deux acteurs qui se plaisent à jouer ensemble. Pour le reste, il n'y a rien de très mémorable au menu.
Paul (Depardieu) est un avocat brillant qui a des problèmes de conscience depuis qu'il défend Pervillard, un président se croyant au-dessus de la loi qui n'hésite pas à poursuivre n'importe quel journal. Un jour, Paul - qui est également père de famille - a le béguin pour Sacha (Baye), une relationniste qui cherche à vivre selon ses principes. Lorsque l'avocat décide de larguer son important client, le monde s'arrête... pour le meilleur et pour le pire.
Ancien journaliste, écrivain et travaillant maintenant dans le monde de la télévision, Philippe Labro a flirté avec la réalisation. De 1969 à 1984, il a mis en scène sept longs-métrages qui se déroulaient généralement dans des environnements troubles et claustrophobes. Son dernier en liste, "Rive droite, rive gauche", est loin d'être son meilleur ouvrage. Le climat est toutefois prometteur. Les films français se déroulant au tribunal sont rares... et il faudra passer son chemin, car celui-ci se déroule dans les coulisses du pouvoir. Il y a des politiciens véreux, de l'argent sale, de la corruption, des femmes qui doivent évoluer dans un monde conçu par des hommes, etc. Un enrobage délicat qui tient généralement bien la route avant de frapper un mur à mi-chemin.
Du drame au suspense, le récit prend pratiquement le bord pour laisser toute la place à une histoire d'amour extrêmement kitch et quétaine rappelant parfois les écrits de Danielle Steel. Personnage fort et convaincant, Sacha abandonne ses convictions pour tomber dans les bras d'un homme qu'elle connaît à peine lorsque sa carrière est en péril... Et c'est sans compter sur ce lot d'invraisemblances, de dialogues inégaux et d'individus légèrement stéréotypés (Carole Bouquet n'est pas particulièrement convaincante dans le rôle de l'épouse de Paul) qui handicapent la bonne progression de l'ensemble. Le duo d'interprètes est toutefois efficace. Gérard Depardieu en fait des tonnes et il crève l'écran avec son sourire et son sens de la répartie. Sans doute plus consciencieuse, Nathalie Baye se veut plus subtile, s'affirmant néanmoins dans des séquences plus exigeantes.
La musique de Michel Berger se veut pratiquement un personnage à part entière. Les élans musicaux sont musclés, souvent attrayants et même grandiloquents, de quoi revigorer les tympans tout en faisant sourire au passage. Devant une piste sonore francophone peu édifiante et l'absence totale de sous-titres, les voix demeurent toujours claires et compréhensibles. Les images poussiéreuses carburent au grain, aux égratignures, aux couleurs peu vivantes et aux contrastes beaucoup trop sombres. Il n'y a rien pour freiner le visionnement, mais rien pour le faciliter non plus.
La pochette peu attrayante présente des photographies de Depardieu, de Bouquet et de Baye. Le menu principal du DVD se limite à un simple montage de quelques scènes et à une mélodie incroyablement dramatique. Mis à part la sélection du long-métrage, il est impossible d'accéder à une scène précise... et il ne faut surtout pas chercher de suppléments, car il n'y en a aucun.
"Rive droite, rive gauche" n'est pas cette représentation géographique de Paris, mais plutôt un constat primaire et sans grande profondeur de cet homme qui se trouve à la droite du pouvoir et de cette femme qui se positionne à sa gauche pour changer la donne. Outre la confrontation Depardieu-Baye, le film a peu à offrir en terme de suspense et de drame. Surtout que les enjeux sont rapidement court-circuités par une romance collante et peu cohérente.
| Film | 5 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 6 |