Production mélodramatique inspirée d'une histoire vraie et destinée aux enfants, "Rosso come il cielo" ("Rouge comme le ciel") finit par toucher une corde sensible malgré son abus de musique et de morales.
En 1971, Mirco (Luca Capriotti) habite avec ses parents en Italie. Après un terrible accident, il perd la majorité de sa vision. Envoyé dans un centre fermé qui décourage les enfants non-voyants en les résignant à une existence morne et ennuyeuse, le jeune garçon de dix ans se fait des amis en montant des numéros à l'aide d'un magnétoscope à bandes. Cette passion pour le cinéma lui permettra de devenir ingénieur de son.
Ayant remporté une multitude de prix dans différents festivals à travers le monde, "Rouge comme le ciel" du cinéaste Luca Capriotti ressemble à une rose: son parfum charme autant que ses épines irritent. Qui ne voudrait pas montrer à ses jeunes enfants cette noble histoire sur le courage, l'amitié et l'espoir? Que peu importe les aléas du destin, la vie a toujours le dernier mot? Un synopsis positif et nécessaire qui est porté par une mise en scène sensible et la performance vibrante de Luca Capriotti.
Pourtant, il est légitime de se méfier de cet essai qui cherche ardemment à faire pleurer. La construction dramatique n'est pas des plus honnêtes et la jolie musique d'Ezio Boss, à mi-chemin entre Yann Tiersen et Philip Glass, est utilisée à toutes les sauces, dénaturant parfois l'émotion tant escomptée. Les dialogues moralisateurs et les situations larmoyantes ne font qu'enfoncer un peu plus loin la charge, empêchant le long-métrage de toucher la grâce.
Les pistes sonores utilisent subtilement les enceintes pour y faire ressortir des bruits de voix et d'instruments musicaux. Les dialogues s'entendent correctement et il est possible de choisir entre une honnête traduction francophone ou de sélectionner la langue originale italienne et insérer de potables sous-titres jaunes en anglais ou en français. L'image manque parfois de tonus, de nuance. Il y a du grain, du blocage, et des contrastes inégaux. La qualité des couleurs et des teintes demeure acceptable malgré quelques passages moins appréciables.
La pochette dans des tons de blanc et de noir montre un enfant à côté d'un magnétoscope à bandes. Le menu principal du DVD offre plutôt un montage de scènes qui semble danser sur une belle mélodie. Les seuls et uniques suppléments consistent à six bandes-annonces, dont une de "Rouge comme le ciel".
Au final, "Rosso come il cielo" est un essai pour toute la famille qui séduira davantage les petits que les grands. Les jeunes âmes n'auront aucune difficulté à s'identifier à ce héros qui possède beaucoup de fougue, alors que les adultes se demanderont pourquoi le tout est si appuyé et pour quelles raisons cet amour que possède le personnage principal envers le septième art n'est pas davantage exploité (il aurait été si facile de jouer avec le son pour créer une véritable expérience cinématographique).
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 6 |