Il y a très peu de temps que je suis au courant de l'existence du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. D'abord, un compagnon de travail a raconté à l'équipe que sa mère s'y rendait pour un mois, mais je croyais que c'était un simple endroit comme pour une retraite. Mais voilà qu'une nouvelle employée du bureau s'y est rendue l'an dernier et nous est arrivée avec des photos. Elle nous en parlait de la marche comme si c'était la dernière merveille du monde, mais les plus jeunes du bureau la trouvaient un peu trop... spirituelle si on peut dire. Mais plus j'en entends parler, plus ce voyage semble fascinant.
Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle est un pèlerinage chrétien, dont le but est de se rendre au tombeau de Saint Jacques, apôtre du Christ, dans la crypte de la cathédrale de la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne). En effet, depuis le IXe siècle, l'Église locale prétend posséder les reliques de l'apôtre à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Au Moyen Âge, il comptait parmi les trois grands pèlerinages de la Chrétienté, avec le pèlerinage de Rome (recueillement sur les tombeaux de Saint Pierre et Saint Paul) et le pèlerinage de Jérusalem (recueillement sur le Saint-Sépulcre). Paris, Vézelay, Arles et Le Puy-en-Velay sont les points officiels de départ de ce pèlerinage, mais les gens peuvent entreprendre leur marche à partir de centaines de points à travers l'Europe. L'histoire qui nous concerne prend son envol au dernier de ces points.
Au décès de leur mère, deux frères et une soeur apprennent qu'ils ne toucheront un important héritage que s'ils font ensemble et à pied la marche de Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Pierre (Artus de Penguern) est un riche bourreau de travail accro aux médicaments, Clara (Muriel Robin) est une enseignante qui chiale toujours et Claude (Jean-Pierre Darroussin) est un alcoolique qui n'a jamais travaillé de sa vie. Ils se détestent presque autant que cette marche. Avec leur guide Guy (Pascal Légitimus), ils seront rejoints par d'autres personnes. Il y a Camille (Marie Kremer) et son amie Elsa (Flore Vannier-Moreau) qui ont reçu la marche comme cadeaux de fin de BAC, Mathilde (Marie Bunel) en rémission d'un cancer ainsi que le franco-arabe Saïd (Nicolas Cazalé) et son cousin Ramzi (Aymen Saïdi). Le film tire son titre de ces deux derniers personnages. Saïd a convaincu son cousin un peu naïf que ce chemin menait à La Mecque, mais en réalité Saïd poursuit Camille. Chacun a ses problèmes, même le guide, mais cette longue marche leur sera aussi un chemin intérieur.
Nous avons affaire ici à "road movie" très différent de l'habituel, surfant sur la vague compostellane. Ce film n'est pas un guide pour faire comprendre au grand public le phénomène qui attire des milliers de gens à chaque année, mais une réflexion à peine déguisée sur la bonne entente et les priorités dans la vie à travers neuf individus, certains là par cupidité, par fidélité, pour leur besoin d'aimer ou d'être aimés. Mais au bout du chemin, ils ont grandi et se sont transformés. Quiproquos, conflits, amours et rêves meublent la route. Les rêves de chacun sont illustrés dans des séquences surréalistes qui contrastent énormément avec le côté concret des paysages de la marche.
La compression numérique de ce disque est bizarre. Certaines fois, c'est tout à fait magnifique, alors que lors de petits moments il y a une quantité phénoménale d'artéfacts même pas difficile à repérer. Un moment donné, plein de lignes sont apparues autour de la tête de Guy lors de son passage devant un buisson et ailleurs un très beau panorama s'est complété par des lignes d'escalier au point de l'horizon. C'est tout à fait dommage. On peut se consoler avec les magnifiques couleurs du paysage qui sont au rendez-vous! Il y a très peu de musique dans la piste sonore du film, alors que les dialogues sont maîtres. Heureusement pour nous, le son est très clair, mais cela n'empêchera pas certaines expressions de rester incompréhensibles pour nous Québécois. Des sous-titres français auraient été bien appréciés. Le menu du DVD est bien fait, avec des transitions qui font déplacer l'image principale vers un autre panorama d'options. J'ai été surpris de retrouver quelques suppléments sur ce disque, dont de très intéressantes scènes retranchées qui comprennent entre autres quelques malaises de plus. Il y a cet argument féministes / Musulmans entre Camille et Saïd qui sort très captivant du lot. Pour terminer, il y a une bonne longueur de bloopers et les sessions d'enregistrement des chansons du film qui sont beaucoup plus nombreuses que j'avais perçu.
Voilà un intéressant film dont je n'aurais probablement jamais vu si ce n'était de cette compagne de travail qui en avait entendu parlé de celui-ci lors justement d'une marche vers Compostelle. Comme dans le film, on a le temps de parler de n'importe quoi en marchant!
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 6 |