Scenes of a Sexual Nature
Mongrel Media

Réalisateur: Ed Blum
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 91 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
19 septembre 2007

Des mots, des verbes et des quiproquos volent la vedette aux situations coquines dans "Scenes of a Sexual Nature", un long métrage non dénué d'humour qui frôle l'anecdote. L'art d'utiliser le plus vieux sujet du monde sans rien en tirer de nouveau. Pour le titillement des oreilles, sans plus...

Sept couples et autant d'histoires se définissent autour du sexe. Dans le désordre, une jolie fille qui lit L'étranger de Camus attire les regards d'un homme, une famille qui s'aime va bientôt divorcer, deux anciens amoureux se retrouvent sur un banc, une femme qui vient de rompre se fait aborder par un inconnu, deux homosexuels discutent de l'adoption, etc.

Ce film britannique pourrait ressembler - en moins réussi - au récent Bluff québécois. Des vedettes locales ont accepté de tourner pendant quelques journées plusieurs scènes et, au final, ces nombreux segments se regroupent et se superposent. Au lieu de parler des mystères d'un vieil appartement, place aux charmes de l'amour. En isolant chacune des séquences, les petites histoires s'avèrent inégales, mais elles ne manquent pas d'entrain. Il y a des répliques cinglantes, des constatations sur le temps qui passe, des propositions indécentes qui prennent rapidement le bord et des incompréhensions multiples.

Cependant, il n'y a aucun réel fil conducteur pour lier toutes ces parties. Les personnages ne se croisent pratiquement pas, ils ne s'éloignent jamais réellement des chemins consensuels (amitié, famille, désir, passion) et une fois leur tour de piste, ils reviennent trop rarement à l'écran. Au lieu d'un long métrage de 90 minutes, pourquoi ne pas avoir alterné les sketchs comme l'avait fait Woody Allen avec son bien nommé Everything You Always Wanted to Know About Sex, But Were Afraid to Ask? L'impact aurait été plus grand.

Aucun des comédiens, généralement très en verve, ne se démarque réellement. Et il ne faut surtout pas croire la pochette plus que trompeuse. La jolie fille sur la pelouse ne sera pas aperçue très longtemps et le toujours excellent Ewan McGregor joue un rôle plus que mineur. Au contraire, il n'y a qu'un protagoniste, le sexe, qui prend plusieurs faces, incapable d'unicité ou de frivolité, plus intéressé à souligner timidement certains aspects que de plonger profondément au cœur du sujet.

La qualité des images demeure à double tranchant. Les paysages extérieurs sont jolis, baignés dans un soleil continuel. Ce mélange de verdure, de nature et de grand espace donne simplement le goût d'aller s'isoler dans un parc. Cependant, le manque de détails est un peu flagrant. Les teintes blanches dominent, mettant souvent au tapis les autres couleurs. Un coup d'œil qui finit par perdre son impact.

Le combat entre le bon et l'oubliable continue à se tenir sur le plan du son. La musique est harmonieuse et orchestrale, une véritable mélodie du bonheur pour les tympans. Beaucoup plus que cette seule piste sonore anglophone en Dolby Digital 2.0 qui offre très peu d'effets des différents haut-parleurs. L'absence totale de sous-titres signifie qu'il faudra repasser en boucle le film pour bien saisir les intonations et les conations des phrases, souvent trop murmurées dans des accents qui sont loin d'être évidents.

Le menu principal du DVD comporte uniquement des bancs de bois où il est écrit le nom des icônes! La navigation est aisée et la chanson charme instantanément, mais ce que c'est laid! Les suppléments se regroupent autour d'un long documentaire de 38 minutes. Acteurs, réalisateur et producteurs analysent les thèmes et la progression du récit en se félicitant à chaque tournant. Un peu de retenue n'aurait pas fait de tort. Les informations amenées finissent par être intéressantes et le montage aurait pu être bien pire. Il y a ensuite un court métrage de huit minutes intitulé "The Last Post" racontant les péripéties au bureau de poste de deux personnes qui décident d'envoyer une importante lettre au même endroit. Amusant. Le tout se termine sur la bande-annonce originale qui résume bien le propos.

Il ne faut surtout pas mordre aux deux hameçons de "Scenes of a Sexual Nature". Malgré son titre, il n'y a rien pour exciter les esprits et les adeptes de l'interprète du mémorable Trainspotting seront déçus de sa présence si effacée. Pourtant, derrière ces fausses promesses, il y a un peu de fraîcheur et d'humour. À condition de n'avoir aucune attente et de ne pas détester les nombreuses pièces de casse-tête qui ne s'assemblent pas parfaitement.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments6
Vidéo6
Audio6