Cayeux Sur Mer est une petite station balnéaire française donnant sur l'Atlantique. Son économie provient du tourisme, de la pêche et surtout de ses galets. Si quelques semaines de repos à contempler l'immensité océanique apparaissent comme un tonique vivifiant, il peut en différer pour ceux qui y vivent en permanence.
C'est sur cette prémisse que Julie Lopes-Curval présente son premier film intitulé "Seaside". Parmi les habitants de Cayeux se trouve Marie (Hélène Fillières), jeune et jolie fille aux airs tristes qui fréquente Paul (Jonathan Zaccaï), le maître nageur et épicier du village. Ce dernier s'inquiète d'une mère (Bulle Ogier) qui succombe trop facilement aux vices du jeu. Pierre (Jauris Casanova) est devenu photographe de mode et vit maintenant à Paris. À l'été, il revient au bercail pour y passer quelques semaines de vacances avec sa copine. Il y a également Albert (Patrick Lizana), jeune cadre de l'usine de galets qui y travaille plus par hérédité que par choix. C'est à travers une tranche de vie d'une année que l'on assiste au quotidien de ces personnages qui, comme la mer, sont réglés comme les marées et qui deviennent d'une monotonie corrosive au fil des saisons.
Ce film rappelle certains classiques d'Éric Rohmer, en l'occurrence Pauline à la plage, autant par son rythme lent que par sa splendide cinématographie. Les dialogues sont savamment construits et où bien souvent quelques mots échangés suffisent et donnent une très grande place au langage corporel. Les réponses se cachent dans l'abîme d'un regard, dans une gestuelle réactive et même dans les galets de Cayeux. La réalisatrice réussit à créer un canevas unique et surtout y conserver le même rythme et la même fraîcheur tout au long des 88 minutes de ce film.
Le rendu visuel est simplement saisissant. La beauté froide de l'Atlantique est étalée dans toute sa splendeur pour finalement venir s'échouer sur les plages de Cayeux. Les tons feutrés de bleus et de gris donnent une atmosphère surréaliste au film dont la cinématographie est signée par Stephan Massis. L'image proposée est d'une netteté exemplaire. Aucun artéfact de compression n'est à signaler. Certains plans sont parfois plus granuleux, mais sont généralement de courtes durées.
Seule une piste sonore en français est proposée. Les voix et dialogues sont facilement perceptibles. Quoique surtout orientée vers les enceintes avant, cette trame nous rend bien l'ambiance de la mer à travers tous les canaux. Il n'y manque que l'odeur saline! La belle musique de Christophe Chevalier et Nicolas Berger se marie parfaitement au film et emprunte des rythmes rappelant Les vacances de M. Hulot. Il y a cependant un petit bémol à cette trame sonore. Des sous-titres anglais y sont greffés en permanence.
Le menu est une véritable carte postale. On y voit la mer à perte de vue par une belle journée sans nuages pendant qu'un air accrocheur vient nous chatouiller l'ouïe. C'est presque un sacrilège que de choisir une des options du menu tant l'image est belle et relaxante. En guise de suppléments, on nous propose une biographie écrite des principaux comédiens en plus d'une galerie de photos et de notes écrites de la réalisatrice. Cinq bandes-annonces de films disponibles chez First Run Features complètent cette section.
Julie Lopes-Curval nous propose une remarquable étude de mœurs sur deux générations d'habitants vivant dans un petit village côtier. Elle a d'ailleurs remporté la "Caméra d'Or" à Cannes en 2002 à titre de meilleur premier film. Elle nous rappelle que si les galets de Cayeux ont la chance d'être remis à la mer dans le but d'en corriger les impuretés, il en est tout autre pour ses habitants. Je vous recommande cette petite perle de mer ne serait-ce que pour la contempler quelques heures.
| Film | 8 |
| Menu | 7 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |