La vie d'espions n'est pas toujours de tout repos dans "Secret défense", un suspense généralement captivant et haletant qui fait fi de ses quelques invraisemblances pour divertir avec intelligence.
Il n'y a souvent que la foi qui sépare un membre du gouvernement d'un terroriste, surtout dans leur façon d'infiltrer l'ennemi. Après avoir échoué à un important examen, Diane (Vahina Giocante) est recrutée par Alex (Gérard Lanvin) afin d'infiltrer une organisation libanaise. Lors d'un séjour en prison, Pierre (Nicolas Duvauchelle) reçoit la protection d'un groupe influent qui projette d'organiser un attentat contre la France. Chacun de leur côté, Diane et Pierre sont manipulés par des puissances supérieures et ils pourront difficilement retrouver une existence normale.
Ce drame d'action n'a presque rien à voir avec le tonitruant True Lies. Il s'agit plutôt d'une étude psychologique prenante sur la façon de convaincre des hommes et des femmes d'adhérer à une cause. Il y a le recrutement, l'enseignement et le passage à l'acte. La première partie, peut-être plus verbeuse et intéressante, lève le voile sur ce métier extrêmement dangereux. Le dernier tronçon fait croiser les différents destins en ne lésinant pas sur les séquences explosives. À tel point que les belles promesses du début sont parfois oubliées devant une conclusion inutilement musclée, parsemée de révélations qui ne surprennent jamais complètement.
Au sein de cet exercice émanent quelques visages qui ont la gueule de l'emploi. Gérard Lanvin incarne avec vigueur et rigueur cet être complexe qui est prêt à sacrifier son bonheur pour son pays. Face à lui se trouvent quelques acteurs (Simon Abkarian, Mehdi Nebbou) particulièrement convaincants. Les jeunes loups ont cependant des os moins consistants à gruger. Le personnage de Nicolas Duvauchelle semble s'évaporer à mesure que l'histoire progresse, alors que celui de Vahina Giocante s'avère plus ou moins bien développé, renvoyant parfois à la très populaire Nikita de Luc Besson.
La mise en scène de Philippe Haïm (cinéaste du raté Les Dalton) se veut glaciale et stylisée, empruntant une riche palette de couleurs froides. Les solides images sont donc au service de l'atmosphère, tout comme les étonnants contrastes qui laissent de la place aux ombres. De quoi embarquer rapidement dans le récit, et ce, même si cette dynamique est loin d'être inédite. La piste sonore francophone est de bonne facture, faisant ressortir des différentes enceintes des bruits de jappements de chiens, de trains, de klaxons, de mouettes et de métro. Les voix, toujours audibles, peuvent être secondées de très visibles sous-titres blancs. La musique descriptive suit autant des airs arabes, rock et pop, y allant de quelques clins d'œil pas toujours inspirés, tout en augmentant le débit lorsque des vies sont en jeu.
La magnifique pochette dans des tons de noir, de bleu et de gris à l'effigie des principaux comédiens respecte parfaitement l'ambiance du long-métrage. Le menu principal du DVD reprend ce concept malheureusement statique. Une intéressante mélodie instrumentale pas très éloignée des rythmes hip hop se fait toutefois entendre. Aucun supplément ne vient approfondir les thèmes explorés.
Même s'il cède trop souvent le pas à l'action, "Secret défense" est un suspense fascinant sur l'envers des agents secrets. Bien réalisé et correctement interprété, l'ensemble ne tarde pas à séduire, donnant le goût à une plongée encore plus poussée et nourrie sur ce métier qui a inspiré tant de films.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |