Isabel Coixet est une réalisatrice espagnole qui s'est fait connaître il y a trois ans avec son film My Life Without Me qui mettait en vedette son actrice fétiche, la canadienne Sarah Polley. Le film dont il est ici question est également interprété par Polley, qui a cette fois comme partenaire l'américain Tim Robbins. J'avais assez peu apprécié le film dont il est question plus haut, de même que Things I Never Told You, premier succès de la réalisatrice en 1996. Je leur reprochais leur lenteur, leur maniérisme exacerbé, qui ne servaient à mon avis qu'à combler les lacunes du scénario.
Avec "The Secret Life of Words", Isabel Coixet réussit selon moi son meilleur film. L'histoire est plus solide que dans ses précédents opus. Une jeune fille sourde vit dans un appartement très froid et travaille dans une manufacture. Voilà à quoi ressemble sa vie, identique jour après jour. Un jour, son patron la fait venir dans son bureau pour lui signifier que ses collègues de travail se plaignent du fait qu'elle ne prenne jamais ses vacances, ce qu'ils considèrent comme un recul syndical. Hanna se voit donc contrainte de quitter son emploi pour un mois. Par un curieux concours de circonstances, elle se retrouve sur une plate-forme pétrolifère où elle doit s'occuper d'un grand brûlé (Robbins). Pour une raison obscure, cette jeune fille coincée se fait passer pour une infirmière et côtoie durant quinze jours les travailleurs de la plate-forme. On finit toutefois par comprendre ce qui l'a conduite à ce mensonge de même qu'à sa vie hyper rangée. L'homme dont elle doit s'occuper a perdu temporairement la vue. Ils n'ont donc plus qu'un sens en commun et c'est la parole. Et ils se parleront, comme ils ne l'ont jamais fait dans leur vie. Hanna s'ouvre grâce à cet homme. Elle accepte enfin de faire face aux blocages de son enfance. Et cet effort qu'elle consent pour donner une nouvelle chance à la vie débouche sur un grand espoir, comme on le constate avec la dernière image du film.
Évidemment, ces films au développement lent et sans grand dialogue où l'accent est mis davantage sur l'émotion que sur l'action ne plaisent pas à tous. Dans mon cas, ils ont le don de m'énerver. Mais dans ce cas, je dois avouer que j'ai tout de même été séduit. Séduit d'abord par le jeu des principaux protagonistes, Robbins et Polley. Séduit, ensuite, par l'atmosphère étrange que la réalisatrice parvient à installer. On est indubitablement dans son monde, dans son univers et pour autant que l'on fasse l'effort d'y embarquer on passe un bon moment. Il est également intéressant de voir comment la vie et l'attitude des autres marins sur la plate-forme se transforment au fur et à mesure que s'approfondit la relation entre Hanna et son patient. Je tiens également à souligner la présence toujours lumineuse de Julie Christie dans un rôle un peu mince, mais tout de même important pour l'intrigue.
La qualité technique du film est irréprochable. Par contre, on n'a inclus aucun supplément, si ce n'est la liste des autres films inclus dans cette collection distribuée par Mongrel sous la bannière "The Festival Collection". Les amoureux de cinéma de répertoire devraient surveiller cette intéressante collection où ils trouveront certainement leur compte.
Bref, bien que je privilégie personnellement les films avec davantage d'action, je conseille tout de même l'écoute de ce film qui recèle plusieurs beaux moments et qui permet d'admirer deux grandes performances de comédiens.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |