Shogun Assassin
Koch / AnimEigo / Toho

Réalisateur: Robert Houston
Année: 1980
Classification: NR
Durée: 85 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres: Anglais (pour textes japonais)
Nombre de chapitres: 30
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
4 septembre 2006

Écrite par Kazuo Koike et illustrée par l'artiste Goseki Kojima, la manga Lone Wolf and Cub ("Kozure Okami") était très populaire au Japon dans les années 1970. Cette fresque épique, qui s'étalait sur 28 volumes de près de 300 pages chacun, dépeignait le monde cruel et violent des samouraïs de l'ère Tokugawa (1603-1867). Plusieurs produits dérivés suivirent, dont six films, quatre pièces de théâtre et une série télé. Pourquoi cette intro? Parce que "Shogun Assassin" n'est pas une production originale, mais un collage effectué à partir des deux premiers films de la série (environ onze minutes de Sword of Vengeance et 70 minutes de Baby Cart at the River Styx), doublé en anglais, accompagné d'une nouvelle partition musicale et sorti en salles en Amérique du Nord en 1980. Avec le temps, le film s'est attiré un auditoire culte considérable et a influencé de nombreux réalisateurs, dont Quentin Tarantino et John Carpenter.

Le samouraï Ogami Itto (Tomisaburo Wakayama) est le bourreau officiel du Shogun, celui qui tranche la tête des condamnés à mort par le rituel du seppuku (hara-kiri). Quand le clan rival du Yagyu assassine la femme d'Ogami et détruit l'emblème du Shogun, ce dernier, convaincu qu'Ogami est responsable et qu'il l'a déshonoré, l'oblige par décret à commettre le seppuku. Refusant de s'enlever la vie pour un crime qu'il n'a pas commis, Ogami s'enfuit avec son jeune fils Daigoro (Akihiro Tomikawa) et jure de détruire le clan Yagyu. Contraint à une existence de nomade, le ronin déchu parcourt les routes, poussant devant lui le landau en bois de Daigoro et offrant ses services comme assassin à qui peut se les payer. Mais le périple du loup solitaire et de son louveteau laissera une traînée de sang et de cadavres, alors qu'ils sont poursuivis sans relâche par les assassins du clan Yagyu et par ceux du Shogun, dont les fameux Maîtres de la Mort, un trio de ninjas réputés invincibles.

En théorie, "Shogun Assassin"n'aurait pas dû fonctionner du tout et n'être rien d'autre qu'un produit bâtard tout juste bon à pousser les fans de la série originale à la crise d'apoplexie. Mais étrangement, ça marche! Le réalisateur Robert Houston, une des vedettes du classique de l'horreur The Hills Have Eyes de Wes Craven, et le scénariste David Weisman ont amputé les films originaux des aspects plus mélancoliques, mais ont gardé toutes les scènes d'action. Les personnages sont moins développés, mais l'intrigue demeure cohérente, soutenue par la narration omniprésente du personnage de Daigoro (encore un truc qui aurait pu facilement taper sur les nerfs). Celui-ci parle beaucoup de son père, un homme taciturne et introverti qui n'a, à priori, rien du héros, et son propos teinté de philosophie sert à établir le lien de vengeance qui les unit. Le rythme est enlevé et les scènes de carnage se succèdent, véritables orgies de membres sectionnés accompagnés de geysers de sang écarlate. Ogami parle peu, mais il a toujours les sens en alerte et son habileté à manipuler le katana est inégalée. Même le petit Daigoro est mis à contribution puisque son landau est une véritable machine de guerre, qui cache épées, poignards et autres armes. Les combats sont brefs et furieux, et se terminent inévitablement alors qu'Ogami et Daigoro poursuivent leur chemin, laissant derrière eux les cadavres mutilés de leurs assaillants baignant dans une rivière de sang.

Oubliez les copies pirates de piètre qualité qui circulent sur internet et même l'édition de région 2 offerte au Royaume-Uni, puisque la compagnie AnimEigo a complètement reconstruit "Shogun Assassin" à partir du matériel source utilisé pour ses versions remastérisées des films de la série Lone Wolf and Cub. Le résultat est impressionnant, puisque le transfert anamorphosé offre une image claire et passablement propre, malgré quelques taches et égratignures. Les couleurs sont riches et naturelles, et le niveau des contrastes et des détails est adéquat. Certaines scènes paraissent un brin sursaturées et on peut noter un léger flottement de l'image à l'occasion, mais au bout du compte, même si on n'atteint pas la perfection, jamais ce film n'aura aussi bien paru en format DVD. La piste audio en Dolby Digital 2.0 a également été nettoyée et est plus qu'acceptable. On peut entendre ça et là un léger sifflement, ainsi qu'un peu de distorsion, mais rien de très dérangeant. Évidemment, il ne faut pas chercher de piste audio en japonais, puisque le film est présenté tel que vu en salles en Amérique du Nord en 1980. Des sous-titres optionnels sont offerts, qui traduisent en anglais les différents écriteaux et panneaux qui ornent les décors. La présentation est standard et le boîtier simple ne contient pas d'encart. Les menus sont de facture classique, animés d'extraits du film et accompagnés de musique. Comme suppléments, on retrouve des notes de production ainsi qu'une leçon d'histoire portant sur l'ère Tokugawa, une démonstration du processus de restauration utilisant des photos comparatives "avant/après", ainsi que quelques bandes-annonces, dont celles des deux premiers films de la série Lone Wolf and Cub.

Délicieusement violent, "Shogun Assassin" est probablement le film de samouraï le plus connu en Amérique du Nord. Bravo à AnimEigo, qui a enfin donné au film le traitement qu'il mérite. Les amateurs du genre seront comblés, mais les autres feraient mieux de se rabattre sur les films de Jackie Chan!


Cotes

Film7
Présentation4
Suppléments4
Vidéo7
Audio6