Saint (Sint)
Entertainment One

Réalisateur: Dick Maas
Année: 2010
Classification: 18A
Durée: 83 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Hollandias (DD51), Français (DD51), Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212666261

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
2 janvier 2012

Film d'horreur à la prémisse extrêmement prometteuse, "Saint" aurait pu donner quelque chose de très intéressant. Ce n'est cependant pas le cas de ce long-métrage qui se complait dans la facilité la plus élémentaire.

Qui a dit que Saint Nicolas était un gentil vieil homme qui apportait des cadeaux aux enfants? Ce serait plutôt un être diabolique qui, en compagnie de ses nombreux hommes de main, kidnappent et assassinent les jeunes âmes qui se trouvent sur leur chemin. Il apparaît les 5 décembre lorsque la lune est pleine pour faire un véritable carnage et rien ni personne ne semble être capable de l'arrêter.

Troquer les faits pour les amener ailleurs est toujours une proposition intéressante. Les "et si" sont nombreux, principalement lorsqu'il est question de contes et de légendes. C'est ce qui fait le charme de cette production des Pays-Bas qui débute sur les chapeaux de roues. Après une introduction joyeusement barbare, le récit adopte un ton parent à celui du premier Scream de Wes Craven. Le second degré est pleinement assumé, l'humour n'y est pas rare, tout comme les séquences d'hémoglobine qui font sourire. Il n'est pas surprenant que le tout a été présenté à Fantasia à l'été 2011 tant ce style correspond aux cordes de ce festival.

Pourtant, peu à peu, l'essai se développe un peu n'importe comment, la tension n'arrive jamais à se manifester réellement et les véritables frissons manquent à l'appel. Malgré une réalisation volontairement kitch de Dick Mass (à qui l'on doit dans les années 1980 le populaire Les Lavigueur déménagent) et une interprétation limitée, mais dans le ton, il est plutôt difficile d'y prendre plaisir. Une certaine lassitude s'installe rapidement et la quête des héros n'intéresse guère. Elle devient tangible dans les dix dernières minutes, lorsque l'intrigue devient plus politique. Il est toutefois trop tard: la conclusion satisfaisante n'est pas suffisamment forte pour sauver le bateau qui a déjà coulé depuis belle lurette.

C'est dommage parce que les aspects techniques sont au point. Les images s'avèrent spectaculaires. La palette de couleurs dominée par des tons de bleu et de vert est exceptionnelle, tout comme la profondeur des contrastes. Les teintes judicieusement détaillées font clairement oublier ces quelques traces de blocage. La musique omniprésente n'est pas étrangère à cette atmosphère généralement bien rendue. Les pistes sonores sont fébriles, faisant ressortir des différents haut-parleurs des bruits d'explosions, d'hennissements et d'eau. En plus de la version originale en néerlandais qui est accompagnée de visibles sous-titres jaunes en anglais ou en français, il est possible d'opter pour de potables doublages dans la langue de Shakespeare et de Molière. Une belle façon de rejoindre tous les publics.

La pochette inquiétante montre une ville enneigée, une pleine lune et Saint Nicolas qui est posté sur son cheval. De quoi donner des frissons dans le dos. Le menu principal du DVD reprend ce concept en l'accompagnant d'un montage de scènes et d'une mélodie digne d'un film d'action. En guise de suppléments, il y a quelques bandes-annonces et un documentaire de 22 minutes sur le tournage. Ce segment demeure malheureusement en surface, se limitant au concept, aux thèmes et à quelques étapes rudimentaires de sa création.

Il faut souvent plus qu'une idée de génie pour accoucher d'un bon projet cinématographique. Sur papier, "Saint" semble être un plaisir de tous les instants. Sauf que la réalité est tout autre, le long-métrage se révélant rapidement ennuyeux et faussement controversé.


Cotes

Film4
Présentation6
Suppléments2
Vidéo8
Audio7