La Smala
Koch Entertainment / MK2 Productions

Réalisateur: Jean-Loup Hubert
Année: 1984
Classification:
Durée: 110 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
30 janvier 2008

Dans les années 1980, la France a produit une multitude de comédies qui ont marqué leur époque, devenant culte avec le passage du temps. Le meilleur exemple est certainement l'hilarant Le père Noël est une ordure qui, encore de nos jours, se trouve seulement à un prix exorbitant. C'est dans cette vague d'œuvres rigolotes que la publicité cherche à insérer "La Smala". Il n'est en est pourtant rien.

Robert (Victor Lanoux) est un accordéoniste chômeur. Un jour, sa femme le quitte précipitamment pour Paris. Seul avec ses cinq enfants sur le dos, le pauvre homme désespère. Jusqu'au jour où il écoute son aide ménagère Simone (Josiane Balasko) et qu'il part en famille pour la Ville Lumière. Sur le chemin, il rencontrera de nombreuses personnes bizarres et il mettra son nez dans des situations qui risquent de se retourner contre lui.

Jean-Loup Hubert n'est pas un cinéaste qui tourne beaucoup. En effet, son dernier film remonte en 2004 avec le moyen Trois petites filles. Pourtant, cet homme a déjà réalisé d'excellents longs-métrages, et son plus réussi était incontestablement Le grand chemin. À ses débuts, il raffolait toutefois des œuvres un peu faciles où un duo de comédiens se retrouvait pris au piège dans des évènements plus grands que nature. C'est justement le prétexte de "La Smala" qui a vu le jour en 1984. En filigrane et de façon très éloignée, il y a une certaine critique de la société avec cette modeste banlieue, cette famille sans argent qui s'accroche pour bien vivre et ces émeutes où des malfrats vilipendent les forces de l'ordre en brûlant des véhicules.Malheureusement, ces évènements s'insèrent mal au sein de cette comédie tape-à-l'œil où l'humour ne fait pas toujours rire. Il y a bien une ou deux répliques cinglantes, et c'est pas mal tout. Au lieu de cela, les stéréotypes sont rois et maîtres, les péripéties s'avèrent incroyablement prévisibles et le rythme est loin d'être certain. Il serait même plutôt chancelant. Lorsque les gags les plus réussis tournent autour d'une mamie qui peine à respirer et une petite fille coquine qui n'a pas la langue dans sa poche, il y a un problème. Et que penser de cette finale capitaliste où le seul moyen de se sauver de la misère est d'acheter un billet de loterie et d'attendre de gagner le gros lot?

Surtout que les interprètes n'arrivent pas à sauver le récit. Bien au contraire, les compositions sont parfois lourdes et surexploités. Il est assez rare d'avoir de la sympathie pour Victor Lanoux tant son personnage est mal défini. Cela va déjà mieux du côté de Josiane Balasko qui, comme d'habitude, passe son temps à chialer et à se plaindre. Et il ne faut surtout pas se fier au générique qui annonce la "participation exceptionnelle" de Thierry L'Hermitte. L'acteur qui était à l'affiche du premier film de Hubert, L'année prochaine... si tout va bien, n'apparaît ici que quelques secondes au tout début du long-métrage, en policier coiffé d'une fausse moustache et d'une voix irritante.

L'essai ne dépasse pas les 90 minutes et il paraît déjà trop long. C'est sans doute la faute des chansons qui prennent beaucoup trop d'espace. Simone est une ancienne rockeuse et il faudra entendre quelques tubes douteux qui n'en finissent plus, surtout celui qui se retrouve dans la ligne droite. La musique descriptive est toutefois plus audible et les airs électroniques dépassés typiquement des années 80 s'avèrent assez rigolos. Au sein de cette piste sonore en Dolby Digital 2.0, il n'y a rien pour exploiter les enceintes situées sur les côtés. Et il faudra faire attention aux voix. Celles-ci sont parsemées d'expressions difficiles à saisir... et il n'y a pas de sous-titre pour venir à la rescousse.

Les images ne sont pas toujours resplendissantes. Les couleurs sont loin d'être éclatantes et du grain peut apparaître à quelques occasions. Il n'y a toutefois rien de majeur. La définition des contours demeure acceptable et les contrastes ne sont pas trop accentués. La pochette du disque ressemble à une bande dessinée. Il y a plusieurs personnages réunis, sourire aux lèvres. Le menu principal du DVD est pourtant décevant. Sur un fond de musique pop-rock énervant se dresse des gens statiques qui semblent heureux. À part visionner le tout, il n'y a absolument rien d'autre à faire. Il n'est donc pas possible d'accéder à un chapitre en particulier ou d'écouter le moindre supplément.

"La Smala" est loin d'être une œuvre marquante. Bien au contraire. Il y a quelques rires ici et là et le tour est joué. Les acteurs en mettent beaucoup trop, les situations sont prévisibles à des kilomètres à la ronde et la critique sociale est loin d'être assez étanche. Ce n'est pas parce que ça ne joue pas souvent à la télévision et que ça se retrouve difficilement dans un club vidéo que c'est nécessairement bon.


Cotes

Film4
Présentation2
Suppléments-
Vidéo6
Audio6