Vers la fin de l'année 1942, l'armée allemande est embourbée sur le front russe et subit des pertes énormes. Il est clair qu'elle ne parviendra pas à prendre Stalingrad et il devient de plus en plus difficile pour le régime nazi de cacher cette défaite imminente. La Rose Blanche, un petit groupe Allemand de résistance non violente, composé à l'origine par des étudiants de l'Université de Munich qui avaient été témoins des atrocités de la guerre sur le champ de bataille et envers les populations de l'Est, s'oppose au fascisme et au militarisme de l'Allemagne Hitlérienne et lui substitue la vision d'une Europe fédéraliste qui adhère aux principes de tolérance et de justice. Entre juin 1942 et février 1943, le groupe prépare et distribue six tracts, dans lesquels ils demandent à la population allemande de s'opposer activement à l'oppression et à la tyrannie nazie. "Sophie Scholl: The Final Days", réalisé par Marc Rothemund et lauréat de nombreux prix internationaux, s'attarde aux derniers jours de Sophia Magdalena Scholl, un membre important de la Rose Blanche, célébrée aujourd'hui comme une héroïne de la résistance faisant partie du groupe sélect d'Allemands s'étant activement opposés au Troisième Reich pendant la seconde Guerre mondiale.
Munich, février 1943. Sophie (Julia Jentsch) et Hans Scholl (Fabian Hinrichs), deux membres de la Rose Blanche, sont arrêtés quand des tracts qu'ils viennent de déposer un peu partout sur le campus de l'Université sont découverts. Ils sont emprisonnés et interrogés séparément pendant plusieurs jours par la Gestapo. Au début, Sophie nie toute responsabilité et parvient à déjouer les questions de Robert Mohr (Gerard Alexander Held), mais son frère finira par tout avouer. Sophie n'aura d'autre choix que de l'imiter, mais défendra avec passion ses idéaux et ses convictions et tentera de protéger les autres membres du groupe. Le 22 février, après un simulacre de procès, Sophie, Hans et leur ami Christoph Probst (Florian Stetter) sont trouvés coupables de trahison et condamnés à mort par le juge Roland Freisler. Ils seront guillotinés quelques heures plus tard.
Deux films avaient précédemment traité de la Rose Blanche. The Last Five Days (1982), de Percy Adlon, posait un regard sur les derniers jours de Sophie Scholl du point de vue de sa compagne de cellule Else Gebel, alors que The White Rose, réalisé la même année par Michael Verhoeven tissait un portrait plus large du mouvement de résistance. Le film de Marc Rothemund est probablement plus fidèle à l'histoire, puisqu'il est basé non seulement sur des entrevues avec des survivants, mais également sur des archives devenues accessibles en 1990 après la chute de l'Allemagne de l'Est.
L'efficacité de "Sophie Scholl: The Final Days" repose essentiellement sur la confrontation entre Sophie et son interrogateur Robert Mohr, soutenue par les prestations remarquables des deux acteurs. Julia Jentsch (Downfall, The Edukators), en particulier, est sidérante de vérité. Ce duel psychologique intense, où la tolérance affronte le totalitarisme, culmine dans un appel intemporel à la liberté et à la responsabilité individuelle de la part de Sophie, inébranlable dans ses convictions et dans sa loyauté envers la Rose Blanche. Le réalisateur utilise un style semi-documentaire qui réussit à bien ancrer le récit dans son contexte historique, même si, petit budget oblige, on a parfois l'impression d'avoir affaire à un téléfilm. L'approche est sobre et directe et, puisque la ligne est mince entre la dramatisation excessive et la présentation ennuyeuse d'événements historiques, Rothemund arrive la plupart du temps à trouver le bon équilibre. Malgré certaines rencontres fortuites un peu trop nombreuses dans les corridors de la prison, le film évite de sombrer dans le mélodrame et demeure troublant et émouvant, tout en étant réaliste.
Le transfert proposé ici est acceptable, bien qu'il provienne à l'évidence d'une source PAL convertie en NTSC. L'image est claire et propre et le niveau des contrastes est adéquat, mais l'image est parfois floue lorsqu'il y a du mouvement, résultat d'un processus de conversion approximatif. La palette de couleurs, dominée par les bruns et les gris, sied parfaitement à l'atmosphère du film. La piste audio est bonne, mais puisque le film est centré sur les dialogues, il y a peu d'effets ambiophoniques et l'activité demeure concentrée dans les enceintes avant. Les dialogues sont clairs, sans distorsion apparente, et les sous-titres sont faciles à lire. La présentation est standard et le boîtier simple ne contient pas d'encart. Les menus, de facture classique, sobrement animés d'images du film et accompagnés de musique, nous placent immédiatement dans l'ambiance appropriée. Les suppléments se retrouvent sur la face 'B' du disque et incluent un documentaire exhaustif sur le tournage, des scènes coupées, la bande-annonce du film et des entrevues avec des historiens et des survivants ayant connu la famille Scholl. Ce dernier segment est de loin le plus intéressant. Veuillez noter que certains suppléments sont disponibles en anglais seulement.
Les vrais héros ne choisissent pas d'être des héros ou de devenir des martyrs. Ils le deviennent, dans certaines circonstances dictées par le destin, en refusant de sacrifier leurs principes et leurs convictions. Sophie Scholl est devenue une héroïne, parce qu'elle a refusé de trahir sa conscience. Combien d'entre nous auraient eu le courage de se tenir debout devant le poids écrasant du totalitarisme renforcé par une atmosphère dominée par la peur et l'application implacable du pouvoir absolu? Voilà pourquoi le véritable héroïsme est si rare et se doit d'être reconnu. Nominé aux Oscars en 2005 dans la catégorie du meilleur film étranger, "Sophie Scholl: The Final Days" mérite de figurer en bonne place dans votre collection.
| Film | 8 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 8 |