Tae Guk Gi: The Brotherhood of War
Special Edition
Sony Pictures

Réalisateur: Kang Je-gyu
Année: 2004
Classification: 18A
Durée: 148 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Coréen (DD51), Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
22 février 2005

Quand un réalisateur obtient un succès comme Shiri (1999), il se voit offrir beaucoup d'avantages, autant monétaires que sur le choix des acteurs et de l'équipe, pour le tournage de son prochain film. Et Kang Je-gyu n'y est pas allé de main morte puisqu'il réussi a retenir les services des deux jeunes acteurs coréens les plus en vue et que "Taegukgi", qui a coûté près de 13 millions (US), est devenu le film le plus dispendieux de l'histoire de la Corée. Étonnant, quand on considère que produire un film hollywoodien de cette envergure aurait coûté 10 fois plus cher. Kang Je-gyu a tenu son pari puisque son film a terminé en tête du box-office en 2004, avec près de 12 millions d'entrées, laissant "Troy" et son auditoire de 4 millions loin derrière.

Jin-tae (Jang Dong-kun) a son échoppe de cordonnier dans la rue et travaille sans relâche pour que son jeune frère Jin-seok (Won Bin) puisse aller à l'université. Quand la guerre de Corée éclate en juin 1950, la conscription les oblige à joindre l'armée bien que Jin-seok n'ait pas l'âge requis et qu'il souffre d'un léger problème cardiaque. En dépit des dangers, Jin-tae prendra tous les risques pour protéger son frère et obtenir la médaille d'honneur qui lui permettrait d'obtenir sa décharge, mais les circonstances feront en sorte que les liens de sang, d'amour et de confiance qui les unissent seront rudement mis à l'épreuve.

"Taegugki" (le nom que donnent les Sud-Coréens à leur drapeau national) est souvent comparé à Saving Private Ryan à cause de la violence extrême et du réalisme des scènes de combat. Avec raison, puisque du sang, des tripes et des parties du corps qui explosent et se transforment en projectiles, il y en a à profusion. Mais la comparaison s'arrête là parce que "Taegukgi" est un film épique et grandiose, que l'histoire, moins linéaire, comporte plusieurs niveaux et que la caractérisation des personnages est beaucoup plus nuancée. Il est d'ailleurs fascinant de suivre l'évolution de la relation entre les deux frères alors que l'un, complètement enivré par la guerre devient lentement une machine à tuer qui perd toute son humanité, et que l'autre demeure dégoûté par toute cette horreur. La superbe recréation d'époque où l'on peut voir Séoul et Pyongyang ravagées par la guerre mérite également d'être soulignée. C'est parfois un peu mélodramatique, mais ceci est typique du cinéma asiatique qui fait souvent dans les extrêmes. Par contre, la façon dont sont représentées les armées nord-coréennes et chinoises, qui n'apparaissent que comme des fanatiques barbares, ne dépasse pas le stéréotype. Et s'il vous plaît, messieurs les réalisateurs, on sait que c'est pour faire plus vrai, mais pourriez-vous arrêter d'agiter constamment la caméra dans tous les sens lors des scènes de combats. Ça donne le mal de mer et ça finit par tomber sur les nerfs! On n'apprend également pas grand-chose sur l'aspect historique du conflit, mais la guerre ne sert ici que de toile de fond à la relation entre les deux frères.

La présentation vidéo est généralement bonne. La palette de couleurs n'est pas très riche, mais cela relève plus d'un choix stylistique que d'un quelconque problème avec le transfert. Les couleurs sont naturelles, l'image est claire et le niveau des contrastes et des détails est adéquat. Le seul défaut majeur se présente sous forme de halos visibles autour des contours des objets tout au long du film. Puisque le ratio du film est de 2.35:1, les sous-titres, écrits en jaune, sont faciles à lire puisqu'ils apparaissent en majorité dans la barre noire située au bas de l'écran. La trame sonore n'est pas des plus dynamique, mais elle demeure assez efficace et parvient à créer un environnement auditif immersif, surtout pendant les nombreuses batailles. Une piste un peu plus agressive aurait cependant été préférable. Les dialogues sont clairs, mais l'activité lors des scènes disons, plus tranquilles, est essentiellement concentrée dans les enceintes avant. La qualité de la piste anglaise est comparable, mais le doublage est plutôt nul.

Les menus sont simples, animés par des extraits du film et accompagnés de musique.

Les suppléments se retrouvent sur le second disque et plusieurs revuettes explorent différents aspects de la production. "6.25 and Us" utilise des films d'archives et des entrevues avec des historiens et des vétérans de la guerre de Corée qui nous permettent de placer ce conflit dans son contexte historique et politique. Dans "Creation", le réalisateur et la productrice nous entretiennent de la genèse du projet, de ce qui a inspiré le film et du processus de création. "War Project" se concentre sur les difficultés rencontrées pour mener un projet aussi ambitieux à terme et pour représenter le conflit de façon réaliste, en dépit des contraintes budgétaires. "Preparing for Tae Guk Gi" nous parle du choix des acteurs ainsi que de la préparation et de l'entraînement intensif qu'ils ont dû subir avant et pendant le tournage. Dans "People Behind the Camera", le réalisateur et le directeur photo s'attardent à la cinématographie et aux effets spéciaux. Par la suite, "Making History" nous amène dans les coulisses du tournage depuis ses débuts, jusqu'à sa conclusion. Ce segment est le plus long, mais le moins intéressant, puisque plusieurs des aspects abordés ont été traités avec plus de profondeur dans les revuettes précédentes. Pour terminer, on retrouve une comparaison entre les scénarimages et quelques scènes du film, une galerie photo et quelques bandes-annonces, dont celle du très attendu Steamboy, du réalisateur d'Akira, Katsuhiro Otomo.

Malgré ses défauts, "Taegukgi" demeure un film réussi, une fresque brutale et bouleversante d'un réalisme saisissant. Les amateurs de films de guerre vont adorer, mais les âmes sensibles sont mieux de s'abstenir. Et puisque les films asiatiques font la plupart du temps l'objet d'une présentation DVD plutôt pauvre en région 1, bravo à Sony Pictures pour avoir donné à ce film le traitement qu'il mérite.


Cotes

Film8
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Suppléments7
Vidéo7
Audio7