Tetsuo: The Iron man
Asia Extreme
Tartan Video

Réalisateur: Shinya Tsukamoto
Année: 1988
Classification: NR
Durée: 67 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Japonais (DD51, DTS51, Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
26 juillet 2005

S'il y a un film qui mérite de figurer sous la bannière "Tartan Asia Extreme" c'est bien celui-ci! En effet, même 17 ans après sa sortie, le film culte cyberpunk de Shinya Tsukamoto demeure l'un des films les plus étranges, choquants et dérangeants jamais réalisés. Il a propulsé le réalisateur japonais sur la scène internationale et contribué à l'essor du cinéma "extrême" provenant d'Asie. "Tetsuo: The Iron Man" nous offre un moment de cinéma unique et déroutant, qui polarise les auditoires, mais qui ne laisse personne indifférent.

L'histoire est presque impossible à raconter, mais voici en gros ce dont il s'agit. Tetsuo est un petit salarié qui, après avoir été heurté par une voiture, voit son corps prendre peu à peu un aspect métallique pour des raisons qu'il ne peut comprendre ni contrôler. Il essaie de lutter contre cette transformation, mais celle-ci s'accélère alors que de plus en plus de morceaux de métal viennent se greffer à sa peau, le métamorphosant en une immense bête de métal. Au même moment, le conducteur de la voiture, obsédé par sa victime, essaie de causer sa propre transformation en se tranchant la peau et en insérant des tiges de métal dans sa chair. Les deux hommes s'affronteront lors d'un combat final qui oppose les forces contraires de l'attraction et de la répulsion, et qui souligne notre relation souvent ambiguë, mêlée de désir et de haine, avec la technologie omniprésente.

Premier film de Tsukamoto, "Testuo" est un film extrêmement dense et énergique de 67 minutes qui contient toute l'imagerie et les thèmes qui définissent aujourd'hui l'oeuvre du réalisateur: les relations entre les sexes, le fétichisme psychosexuel lié à l'industrialisation, la routine abrutissante du quotidien et, plus particulièrement, les effets déshumanisants de la technologie et la relation amour/haine que nous entretenons à son égard. À première vue, on pourrait arguer qu'il s'agit d'un pur exercice de style, mais c'est parce que Tsukamoto ne se préoccupe pas de la trame narrative. Tetsuo est un film sur le désir et les pulsions destructrices que l'on se doit de vivre et non de comprendre. Il n'y a presque pas de dialogues, la caméra est hyper nerveuse et les images se succèdent à un rythme d'enfer. C'est comme un manège de montagnes russes dans lequel on décide d'embarquer ou pas, et quand on embarque, il faut attacher sa ceinture parce que l'expérience sera à la fois enivrante, terrifiante, repoussante et aussi percutante qu'elle l'était quand le film est atterri sur les écrans en 1988.

Ce film quasi expérimental ayant été tourné en 16 mm en noir et blanc avec un budget minuscule, il ne faut pas s'attendre à des miracles côté transfert. L'image est donc sale et granuleuse, mais il était probablement impossible de faire mieux compte tenu de l'état du matériel source. Par contre, je n'ai noté aucun problème d'accentuation des contours ou d'artefacts dus à la compression. La piste audio en Dolby Digital 5.1 ne sert à rien parce que tout le film est en mono. À l'occasion, la trame musicale industrielle s'aventure vers les canaux avant gauche/droit, mais c'est à peine perceptible. Les dialogues sont clairs, mais puisqu'ils ont été enregistrés en studio, ne semblent pas très naturels par rapport à l'imagerie qui nous assaille. Le boîtier simple contient un encart de quatre pages avec le chapitrage et est inséré dans une jaquette cartonnée. Les menus sont statiques, sans accompagnement musical et de navigation aisée. Les suppléments sont plutôt minces et incluent la filmographie du réalisateur et des acteurs principaux, des notes de productions, les bandes-annonces de quatre autres films de Tsukamoto et celles de quelques films de la bannière "Tartan Asia Extreme".

Les fans de Lynch, de Cronenberg et de l'animation surréaliste de Jan Svankmajer vont probablement adorer, les curieux téméraires devraient prendre des gravols avant le visionnement et les autres font mieux de s'abstenir.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments2
Vidéo7
Audio6