The Cow
First Run Features

Réalisateur: Dariush Mehrjui
Année: 1969
Classification: NR
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Farsi (DDST)
Sous-titres: Anglais (brulés dans l'image)
Nombre de chapitres: 10
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Alexandre Martin
13 août 2004

Dariush Mehrjui est de loin le réalisateur iranien le plus célèbre. Ses films ont remporté un nombre record de prix, autant dans son propre pays qu'internationalement. Tous s'accordent pour dire qu'il est responsable de l'essor du cinéma iranien. Ses films sont très personnels, décrivant toujours la société comme elle l'est, sans romance, mais avec une pointe pamphlétaire. "The Cow", le film dont le DVD est ici critiqué, est certainement son oeuvre la plus célèbre. Mais afin de bénéficier d'une reconnaissance internationale, le film a dû être illégalement sorti d'Iran pour ensuite être présenté au Festival des Films de Venise, où il a remporté le prix de la critique. C'est d'ailleurs "The Cow" qui a été élu à trois reprises le meilleur film iranien de tous les temps par une association iranienne de critiques de films.

"The Cow" se déroule dans un tout petit village, en Iran. La seule vache du village appartient à Hassan; il entretient avec elle des liens on ne peut plus affectifs (pas autant que dans Le marais de Kim Nguyen, mais quand même...); il mange avec elle, dort avec elle, la baigne, etc. Mais lorsqu'il s'absente du village pendant une journée, la vache meurt mystérieusement. Les villageois, voulant protéger Hassan, lui laisse croire qu'elle s'est tout simplement enfuie. Hassan, malade de tristesse, en est profondément affecté au point où il en perd la raison, et s'imagine qu'il est lui-même sa vache. Les villageois tentent tout pour le sauver, mais en vain.

Ce qui fait la beauté de ce film est certainement l'aspect réel de ce qui s'y déroule. À aucun moment on n'a l'impression de voir des acteurs; on entre totalement dans le jeu des personnages. L'aspect esthétique du film est aussi évident; la photographie est soignée et rend tout à fait justice aux superbes paysages. Notons finalement que l'absence de couleur ne nuit nullement au charme du film, bien au contraire. Les jeux de contrastes et d'ombrage sont exploités au maximum.

Le film bénéficie d'un excellent traitement visuel; bien sûr, on constate beaucoup de dommages au matériel utilisé pour le transfert: égratignures, cassures, taches et cheveux. Mais compte tenu de l'âge et de "l'histoire" du film, il est difficile d'en tenir rigueur. Du côté numérique, on constate un bon niveau de détails, bien que l'image soit floue par endroits (probablement causé par la source). Les contours sont aussi légèrement accentués, sans que ce soit trop visible. On constate aussi une bonne gradation des tons de noirs, bien qu'un certain blocage soit visible par endroits.

La piste sonore mono est d'une qualité surprenante; à aucun moment on ne note de bruit de fond désagréable ou autres problèmes. Les dialogues (même si incompréhensibles pour moi... je ne comprends pas encore très bien le Farsi) sont clairs et distincts. On note toutefois de la distorsion dans les passages où les personnages vocifèrent. Les basses fréquences sont totalement absentes. Les sous-titres, essentiels pour la plupart des gens, sont malheureusement brûlés sur l'image. De plus, on a choisi le blanc comme couleur, ce qui n'est jamais une bonne idée pour un film en noir et blanc. Bref, souvent il est impossible de déchiffrer certains mots. Heureusement, les dialogues ne sont pas essentiels à la compréhension de la trame narrative: la preuve est que la version du film qui était présentée au festival de Venise n'était pas sous-titrée!

On retrouve comme suppléments un texte introductif de Godfrey Chesire, nous expliquant le contexte du film. On nous propose ensuite une galerie de photos ainsi qu'une biographie de Dariush Mehrjui. sous forme d'un texte. Le plus intéressant des suppléments est sans doute un bref interview de Mehrjui qui nous parle de son film et du contexte dans lequel il a été réalisé. Finalement, on retrouve une série de bandes-annonces d'autres films iraniens, produits par First Run Features. Les menus du DVD sont clairs et bien hiérarchisés, sous un fond musical. Notons aussi que les photos choisies pour l'arrière-plan sont superbes.

Bref, une fois de plus First Run Features nous présente d'une façon fort appréciable d'excellents films internationaux.


Cotes

Film8
Menu4
Suppléments5
Vidéo7
Audio7