Le nom de Zhang Yimou, le plus connu des cinéastes chinois de la "Cinquième Génération" avec Chen Kaige, est étroitement associé à celui de sa muse et maîtresse, l'actrice Gong Li, avec laquelle il a tourné la majorité de ses films les plus importants: Ju Dou, Raise the Red Lantern, The Story of Qiu Ju et To Live. La caméra de Zhang s'arrêtait constamment sur son visage expressif d'une beauté immaculée, capable d'évoquer toute la gamme des émotions sans jamais révéler complètement sa nature profonde. Shangai Triad, une superproduction ambitieuse, mais décevante, marqua la fin de leur collaboration. Avec "The Road Home", un film à petit budget réalisé avec des acteurs non-professionnels, le cinéaste renoue avec le lyrisme de ses débuts, et retrouve en une Zhang Ziyi (qui hérita aussitôt du titre de "little Gong Li") crevant littéralement l'écran, le véhicule idéal pour raconter cette histoire d'amour toute simple, ancrée dans les conflits entre la modernité et les valeurs traditionnelles.
"The Road Home" débute (et se termine) en noir et blanc. Les tons de gris se marient avec la froideur de l'hiver, évoquant la tristesse qui enveloppe un petit village perdu dans les montagnes depuis la mort de l'instituteur. Aimé et respecté, celui-ci laisse derrière lui Zhao Di (Zaho Yuelin), son épouse depuis plus de 40 ans. Son fils (Sun Honglei) arrive alors de la ville pour s'occuper des obsèques, mais Di veut que les vieilles traditions soient respectées. Son époux étant décédé loin de chez lui, elle insiste pour que le corps soit porté à pieds jusqu'au village, selon une vieille croyance qui veut que le défunt doit être raccompagné chez lui pour ne pas qu'il oublie "le chemin qui mène à sa maison" ("The Road Home"). C'est alors que le fils se remémore, dans un long retour en arrière, les évènements entourant la rencontre entre son père et sa mère, et la détermination de celle-ci à faire triompher son amour inconditionnel pour ce nouvel instituteur venu de la ville, à une époque de mariages arrangés où les femmes ne pouvaient exprimer librement leurs sentiments. La froide morosité monochrome fait alors place à la chaleur dorée, teintée de bruns et d'ocres, des champs au printemps, où la jeune Di (Zhang Ziyi), dans son manteau rouge, apparaît, lumineuse d'innocence et de pureté.
Le transfert proposé par cette édition de Columbia Tristar est superbe. L'image dans les segments en noir et blanc est propre et nette, avec un excellent contraste, bien que souffrant parfois d'artéfacts de compression. La partie en couleur cependant est tout simplement fabuleuse. Les couleurs sont tantôt riches et vibrantes ou douces et discrètes, selon le ton de la scène. Cela sert à merveille la superbe cinématographie de Hou Yong et son utilisation des paysages baignés de lumière naturelle. Côté audio, la piste originale en Mandarin m'a semblé claire et les dialogues facilement audibles bien qu'un jugement éclairé puisse paraître difficile quand les acteurs parlent une autre langue. Les sous-titres apparaissent en jaune dans la barre noire située sous l'image ce qui facilite leur lecture. Sur la piste audio en français, les acteurs parlent avec un accent Chinois ce qui, dans le contexte, peut sembler une bonne idée, mais personnellement ça m'a un peu irrité. J'imagine que cela demeure acceptable pour ceux qui n'aiment pas les sous-titres. La musique et les effets sonores sont limités aux haut-parleurs avants, mais réussissent tout de même à créer une atmosphère qui supporte bien le propos du film. Les menus sont statiques et faciles à naviguer.
Côté suppléments, pas grand chose à se mettre sous la dent à part quatre bandes-annonces et les filmographies.
Zhang Yimou nous a concocté un film touchant, empreint de romantisme, sans jamais verser dans la sentimentalité larmoyante d'un mauvais feuilleton de télé. Ajoutons la superbe direction photo de Hou Yong, et une Zhang Ziyi (révélée par la suite au public Nord Américain dans Crouching Tiger, Hidden Dragon) qui vous hypnotise littéralement à chaque fois qu'elle apparaît à l'écran, et vous serez à coup sûr envoûtés.
| Film | 9 |
| Menu | 6 |
| Suppléments | 2 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |