Dans l'histoire du cinéma, toutes les fois qu'on a voulu adapter une bande dessinée au cinéma, autrement qu'en dessins animés, on s'est toujours heurté à des difficultés d'ordre réel où l'univers imaginaire bédéesque se heurtait au plat réalisme de la vraie vie. Autrement dit, l'univers d'une bande dessinée est une réalité en soi qui n'existe que de façon cohérente sous forme imprimée et qui détonne toujours lorsque traduite dans notre réalité. Et ce, même s'il s'agit de bandes dessinées toute à fait plausibles - "Le gros dégueulasse" de Reiser, "Les Bidochons" de Binet ou encore "Gaston Lagaffe" de Franquin qui ont tous étés des navets - et non pas loufoques ou fantastiques. Les seules fois où on est parvenu à réussir cette manœuvre c'est quand on ne s'est pas contenté de seulement transposer la bédé de la page à l'écran, mais bien de la réécrire pour ce nouveau médium. On n'a qu'à penser au récent succès d'Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre d'Alain Chabat (contrairement à celui de Claude Zidi qui n'a fait qu'adapter un texte de Goscinny) ou aux films d'Enki Bilal.
Avec Tintin, on s'est essayé dans les années soixante à deux adaptations du héros de Hergé. Deux aventures inventées pour le grand écran à partir des personnages de la bédé. On retrouve donc Tintin et sa houppe, Milou et le capitaine Haddock (joué par deux comédiens différents) ainsi que le professeur Tournesol et les Duponts. Peut-être parce qu'on ne s'est pas basé sur une histoire existante, mais bien sûr deux scénarios originaux, on peut dire que ces deux adaptations sont assez réussies. L'humour et les étrangetés des personnages originaux ont été préservés et on peut dire qu'ils tiennent assez bien la route. On a donc un Haddock qui boit et qui jure, un Tournesol sourd, génial et lunatique et les Duponts toujours aussi inutiles et chaplinesques. Peut-être la faiblesse, ou du moins l'humour un peu plus enfant, de ces derniers personnages transperce-t-il plus lorsqu'on voit des comédiens les jouer au lieu de les lire sur papier. Tintin et Milou sont quant à eux toujours aussi exceptionnellement braves et intelligents même si Tintin paraît un peu fluet sur les bords! Ç'est possiblement la faute à sa tenue vestimentaire qui soudainement apparaît étrange et datée à nos yeux modernes, ce qui n'est pas le cas dans les albums puisqu'on les lit comme des histoires et non pas comme si elles étaient vraies.
Le plus réussi des deux films. Un bon scénario avec une intrigue prenante et des vilains bien campés. Le capitaine Haddock reçoit en héritage d'un vieux copain marin, un bateau délabré nommé la toison d'or et amarré à Istanbul. À son arrivée en Turquie, un mystérieux homme d'affaires lui offre une somme faramineuse pour ce vieux rafiot. Soupçonnant une arnaque, les amis refusent de vendre et s'embarquent malgré eux dans une aventure dangereuse qui les mènera sur la mer Égée à la recherche du secret de la Toison d'or.
Au rythme beaucoup plus lent que "La toison d'or", ce deuxième film mettant en vedette dans le rôle de Tintin Jean-Pierre Talbot et le regretté Jean Bouise dans le rôle de Haddock, se déroule en grande partie en Espagne (mais malheureusement on n'a pas su faire usage des paysages aussi bien que dans son prédécesseur). En effet, le professeur Tournesol reçoit par colis de son homologue ibère, le professeur Zalamea, une orange bleue que ce dernier lui demande de garder précieusement. Lorsque cette orange est volée, Tintin et ses amis partent à la recherche des malfaiteurs et se retrouvent au cœur d'un plan machiavélique de kidnapping et d'extorsion. Aidé d'une bande d'enfants du village où ils se trouvent, notre héros réussira-t-il à déjouer le complot et sauver le professeur Zalaméa tout en arrêtant les criminels? Je vous laisse deviner...
Bien que les enfants de sept à soixante-dix-sept ans se réjouissent de retrouver ces deux aventures de leurs héros sur DVD, ils auraient bien aimé un travail un peu plus poussé...En effet, chaque disque ne comporte aucun menu entre lesquels on peut naviguer. Seulement une page de présentation, sans choix de séquences ni suppléments. De plus, la qualité audio et vidéo est plutôt limitée, car on se retrouve avec des copies un peu abîmées des films qui furent transférés sans vrai travail de restauration. Et comme ces films sont assez vieux et en plus ne font pas partie du circuit des cinémathèques ou des cinémas de répertoire - donc aucune copie neuve n'a été tirée depuis des lustres - les bandes maîtresses ne sont pas de première qualité. On retrouve donc les problèmes inhérents à ces vielles pellicules usées, c'est-à-dire beaucoup de poussières en bordure du cadre, quelques sauts d'image, des rayures ponctuelles et quelques coupures momentanées ou variations d'intensité dans le son. Et puis, comme mentionné ci-haut, il n'y a malheureusement aucun supplément.
Mais tout ça ce ne sont que des remarques d'adulte parce que les enfants, eux, ne semblent pas dérangés par ces détails et se laissent porter par l'histoire ... comme il se doit.
| Film | 7 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |