Torremolinos 73
First Run Features

Réalisateur: Pablo Berger
Année: 2003
Classification: NR
Durée: 91 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DDST)
Sous-titres: Anglais (brulés dans l'image)
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
17 avril 2006

"Torremolinos 73", ça vous dit quelque chose? Et bien, disons que dans les années 1970, un film pornographique portant ce nom avait fait un tabac en Scandinavie et que tout dernièrement, une coproduction danoise-espagnole a fait un film portant le même nom, mais racontant comment cette production des années 1970 a vu le jour.

Prenant racine dans l'Espagne à l'ère du général Franco, ce film réalisé par Pablo Berger raconte l'histoire d'Alfredo Lopez (Javier Camara), vendeur l'encyclopédie qui fait du porte-à-porte sans succès et qui ne peut donner à sa femme Carmen (Candela Pena), ce qu'elle désire tant, soit un enfant. Son patron l'informera qu'il n'y a plus d'avenir dans le porte-à-porte et qu'une intéressante perspective s'offre à ceux qui veulent faire de l'argent, celle de se lancer dans les films de sexe éducatifs en filmant leurs ébats amoureux sur des caméras de 8mm. C'est ainsi qu'Alfredo et Carmen se lancent dans le monde du cinéma éducatif, lui surtout derrière la caméra et elle toujours devant, tournant de nombreux petits films destinés au marché scandinave.

Annoncé comme un Boogie Nights à castagnettes, ce film n'est rien de tout cela et prend une avenue qui lui est propre. C'est plutôt à travers un festival de clins d'œil à plusieurs oeuvres classiques qu'on a droit. On peut y voir des références faites à Last Tango in Paris, The Graduate, l'œuvre de Fellini et celle de Bergman, surtout son Seventh Seal. La texture délavée des images nous replonge dans les années 1970 et la musique d'accompagnement s'évertue à souligner cette même décennie. Si la première moitié du film est une bouffée d'air fraîche de par son propos, son petit côté voyeur, son côté cinéma amateur, son humour et ses références, sa deuxième devient un peu plus sérieuse et la cadence n'est pas maintenue. Le rythme s'essouffle et on se retrouve à voir du réchauffé, mais ce dernier acte propose le moment fort, alors qu'on se retrouve à voir un film porno fait à la manière d'Ingmar Bergman, le tout filmé en noir et blanc.

L'image proposée par ce transfert est de qualité convenable et rend hommage au travail effectué par le directeur de la photographie Kiko de la Rica. On jongle entre les images du film et celles faites par des caméras 8mm et super 8mm en prenant soin d'en abîmer la pellicule pour donner au tout un look vieillot. Les couleurs sont fades, choix du réalisateur, et certains plans sombres montrent une certaine granularité. Le volet audio propose la trame originale de format Dolby Digital 2.0 et l'exercice manque nettement de spatialité et de dynamisme. Les dialogues sont audibles et signalons que des sous-titres anglais sont gravés à même l'image.

First Run Features a quelques suppléments à proposer sur cette édition DVD et la plupart sont faits de manière manuscrite. Une introduction du réalisateur lance le bal, puis des biographies des principaux comédiens et artisans du film sont offerts ainsi que plusieurs bandes-annonces promouvant l'œuvre de Radley Metzger, un pionnier du cinéma érotique. La bande-annonce du film complète le tout.

"Torremolinos 73" est un sourire aguichant qui se regarde bien. Au-delà de son contenu scabreux, se trouve un film qui permet de situer le climat économique précaire de l'ère Franco et d'admirer bon nombre de clins d'œil fait au cinéma. Ce film s'est d'ailleurs mérité bon nombre de prix lors de différents festivals en plus d'obtenir quatre nominations à la soirée récompensant le mérite du cinéma espagnol (Goya Awards). Je le recommande aux amateurs de cinéma international sans hésitation.


Cotes

Film7
Présentation2
Suppléments3
Vidéo7
Audio6