Première réalisation du cinéaste coréen Lim Chang-jae, "Unborn but Forgotten" fait partie de la vague de films d'horreur asiatiques à sortir de la chaîne de montage de l'ère post Ringu. Le film copie allègrement les conventions établies par ce dernier en plus de piquer l'élément de base de son intrigue dans la filmographie de Kiyoshi Kurosawa. En effet, dans l'excellent Kairo, des adolescents se suicident après avoir visité un site Web qui permettrait de communiquer avec les morts. Dans "Unborn but Forgotten" (et dans le film américain Fear Dot Com, tourné la même année) on retrouve le même thème du site Web qui tue. Le recyclage remplace l'originalité et le résultat est particulièrement décevant.
La journaliste Han Su-jin (Lee Eun-ju) et le détective Choi (Jeong Jun-ho) enquêtent sur une série de meurtres dont les victimes sont toutes des femmes qui se sont retrouvées mystérieusement enceintes juste avant de mourir. Il s'avère que, peu avant leur décès, elles ont visité un site Web connu sous le nom de "The White Room" qui semble lié à une clinique où des avortements sont pratiqués. Han visitera le site et découvrira qu'elle n'a que 15 jours pour résoudre l'énigme et briser la malédiction avant qu'il ne soit trop tard.
Comme pour la plupart des productions coréennes du genre, "Unborn but Forgotten" jouit d'un emballage soigné et de prestations adéquates, particulièrement de la part de Lee Eun-ju. Malheureusement, après une séquence d'ouverture plutôt réussie, le film s'enlise dans une intrigue prévisible remplie de tous les clichés du genre: les lumières s'éteignent quand ça se corse, les portes s'ouvrent toutes seules, le fantôme apparaît aux moments voulus, les violons grinçants se font entendre et la pauvre Han est toujours au mauvais endroit au mauvais moment. De plus, les personnages sont stéréotypés, le suspense est quasi inexistant, les scènes chocs nous laissent sur notre appétit et on voit venir le dénouement de loin. Comme si ce n'était pas suffisant, le montage est atroce et plusieurs scènes se terminent abruptement souvent en plein milieu d'une conversation... Bref, on s'emmerde et on a hâte que ça finisse!
Contrairement à ce qui est indiqué à l'arrière du boîtier, cette édition ne bénéficie pas d'un transfert anamorphosé. La qualité de l'image est médiocre et tout le film baigne dans une sorte de flou granuleux. Il y a peu de taches et d'égratignures, mais le niveau des contrastes et des détails est souvent pauvre. Quelques scènes souffrent également d'un problème évident d'accentuation des contours. Bref, c'est à peine mieux qu'une vidéocassette. Le film s'en tire mieux côté sonore et la piste audio en Dolby Digital 5.1 est assez dynamique. De nombreux effets ambiophoniques viennent appuyer les scènes clefs sans toutefois noyer la musique et les dialogues. Ces derniers sont clairs et sans distorsion apparente, mais les sous-titres comportent de nombreuses erreurs typographiques et grammaticales. On retrouve la présentation standard de Tartan, avec un boîtier simple inséré dans une jaquette cartonnée et un encart de quatre pages qui nous propose le chapitrage, ainsi que de la publicité pour quelques autres films disponibles chez l'éditeur. Les menus sont animés de quelques scènes du film et accompagnés de musique.
Quelques suppléments sont offerts sur cette édition. Tout d'abord, la revuette "On the Set" nous amène sur le plateau et nous fait assister au tournage de certaines scènes. C'est un peu long et répétitif, mais il demeure intéressant de voir l'équipe travailler. Dans "Interviews with the Actor and Actress" les deux protagonistes principaux nous parlent du film et de leur personnage respectif, mais ce segment est trop court pour être vraiment informatif. Veuillez noter que bizarrement, il m'a fallu activer les sous-titres anglais à partir de la télécommande lors de ces revuettes. Pour terminer, on retrouve une galerie de photos, la bande-annonce du film, ainsi que celles de quelques autres films parus récemment sous la bannière Tartan Asia Extreme.
Lorsque ce projet a été présenté aux producteurs, il aurait dû demeurer "Unborn and Forgotten"!
| Film | 3 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 7 |